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Noël à travers le monde
EN ANGLETERRE
Au début de décembre on envoit des cartes à ses amis et à sa famille. Les cartes reçues sont exposées sur les murs. Elle seront décrochées le jour des Rois, le 6 janvier. On colle les cartes sur des rubans avant de les accrocher au mur. Toute la maison est habillée de vert et de rouge. Toute la famille décore le sapin.
Les enfants écrivent une lettre au Père Noël et attendent avec impatience sa venue pour apporter les cadeaux. La veille de Noël, les enfants vont dans les rues chanter des chants de Noël. En échange ils reçoivent des petits cadeaux ou des bonbons. Les enfants suspendent de grands chaussettes au pied du lit et déposent des gâteaux et un verre de porto pour le Père Noël. La veille de Noël est un jour férié. La nuit de Noël, tous les enfants s?endorment en pensant au Père Noël qui va arriver sur son grand traineau et déposer dans la cheminée tous les jouets commandés. En Angleterre, pas de repas de Noël, sans la dinde aux marrons et le célèbre pudding.
En Grande-Bretagne, le «cracker» de Noël est indispensable à tout réveillon. Aucun repas de Noël n?est concevable sans le petit «cracker» explosif placé à côté de chaque assiette, une tradition vieille de 150 ans.
EN ITALIE
Les traditions de Noël varient d?une région à l?autre et les petits italiens ne reçoivent pas tous leurs jouets en même temps. Dans certaines régions du nord de l?Italie, c?est le Père Noël, «Babo Natale» ou le Petit Jésus, «Gesu Bambino» qui apportent les cadeaux le 25 décembre. Ailleurs, c?est Sainte Lucie, le 13 décembre. A Rome, la capitale, c?est «la Befana» qui apporte les jouets le jour des Rois. La Befana est une sorcière âgée, mais très gentille. Elle se déplace sur son balai et passe par les cheminées pour ditribuer les cadeaux.
Ces temps de fêtes fleurent bon la boulangerie, la pâte d?amande et les fruits confits. Le plus traditionnel des gâteaux italiens, est le moelleux Panettone sucré et parsemé de délicieux petits fruits: raisins, fruits confits, surtout des agrumes. Il a vu le jour à Milan vers 1490; rapidement on 1?adopta dans toute l?Italie, des Alpes à la Sicile. Les légendes abondent sur l?origine du Panettone. La plus populaire est celle du jeune aristocrate qui s?éprit de la fille d?un pâtissier nommé Toni. Pour impressionner le père de sa bien-aimée, le jeune homme se fit passer pour un apprenti pâtissier et inventa un pain extraordinaire, sucré, en forme de dôme et d?une finesse peu commune. Ce nouveau pain aux fruits connut un énorme succès; les gens affluaient à la boulangerie pour acheter le magnifique Pan de Toni.
Le Panforte : les friandises traditionnelles proviennent souvent de régions spécifiques d? Italie. Un exemple classique, le Panforte ou pain fort était, à l?origine, une friandise de Sienne, enToscane; sa popularité s?est étendue sur toute l?Italie. On raconte qu?en 1205, les serfs et les paysans du couvent de Montecellesi étaient obligés d?apporter aux religieuses des gâteaux au miel et aux épices en guise de recensement.
AU JAPON
Le repas du Nouvel An est fort en symboles et en rituels. Il est invariablement servi dans la maison du chef de la famille. Chaque aliment est spécialement choisi parce qu?il représente un symbole de félicité. Il existe de nombreuses variantes dans le rituel dépendant des régions. Par contre les produits culinaires utilisés tous les jours dans la cuisine prennent ici un caractère sacré et symbolique. Ainsi, le mirin, un vin de riz doux utilisé autant comme breuvage que dans la cuisine traditionnelle est parfumé de poivre et d?épices et offert à chaque visiteur dans un jeu de trois tasses.
Le Mochi, une fête, une offrande et une gourmandise. Le plus important des mets est sans contredit le mochi, un riz gluant bouilli, puis pilé avec un mortier ou un maillet de bois pour faire des gâteaux traditionnellement servis le Jour de l?An. Ceci donne lieu à la fête du pilage du mochi chaque année le troisième dimanche de décembre depuis 1959. C?est un événement communautaire qu?on retrouve ici dans le quartier centre de Tokyo. Au coeur du quartier de Ginza, un marchand offre depuis trois décennies la fête du pillage le dernier jour de l?année. Le riz ainsi battu est travaillé moulé, coloré et sucré. Les mochi roses, blancs et gris-vert en forme de diamant étagé sont traditionnels. On les retrouve aussi grillés et accompagnés d?une sauce ou enveloppés dans une feuille d?algue.
Au Japon, les dieux prennent une large part dans les cérémonies et, pour mettre la nouvelle année sous de bons auspices, on confectionne des mochi arrondis, un petit placé sur un plus grand décorés avec des urajiro (fougères), des homards symboliques pour faire un kagamimochi, une sorte de plat rituel offert aux dieux du foyer chaque Jour de l?An.
EN FRANCE
Plusieurs jours avant Noël, les villes et les villages de France prennent un air de fête. On dresse un immense sapin sur les grandes places. Les rues principales et les arbres sont recouverts de guirlandes lumineuses.
