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Obésité chez les enfants : La faute à la pub ?

6 octobre 2004, 20:00

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A en juger par le volume de snacks écoulés sur le marché ? près de deux containers par mois ? la popularité de ces produits n?est plus à prouver. Parallèlement, les enfants sont les cibles idéales.

Selon des observateurs, la stratégie des publicitaires ou de ceux qui commanditent les publicités pour transformer les enfants en consommateurs assidus ne connaît pas de temps mort. Pour s?en convaincre, il suffit de jeter un coup d??il autour de soi. Télévision, radio, presse écrite regorgent de publicités ciblées en direction des enfants.

Selon l?Organisation mondiale de la santé (OMS), 17,6 millions d?enfants sont en situation de surpoids dans le monde. Si aucune étude ne permet d?évaluer la situation à Maurice, ceux en contact régulier avec les enfants, enseignants, infirmiers, médecins, observent qu?il y a de plus en plus d?enfants obèses chez nous. Ces observations méritent d?être relevés, d?autant plus que le gouvernement se propose de réviser bientôt les Food Regulations.

Mais la question qui nous concerne aujourd?hui est celle-ci : les publicités joueraient-elles un rôle dans ce phénomène de surpoids chez l?enfant ? Cette question a le don d?irriter certains. La publicité est le bouc émissaire facile, clame-t-on dans les milieux de la pub. Elle a sans doute, reconnaît-on, une part de responsabilité, mais une part non-négligeable ajouterons nous.

Du côté des distributeurs des produits trop sucrés, trop gras ou trop salés, la responsabilité de surveiller les enfants incombe aux parents. Si ces derniers ne surveillent pas l?alimentation de leurs enfants ou ne les encouragent pas à se dépenser physiquement, l?obésité deviendra un problème.

Sans aucun doute, la tendance à l?embonpoint des enfants résulte de causes multiples. Mais proclamer l?innocence de la publicité dans cette tendance relève de l?hypocrisie. L?Oms classe le matraquage publicitaire pour les aliments à haute teneur énergétique parmi les facteurs de risque d?obésité.

Pour les pédiatres, un enfant ne peut avoir un regard critique devant une publicité télévisée. Surtout quand elle ressemble à un dessin animé. L?enfant ne sait plus distinguer le dessin animé à proprement parler et le message publicitaire. Un argument déjà défendu par l?Académie américaine de la pédiatrie.

La pub et l?enfant

Il y a quelques années, elle alertait l?opinion publique sur les nombreuses études démontrant qu?avant l?âge de 8 ans, les enfants ne savent pas faire la différence entre une émission et une publicité. Au Royaume-Uni, l?autorité respon-sable pour la sécurité alimentaire a conclu, après une enquête qui a servi de base à la révision de la réglementation, que le matraquage pu-blicitaire influait sur la consommation quotidienne des enfants.

À Maurice, la proposition de l?ICP pour la création d?une agence de coordination garantissant la sécurité alimentaire, est à l?étude au niveau du Chef Fond Inspecter seulement, alors que cette instance aurait fait l?objet d?un débat élargi au niveau de divers ministères concernés avec la sécurité alimentaire.

Mais au-delà des publicités, il faut s?interroger sur la tendance à attribuer des vertus nutritionnelles à des produits qui n?en ont pas. Nous estimons qu?il est du devoir des autorités d?interdire aux publi-citaires de se servir des arguments relatifs à la santé.

Comme nous l?avons démontré, dans notre édition de la semaine dernière, les distributeurs de produits dopant pour le cerveau exploitent la crainte des étudiants pour les examens. De même, l?ajout de vitamines mentionnées en gros caractères sur des emballages, doit faire réagir le corps médical. Car, comme le souligne un médecin, on trouve les vitamines dans les légumes et les fruits. Chupa Chups fait très fort, avec sa sucette mentionnant sans scrupule ?0 % de matières grasses?. Il faut retourner le paquet et se munir d?une loupe pour lire qu?elles n?en contiennent pas moins de 82 % de sucre.

Derrière cette publicité directe, s?en cache une bien plus insidieuse. Celle qui se targue de donner une éducation sur la nutrition. Plus sournoise encore, l?activité pseudo-éducative des entreprises, qui n?hésitent pas à franchir les portes des établissements scolaires pour imposer leur image dès le plus jeune âge.

Depuis quelques années, certaines marques, comme Milo, Ovaltine ou Ribena, offre aux enfants une distribution gratuite de leurs boissons, avec la bénédiction des autorités concernées. N?avons-nous pas relevé, aux abords d?une école curepipienne, des messages publicitaires vantant des marques de boîtes de thon en conserve ?

Il est temps que l?obésité infantile soit appréhendée comme une ma-ladie grave et difficile à soigner. Pour enrayer sa progression, l?éducation à la nutrition s?avère indispensable. Il ne faut pas que le rôle d?éducateur soit confié à KFC ou Mc Donald?s, ou encore à Coca-Cola.

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<B>La tête dans la salade : burlesque !</B>

■ Avec le lancement de son nouveau take-away, le Chicken Salad, on aurait cru que KFC prenait enfin soin de proposer un repas plus équilibré. Si ce produit est une nouveauté ici, il est déjà commercialisé dans d?autres pays, comme la Nouvelle-Zélande. Or, le Consumers? Institute de ce pays a fait analyser la KFC Crispy Chicken Salad, dont l?équivalent fait l?objet d?une campagne publicitaire burlesque en ce moment. Selon l?édition de mai 2004 de Consumer, la publication de l?institut néo-zélandais, le KFC Chicken Salad contiendrait pas moins de 1680 kilo joules d?énergie et 18 g de graisse par portion. Excessif pour un produit qui se veut light ! Par ailleurs, Consumer nous rappelle que l?Oms a rencontré, l?année dernière, les représentants de l?industrie de l?alimentation pour discuter de l?impact sur la santé, du régime, de la nutrition et de l?activité physique. Il fut reconnu que chaque aliment et boisson peuvent contribuer à une alimentation saine, et l?industrie alimentaire était d?accord pour soutenir la stratégie de l?Oms. Elle s?était engagée à offrir aux consommateurs des choix plus sains, des portions moins importantes, et encourager un marketing responsable, particulièrement en direction des enfants. Attendons voir.

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