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Obasanjo négocie le départ du président Taylor

6 juillet 2003, 20:00

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Le président nigérian, Olusegun Obasanjo, est au Liberia pour tenter de négocier un départ en douceur de Charles Taylor de la présidence, ce dernier ayant laissé entendre qu?il pourrait céder aux pressions américaines et se retirer du pouvoir.

Taylor ne contrôle plus qu?à peine un tiers de son pays ruiné et il est recherché par le tribunal spécial chargé de juger les crimes de guerre pendant la guerre civile sierra-léonaise.

Un haut responsable nigérian a déclaré que le président libérien avait d?ores et déjà accepté l?offre d?Obasanjo de partir en exil au Nigeria.

Avant d?entamer sa tournée en Afrique, qui débute ajourd?hui, le président américain George W. Bush a dit et répété que Taylor devait démissionner.

Mais Taylor veut qu?une force de maintien de la paix soit déployée au préalable pour empêcher les rebelles libériens, voire ses propres combattants, d?échapper à tout contrôle.

De source proche des services de sécurité, on déclarait à Reuters qu?Olusegun Obasanjo venait pour parler d?un départ en exil, de la composition d?une force étrangère, d?un gouvernement de transition et du vide que va laisser à la tête du pays le départ de Taylor.

Rien ne permet pour l?instant de dire si Taylor quittera le Liberia en compagnie d?Obasanjo. L?Afrique du Sud et Taiwan ont également été évoqués par l?entourage de Taylor comme possibles destinations d?exil.

Selon un responsable nigérian, Taylor aurait initialement souhaité avoir 40 jours pour préparer son départ, mais désormais il semblerait prêt à partir dès ce mois-ci.

Des signes de plus en plus nombreux laissent penser que Taylor prépare son départ. Il a versé des primes à certains des combattants qui l?ont suivi à travers les années de rébellion dans la brousse avant qu?il ne remporte les élections présidentielles de 1997.

Un membre des services de sécurité résume ainsi l?atmosphère ambiante à Monrovia : ?Nous ignorons quel sera notre sort lorsque le chef sera parti. Ma plus grande peur vient de nos propres gars, qui vont nous envier?.

Selon lui, des collaborateurs de Taylor ont ainsi reçu des résidences et des voitures, alors que d?autres combattants loyalistes ont été moins chanceux. Ce sont eux, d?après cet homme de la sécurité, qui pourraient chercher désormais à se venger.

Face au risque de chaos, les pays d?Afrique de l?Ouest ont promis de dépêcher au Liberia 3 000 soldats de maintien de la paix et ils souhaitent que les Etats-Unis, le Maroc et l?Afrique du Sud contribuent eux aussi militairement à cette force.

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