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Offensive diplomatique contre le régime syrien après Houla

29 mai 2012, 20:00

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Offensive diplomatique contre le régime syrien après Houla

Les pays occidentaux ont lancé mardi une offensive diplomatique concertée contre le régime de Bachar al Assad quatre jours après le massacre de Houla, le président français François Hollande n''''écartant pas l''hypothèse d''une intervention militaire en Syrie à condition qu''elle soit approuvée par les Nations unies.

Pendant ce temps à Damas, Kofi Annan, émissaire de l''Onu et de la Ligue arabe, a prévenu Bachar al Assad que la Syrie se trouvait à "un tournant" et que la patience de la communauté internationale avait des limites. Il a exigé du président syrien des mesures immédiates pour mettre fin aux violences en Syrie, où le régime tente d''étouffer par la force un soulèvement en cours depuis 14 mois. Kofi Annan ne semble toutefois rien avoir obtenu de concret.

L''émissaire de l''Onu et de la Ligue arabe s''est entretenu pendant deux heures mardi à Damas avec le président syrien. Il dit avoir "exprimé en termes francs la sérieuse inquiétude de la communauté internationale au sujet de la violence en Syrie, notamment des événements choquants survenus récemment à Houla". Il a réclamé à Bachar al Assad "des initiatives courageuses maintenant, pas demain, maintenant" pour permettre la mise en œuvre de son plan de paix.

Pas un processus sans fin

Prié de dire si un calendrier avait été fixé pour la mise en œuvre de mesures susceptibles de diminuer les violences, Kofi Annan a clairement fait savoir qu''il ne s''agit pas d''un « processus sans fin »."Le moment approche où, plus tôt que tard, la communauté internationale devra examiner la façon dont évoluent les choses et quelles actions ou initiatives supplémentaires peuvent être nécessaires", a-t-il dit.

Dans un geste concerté, une dizaine de pays, dont les Etats-Unis, la France, l''Allemagne et la Grande-Bretagne, ont procédé à l''expulsion de diplomates syriens pour marquer leur réprobation après les événements survenus à Houla. Vendredi, 108 civils, dont 49 enfants et 34 femmes, ont trouvé la mort dans cette localité de la province de Homs. Selon des témoignages recueillis par le Haut-Commissariat de l''Onu aux Droits de l''homme (HCDH), la plupart des victimes auraient été exécutés de manière sommaire dans leurs propres maisons par des miliciens fidèles au régime, les chabbihas. Hervé Ladsous, secrétaire général adjoint de l''Onu aux opérations de maintien de la paix, a lui aussi pointé du doigt le régime et ses miliciens.

"Certaines victimes ont été tuées par des obus, ce qui indique plus clairement que jamais une responsabilité du gouvernement", a t-il déclaré à des journalistes. "Seul le gouvernement a des armes lourdes, des blindés et des obusiers."

"Mais il y a aussi des victimes d''armes légères, des victimes de coups de couteaux, et même si c''est moins clair, cela jette le soupçon sur les chabbihas, la milice locale."

Echec du plan de paix

Le massacre de Houla, dont le régime impute la responsabilité à des "terroristes", illustre l''échec, jusqu''à présent, du plan de paix présenté par Kofi Annan, aux termes duquel un cessez-le-feu est censé être observé depuis le 12 avril. Pour certains opposants au régime syrien, ce plan de paix a eu pour seul effet d''accorder un répit supplémentaire à Bachar al Assad.

L''indignation suscitée dans le monde par les événements à Houla incite les pays hostiles à Bachar al Assad à exiger une action plus résolue de la part de la communauté internationale. Les efforts des pays occidentaux et arabes au Conseil de sécurité de l''Onu ont jusqu''à présent été bloqués par la Russie et la Chine.

L’option militaire évoquée par la France

Le président français François Hollande a pour sa part déclaré qu''une action militaire "n''est pas exclue à condition qu''elle se fasse (...) par une délibération du Conseil de sécurité." A trois jours de sa rencontre avec son homologue russe Vladimir Poutine à Paris, le président français a formulé l''espoir "de convaincre Russes et Chinois" de se joindre au reste de la communauté internationale pour condamner Damas et "trouver une solution qui ne serait pas forcément militaire"."Car la pression elle doit se faire dès à présent pour chasser le régime de Bachar al Assad. Nous devons trouver une autre solution", a-t-il dit.

La Maison blanche a jugé qu''une action militaire n''était pas exclue mais qu''elle ne serait pas opportune à l''heure actuelle. La Russie paraît toutefois ne pas dévier de sa position consistant à défendre au maximum les efforts entrepris par Kofi Annan malgré la tuerie à Houla. Moscou "s''alarme de voir des pays (...) commencer à se servir de cet événement comme d''un prétexte pour mettre en avant des exigences sur la nécessité d''une action militaire dans le but d''exercer des pressions sur le Conseil de sécurité de l''Onu", a dit le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov."Nous sommes troublés par les tentatives incessantes de contrecarrer le plan de paix de Kofi Annan", a-t-il ajouté.

(Source : Reuters).

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