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Nouvelles tensions entre hindous et musulmans au Cachemire

15 août 2008, 20:00

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Le bilan est lourd. 21 musulmans ont été tués en trois jours dans les affrontements au Cachemire indien. Au moins 500 personnes ont été blessées dans les affrontements avec la police.

Ces violences sont le résultat de tensions interreligieuses provoquées par la décision du gouvernement de l?Etat du Jammu-et-Cachemire d?accorder 40 hectares à des pèlerins hindous, au printemps dernier.

L?annonce avait déclenché la colère des groupes séparatistes musulmans. Mais la volte-face du gouvernement a provoqué celle du parti nationaliste hindou, le Bharatiya Janata Party (BJP), qui manifeste depuis maintenant une semaine. Devant cette vague de violence, les partis ne semblent pas parvenir à s?entendre.

«Tirer pour tuer»</B>

Les forces de la sécurité ont reçu l?ordre, mercredi 13 août, de «tirer pour tuer» les militants, dans la ville de Kishtwar, à 250 kilomètres de Srinagar. Plusieurs personnes sont ainsi mortes sous les balles de la police, faisant de ces violences les plus importantes depuis 1989. A l?époque, une insurrection séparatiste anti-indienne avait causé la mort d?environ 43 000 personnes.

La colère des hindous devant la volte-face du gouvernement s?est amplifiée. Les manifestants ont bloqué la route principale qui relie le Cachemire au reste de l?Inde. Cette voie de communication est primordiale pour l?économie cachemirie. Hier, les commerces et les écoles étaient fermés, les rues désertes et la nourriture commence à manquer. Le blocus menace dangereusement l?approvisionnement des deux capitales de la région, Srinagar et Jammu, en fruits et en céréales. Lundi 11 et mardi 12 août, des musulmans ont manifesté contre ces barrages près de la ligne de contrôle, qui sépare depuis 1949 le Cachemire indien du Cachemire pakistanais. La police a tiré sur la foule, tuant trois manifestants, mais aussi un des dirigeants de la coalition islamiste modérée Hurriyat, Sheikh Abdul Aziz.

Un couvre-feu a depuis été instauré, mais les forces de sécurité peinent à le faire respecter. Les interventions de la police pour tenter de maîtriser les foules ne font que jeter de l?huile sur le feu. Mercredi 13 août, des milliers de musulmans ont entrepris une marche à Srinagar pour se rendre aux funérailles de deux militants. D?autres manifestations ont eu lieu hier, jour où l?Inde célèbrait le 61e anniversaire de son indépendance.

<B>Aucune mesure concrete</B>

Cette question territoriale vient raviver les revendications nationalistes du BJP. Bien que le parti principal à l?opposition ait apporté son soutien au Premier Ministre Manmohan Singh, il a soutenu que «les manifestations allaient se poursuivre jusqu?à ce que les terrains soient rendus pour le pèlerinage».

Le Premier Ministre a convoqué l?ensemble des partis politiques indiens à New Delhi la semaine dernière. Chacun semblait d?accord pour «engager un dialogue immédiat pour mettre fin aux troubles».

Cependant, aucune mesure concrète n?a été prise après la rencontre. Le parti congressiste peine à rassembler ses troupes. Et pour le BJP, la polémique actuelle est une occasion de porter un coup à un gouvernement déjà affaibli par l?inflation et l?accord de coopération nucléaire civile avec les Etats-Unis, qui l?a privé du soutien de la gauche communiste.

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