Les grands magasins font de très belles vitrines ou certains mettent en scène des automates. Les enfants se font photographier en compagnie du Père Noël. Les écoles maternelles décorent leurs classes. Le 24 au soir les familles font un diner de réveillon composé de mets savoureux tels que des huitres et du foie gras. Les plus pratiquants vont ensuite en famille à la messe de minuit. Le Père Noël vient déposer les cadeaux pendant la nuit et les enfants les découvrent le matin de Noël au pied su sapin. Le jour de Noël, ils se rassemblent en famille autour de la table de Noël. Le repas de Noël est souvent composé d?une dinde ou d?un chapon roti et se termine par une bûche glacée ou en gâteau.
AU DANEMARK
Dans chaque maison, une couronne garnie de quatre bougies est suspendue au plafond. La maison est décorée de branches de sapin, de petits anges, de lutins et d?étoiles en paille. Les enfants font eux-mêmes de nombreuses décorations qu?ils accrochent dans le sapin. On va en famille couper le sapin de Noël dans la forêt.
Le diner de Noêl commence vers 18 H. A la fin du repas, on sert du riz au lait où se cache une amande entière. celui qui la trouve reçoit en cadeau un petit cochon porte bonheur en pâte d?amande. Après le diner le papa va seul dans la pièce où se dresse le sapin de Noël décoré de guirlandes faites de petits drapeaux danois, de bougies et de petits coeurs rouges et blancs. Le papa allume une à une les bougies pendant que la famille attend avec impatience derrière la porte. Puis toute la famille entre et fait un cercle autour de l?arbre en se tenant par la main.
EN GRECE
Sur cette Mer Egée parsemée d?îles blanches et bleues, Noël et le Nouvel An se transforment en coutumes et superstitions toutes aussi savoureuses les unes que les autres. Le Père Noël n?habite pas ce pays de soleil mais a tendu sa hotte à Saint-Basile, philanthrope de l?Asie Mineure sous l?Empire byzantin qui, à la veille de la nouvelle année, distribue aux enfants sages des cadeaux et des friandises.
Puisqu?il n?y a pas de sapin, ni de bas accrochés au manteau de la cheminée, St-Basile les place tout simplement au coin du foyer ou sur la table du festin. En Grèce, la ménagère n?oublie jamais de marquer le pain de Noël en imprimant sa main sur la pâte avant de le faire cuire pour montrer aux enfants que Jésus a marqué ce pain en ce jour béni. Dans les régions rurales, le pain est façonné en forme d?animaux, vache, mouton, etc. et un pain est spécialement déchiqueté et donné au bétail par la fille aînée de la maison. Le Temps des Fêtes en Grèce s?effectue dans la sobriété. Iles gorgées de soleil où l?homme doit travailler en étroite collaboration avec la nature pour apporter sur la table sa ration quotidienne, il ne faut pas grand chose pour égayer le décor. Par exemple, à Lemnos, le centre de table est composé de pommes grenades et de miel.
La table est frugale. Si on emprunte la tradition de la dinde aux pays du nord, on la farce différemment à la viande, aux tomates et aux baies. A Noël comme au Nouvel An, les petits fours prennent la vedette, pâtisserie ovale et dodue que l?on offre aux amis, aux voisins dans une sentiment de partage, les Melomakaronas tout juteux de miel et les Kourabiedes habillés de sucre glace. Pas de sapin ... mais à Madytos, on pique une branche d?olivier dans le gâteau de Noël, placé au centre de la table.
AUX ANTILLES
Aux îles, Noël prend des allures créoles et françaises comme ses habitants et le tronc des palmiers s?enrubanne de petites lumières blanches. La Messe de Minuit est de tradition et, au retour, le célèbre Ti-Punch est détrôné en cette occasion par le «Schrub» ou «Schrubb».
À St-Barths, ce cocktail est composé de rhum blanc, de citron, de sirop de sucre, parfumé aux saveurs des îles - cannelle, muscade, girofle et thé du charpentier.
En Guadeloupe, ce sont des écorces d?agrumes qui donnent au rhum blanc leurs parfums. On se prépare pour les Fêtes dès le mois d?octobre. Il ne suffit pas, dit-on ici, de mettre tous les ingrédients dans une grande dame-jeanne et de laisser reposer. Pour que le cocktail soit habillé de paillettes d?or, il faut une longue macération au soleil et au moins deux pleines lunes en exposition.
Après avoir savouré le rhum à petites gorgées, on apporte sur la table la grande soupière de soupe aux pois d?angole agrémentée de quelques morceaux de viande salée qui apporte un fumet incontestable de fêtes. Puis viennent les plats de résistance qualifiés «pur porc». Le cochon s?est transformé en boudin, pâté et ragoût. Le jambon est aussi de la fête et a pris, avant de cuire, son coup de l?étrier. Il sent le bon vieux rhum et le sucre de canne.
Ici, comme partout ailleurs, c?est la fête des enfants et l?invitation à la gourmandise. Par tradition, à St-Barths, on retrouve les «tchek», des galettes faites de noix de coco râpée qu?on mélange à du sucre de canne moulu (type cassonade) et qu?on parfume à la cannelle en poudre. Mais le clou de la fête demeure le «pône», un pain composé de patates douces, de giraumon (potiron local), de sucre, de vanille, de raisins, de cannelle, le tout enduit de bon beurre et doré au four. En Guadeloupe, la farandole des douceurs prévoit un blanc-manger au lait de coco, un quatre-quarts, des chadecs confits, ces pamplemousses géants à l?écorce encore verte, et des fruits-pays.
Encore aujourd?hui, en Guadeloupe, on prépare, dans certaines familles, pour cette occasion le sirop de groseilles pour accompagner le gâteau, parfumer une boisson glacée, etc.
«Celui qui n?a pas Noël dans le coeur ne le trouvera jamais au pied d?un arbre.»
Roy L. SMITH
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