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Noël : une fête pour les marchands de rue
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Noël : une fête pour les marchands de rue
Les bras chargés de paquets cadeaux, Elise se faufile tant bien que mal entre les rayons pris d?assaut par la foule. Les visages se crispent, marqués par la chaleur ambiante ou peut-être l?angoisse de ne pas pouvoir trouver les présents convenables. Arriver à mettre la main sur le cadeau idéal, la veille de Noël, relève en effet du parcours du combattant.
Les retardataires, toujours plus nombreux, n?ont cessé d?affluer, hier, depuis l?ouverture des magasins. Pris dans la spirale du shopping, ils ne semblent pas se résoudre à quitter les lieux : il faut coûte que coûte ramener quelque chose, quitte à y passer des heures. Certains, pourtant, repartiront déçus, jurant de s?y prendre à l?avance l?an prochain.
Pour de nombreux Mauriciens, les achats de fin d?année résultent d?un long et minutieux repérage dans les magasins. «Moi, j?opte toujours pour les achats de dernière minute en espérant pouvoir marchander un peu auprès des commerçants», explique Elise, le regard fixé sur les jouets exposés.
La jeune femme mise sur l?excès de travail des commerçants pour tenter de leur soutirer une petite remise. Mais encore faut-il que l?article convoité soit encore disponible. «J?ai réussi à obtenir de faibles remises mais les marchands, cette année, sont impitoyables», lâche une cliente, visiblement vexée par l?accueil qui lui a été réservé.
<B>PROFITER DE L?AMBIANCE</B>
En effet, excédés par l?insistance de certains clients tenaces, des commerçants montent le ton. D?autres finissent par céder aux demandes espérant ainsi obtenir la paix. Mais il s?en trouvera toujours de nouveaux clients pour revenir à la charge?
Nombreux sont les Mauriciens qui affirment pour leur part préférer effectuer leurs achats de Noël à la dernière minute pour profiter de l?ambiance. «Ce n?est pas tous les jours que les rues de la capitale sont littéralement envahies. Il y règne une ambiance festive que j?apprécie beaucoup», fait ressortir Veena, accompagnée de ses deux enfants. Le seul inconvénient, concède-t-elle, c?est qu?on ne trouve plus d?articles intéressants. «Presque tout a déjà été vendu et je dois avouer que ceux qui restent sur les étagères ne m?intéressent pas franchement», souligne cette mère de famille. Ici et là, résonnent, entre les rayons, des cris de bambins, déçus de n?avoir pu obtenir les jouets de leurs rêves.
Du côté des commerçants, c?est le branle-bas de combat. La semaine qui précède la nuit de Noël, expliquent-ils, est généralement très chargée. «Il y a chaque année des gens qui s?y prennent à la dernière minute. Mais je dois avouer qu?il y en a moins que les années précédentes», explique un commerçant de la capitale. Selon ses dires, les parents ont, cette année, opté pour des présents plus pratiques tels que des vêtements et des jeux éducatifs. «Les parents préfèrent de loin acheter des présents pédagogiques», dit-il, sous l??il approbateur d?une mère de famille.
Pour les petits commerçants du Nord, les fêtes de fin d?année ne sont pas aussi lucratives qu?escompté. Ils attribuent ce manque à gagner à plusieurs facteurs, dont la hausse des prix. A Goodlands, les affaires sont plutôt calmes.
?LA SITUATION N?EST PAS DRAMATIQUE?
Hannah Emandee, âgée de 18 ans, explique pour sa part que les clients ne sont pas très nombreux. «La nourriture coûte plus cher et les gens ont donc moins d?argent à dépenser sur d?autres produits», lâche cette employée d?Emamdee Store, un magasin de vêtements et d?accessoires. Shahbanu Bundhoo, 28 ans, abonde dans le même sens.
La hausse des prix, affirme-t-elle, a obligé les Mauriciens à revoir leurs priorités. «Cette situation affecte les commerçants mais elle n?est tout de même pas dramatique», rassure t-elle. Cette tendance est confirmée par Gita, 23 ans. Accompagnée de son fils, elle explique avoir eu un peu plus de mal cette année à trouver des cadeaux à des prix abordables.
Ajajen Tirvengadum, propriétaire d?un magasin d?électroménager, dit avoir noté une baisse sensible au niveau des ventes en cette période. «Les Mauriciens achètent de plus en plus auprès des marchands ambulants. Cela représente un important manque à gagner pour les propriétaires de magasins», fait-il ressortir.
Certains commerçants ne semblent toutefois pas être touchés par cette morosité. Pour Kamla Boodhram, propriétaire d?un magasin de bicyclettes à Triolet, les affaires marchent bien. «Le business est normal, et même un peu mieux que l?an passé», assure t-il.
Quoi qu?il en soit, tous les consommateurs ? les retardataires comme les plus prévoyants ? auront écumé, jusqu?au dernier instant, tous les magasins à la recherche du cadeau idéal.
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