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Objets, images et épaves au Mauritius Institute
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Objets, images et épaves au Mauritius Institute
Comment vivait l?équipage de la frégate Sirius, qui sombra lors de la bataille navale du Grand-Port ? Quels équipements et outils utilisaient-ils ? Tel sont les objectifs de l?exposition qu?organise le Mauritius Museums Council, en collaboration avec la Mauritius Marine Conservation Society, sous le titre ?L?Histoire engloutie de la Bataille navale du Grand-Port?, au Mauritius Institute, à Port-Louis, jusqu?au 14 juillet.
L?exposition fait suite à une campagne d?archéologie aquatique en faveur de l?étude, de la protection et de la gestion du riche patrimoine sous-marin de Maurice, en restaurant les divers objets de marine du 19e siècle.
L?objectif de l?archéologie sous-marine, commencée en 1934 avec la découverte de La Magicienne, est la création d?un musée pour assurer la conservation des objets historiques et des épaves, témoins de notre histoire, afin de mieux transmettre notre connaissance du passé. C?est dans cette optique que cette archéologie vise à reconstituer la bataille navale de Grand-Port. L?exposition porte sur les objets de l?épave de la frégate de 5e rang, le H.M.S. Sirius, de la division anglaise, coulé le 25 août 1810 au large de Grand-Port et qui repose aujourd?hui à une vingtaine de mètres sous l?eau.
Objets inattendus
Les objets de l?épave sont disposés dans des vitrines à thèmes ? comme ?alimentation?, ?équipement des officiers et de l?équipage?, ?objets personnels?, ?objets inattendus?, ?armes à feu et munitions? et ?clous et chevilles?. On peut y voir ainsi la chape d?un compas, des pièces (piastres), un télescope de marine, l?octant de Hadley (instrument pour mesurer la hauteur des astres), un clystère en étain, les fragments d?une lampe à pétrole, des morceaux de bouteilles en céramique, une cuillère à thé en argent, un fourreau de poignard en bronze, des pontets du fusil, des poignées de sabre, un boulet de canon en fonte, des morceaux de corde et de cordelette? et même une barre à roue du gouvernail du Sirius.
Au mur se trouvent des plaques en cuivre utilisées pour le doublage de la coque du navire. Et pour se faire une idée réelle de la frégate du commandant Pym, le visiteur pourra contempler, dans une vitrine au milieu de la salle, une maquette du Sirius, réalisée par First Fleet Reproductions Ltd, et qui ne manque pas d?attirer l?attention.
Deux tableaux illustrant chacun une scène particulièrement impressionnante de cette bataille navale sont également suspendus. Celui de Gilbert tente une reproduction de la journée du 24 août 1810 alors que, celui réalisé par Pardinel, est une illustration du combat de l?île de la Passe (la seule victoire navale de Napoléon, inscrite sur l?Arc de Triomphe, à Paris).
Enfin, dans l?ensemble, si les objets exposés ont une manière de recomposer le vécu de l?équipage du Sirius pour reconstituer la bataille de Grand-Port dans les menus détails, ils ont été rendus si vivants par l?organisation de l?exposition qu?ils parviennent à projeter les visiteurs dans un passé qui leur sont quelque part proche. Les constructions graphiques représentant les objets et personnages de l?histoire reproduits sur des vinyles à haute résolution, réalisées par la société Convince Design Ltd, dont le travail artistique mérite d?ailleurs d?être salué, ont contribué à la vivacité de l?exposition.
HISTOIRE
La bataille navale de Grand-Port
Au début du 19e siècle, quand la marine française, dont le quartier général est alors basé à l?Isle de France, règne sur l?océan Indien en maintenant Rodrigues et l?Isle de France comme avant-postes, la marine britannique, qui n?a d?autre choix que d?emprunter la route du Cap pour atteindre les Indes et l?Extrême-Orient, souffre d?énormes pertes suite aux attaques successives des corsaires et autres pirates français. Lord William Chatham, alors Premier ministre du gouvernement britannique, affiche alors son inquiétude vis-à-vis de la puissance militaire de la France en déclarant à la Chambre des Communes : ?Tant que les Français posséderont l?Isle de France, ils seront les maîtres des Indes.?
En mars 1909, Lord Minto, gouverneur général des Indes, réussit à convaincre son gouvernement de la nécessité de prendre possession de Rodrigues et de l?île Bourbon. La mission n?était pas si difficile puisque les forces françaises étaient essentiellement rassemblées à l?Isle de France. Le succès encourage donc la marine anglaise à attaquer l?île. Le 13 août 1810, Le Sirius, commandé par le capitaine Pym et La Néréide, commandée par le capitaine Willoughby, attaquent l?île de la Passe sur les deux flancs. Les Anglais prennent le fortin.
Le 14 août, ils mettent le cap sur Grand-Port. Mais le Général Vandermaesen et sa troupe des gardes nationaux résistent. Le Sirius est forcé de prendre le large tandis que la Néréide va s?abriter près de l?île de la Passe. Après huit jours d?attente, plusieurs vaisseaux français arrivent enfin, dont la Bellone, commandée par Duperré, qui ramenait trois prises qu?il voulait mettre en sécurité dans la rade.
Willoughby, qui commande alors les forces navales britanniques, ordonne de hisser sur sa frégate le drapeau français. Un des navires français que Duperré voulait mettre en sûreté, le Victor, est pris entre la frégate de Willoughby et les canonnades qui émanent du fort sous le commandement anglais. Deux autres navires battant pavillon français, le Ceylan et la Minerve, subissent le même sort. Seule la Bellone réussi à forcer le passage et à pénétrer la rade.
Les hostilités durèrent jusqu?au 27 août. Deux autres navires, La Magicienne, sous le commandement du capitaine Curtis, et l?Iphigénie, avec à son bord le capitaine Lambert, vinrent grossir la flotte anglaise. Mais La Magicienne heurta un banc de sable, la Néréide échoua après une tentative de virage et le Sirius prit feu suite à une détonation. Les matelots de L?Iphigénie baissèrent les armes et se rendirent.
La bataille navale de Grand-Port prit fin. Duperré et Willoughby, blessés, furent soignés à la résidence de Robillard. A sa mort, la dépouille de Duperré sera transférée aux Invalides sur la décision du roi Louis-Philippe 1er. L?épave du Sirius sera, elle, découverte dans les années 1960 et son ancre remontée en 1989.
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