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Noël amer pour les squatters
Noël ne sera pas joyeux pour les squatters de Camp-Levieux. Pas de guirlandes, ni de sapin mais des ordures et des boîtes en carton qui traînent ça et là? L?humeur n?est pas à la fête mais l?esprit de Noël est bien là. Car la solidarité et l?entraide sont de mise. Même si l?espoir semble s?envoler au fil des jours.
Ces familles qui trouvent refuge dans des abris de fortune sont unies dans le malheur. Elles souhaitent trouver une maison et s?en aller en sachant que d?autres ont eu cette chance. Ce cadeau si ardemment voulu leur sera-t-il offert ? Rama Valayden semble en tout cas s?affairer à trouver le moyen de tenir ses promesses.
Une troisième réunion s?est tenue hier au ministère de la Justice. Mais il se pourrait que les squatters de Camp-Levieux aient à passer la Noël à la belle étoile, comme prévu. Ils seront relogés à partir de la semaine prochaine. Le nivellement du terrain de Bambous débute probablement demain, nous annonce un membre du Trust Fund for the Integration of the vulnerable groups.
«Pena Nwel, c?est la marée noire»
Pour les cinq squatters qui n?avaient pas reçu de terrain, il a été décidé qu?ils auront un lopin de terre à Vuillemin. De la liste des 30 noms qui sont partis ailleurs que le terrain de football, six sont des cas urgents. Ils seront donc aussi pris en charge. Epaulé par Caritas, le ministère de la Justice offrira, en outre, un abri temporaire aux squatters qui sont sous les tentes avant la fin de l?année. Comme promis, Rama Valayden convoquera les responsables du projet ce matin.
Entre-temps, chez les squatters, c?est le désarroi. Pervance, 51 ans, se contentera, pour Noël, d?un «toufe bred et diri si mo gagn lasans». Marie-José, 40 ans, et mère de six enfants dort à la belle étoile depuis hier car sa tente a été reprise. Son dernier enfant n?a que deux mois et passera le réveillon à la merci des éléments. Veerapen a, elle, accouché hier et sera de retour au squat avec un nouveau-né dans quelques jours et elle n?a pas assez d?argent pour acheter des couches. Cyril, 51 ans, est révolté par la situation, «pena nwel, ç?est la marée noire, bizin lazoi me pa kapav, leker gro».
Les conditions hygiéniques sont catastrophiques, le canal qui leur donnait de l?eau est depuis peu à sec. Par conséquent, les enfants souffrent de maladies de la peau et de fièvre. Mais leur situation précaire ne les empêche pas de se soutenir mutuellement. C?est là leur seul cadeau.
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