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Nouvelles révélations de Paul Bérenger sur «l?ingérence» de Rama Valayden

13 août 2008, 00:00

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Entre les allégations de Paul Bérenger et les explications de Rama Valayden, le Premier ministre a choisi d?attendre les conclusions de l?enquête policière dans les allégations d?interventionnisme imputées à l?Attorney General (AG). Paul Bérenger, leader de l?opposition a cependant trouvé, lors de la Private Notice Question (PNQ) que c?était «choquant qu?il (NdlR : Rama Valayden) soit encore ministre » et a demandé que le Premier ministre le révoque. Et pour appuyer ses nouvelles révélations au Parlement, hier, il a déposé sur la table de l?Assemblée le compte rendu d?une réunion du Sergeants and Caporals Committee.

Celle-ci serait en rapport avec une affaire d?accident de voiture qui a eu lieu en décembre à Arsenal et dans laquelle il y aurait eu, affirme Paul Bérenger, ingérence du ministre de la Justice. Une des personnes impliquées dans l?accident (le passager de la voiture) Marcelin Humbert aurait «prétendument appelé l?AG» et aurait ensuite agressé physiquement un officier de police. Humbert a été arrêté le même jour, puis remis en liberté le lendemain, selon le PM.

Mais le même jour, un coup de fil «prétendument de l?AG» aurait été passé au sergent Nowbuth du poste de police de Terre-Rouge pour déclarer qu?il y avait eu un accident et que la personne impliquée allait se présenter aux Casernes pour faire une déclaration à ce sujet.

Appels passés au crible</B>

Navin Ramgoolam précise que la police est en train d?enquêter sur ces appels allégués à l?AG et de l?AG. Car, dit-il, «nous savons très bien qu?il y a des gens qui prétendent souvent qu?ils sont en train de passer des coups de fil aux politiciens alors qu?il n?en est rien».

Paul Bérenger, quant à lui, se dit persuadé que l?AG s?est effectivement ingéré dans ces affaires. C?est alors que le PM affirme ne pas pouvoir se substituer à la police.

Bérenger a ainsi déposé un compte rendu d?une réunion du Sergeants and Caporals Committee lors de laquelle ces derniers discutent de sujets divers. «Ce document porte la signature du commissaire de police (CP) et à la page 3, on mentionne que Humbert a été relâché sur parole.» Bérenger estime que le policier qui a ordonné la libération de Humbert sur parole et «qui est un excellent officier» n?aurait pas fait cela sans «pression politique».

Le PM estime que le document est contradictoire. Pour lui, il s?agit de savoir pourquoi il y a deux versions si l?officier en question est aussi «bon». «C?est la pression politique», allègue Bérenger. Le speaker a informé Bérenger que le document qu?il a déposé devra être authentifié.

Le PM a affirmé que la police est en train d?enquêter sur cette affaire et a rappelé qu?à ce stade, ce que dit Bérenger constitue en fait des allégations. Les appels de Rama Valayden seront passés au crible, a-t-il aussi ajouté et cela permettra de faire la lumière sur toute cette affaire.

Le leader de l?opposition a voulu faire ressortir d?autres cas où l?AG aurait appelé la police concernant un suspect; il mentionne l?arrestation d?un certain Deoness Bucktowar en 2006 pour importation illégale de Subutex. Le PM répond cependant que la police affirme qu?aucun appel d?un politicien n?a eu lieu dans cette affaire. Bérenger réplique que selon l?Occurrence Book du poste de police, il y a bel et bien eu un appel de l?AG. «Pas selon le CP», réplique le PM.

Le Premier ministre a par ailleurs déclaré, en réponse à la PNQ, ne pas pouvoir se substituer à la police mais affirme que s?il y a des preuves qu?il y a ingérence, il n?hésitera pas à prendre les sanctions qui s?imposent.

Le leader de l?opposition avait auparavant voulu faire ressortir hier que l?AG ne disait pas toute la vérité sur les coups de fil qu?il avait passés à la police dans l?affaire Bertrand Joly. Celui-ci avait été arrêté lors de l?exercice de Control Delivery visant à piéger Sada Curpen, présumé cerveau du trafic de Subutex. Paul Bérenger voulait démontrer par là une complicité de l?AG avec ce que le leader de l?opposition appelle «la mafia». Mais il semble que les informations que détient Bérenger sont en contradiction avec celles qu?a le Premier ministre.

«Une ou deux personnes sont en train de mentir»</B>

A commencer par l?heure à laquelle Rama Valayden aurait appelé la police. Lors de sa réponse parlementaire la semaine dernière, le PM avait affirmé que l?AG avait passé ledit coup de fil à 9 heures le 23 juillet. Mais Rama Valayden a ensuite envoyé une note au PM pour dire qu?en fait il avait passé ce coup de fil vers midi. Et le PM a tout de suite rectifié.

Le leader de l?opposition fait donc ressortir cette contradiction et affirme avoir des informations à l?effet que le coup de fil a eu lieu à 9 heures soit «juste après que Joly eut été arrêté». Le Premier ministre affirme qu?effectivement les deux officiers de police qui ont parlé à l?AG ce jour-là, ont affirmé (après avoir été interrogés plusieurs fois) que bien qu?ils ne soient pas totalement sûrs de l?heure à laquelle l?AG avait appelé, «ils étaient certains que ce n?était pas à midi mais bien plus tôt». Or, dit le PM, l?AG insiste sur le fait que le coup de fil a eu lieu vers midi.

«Une ou deux personnes sont en train de mentir» dit le PM. «Effectivement», réplique le leader de l?opposition.

Et le PM annonce que l?AG a accepté que Mauritius Telecom soumette à la police un relevé de ses appels téléphoniques et que selon ce relevé d?appels, c?est à 12 h 22 que l?AG a passé le coup de fil en question ? appel qui a duré 13 secondes et c?est à 12 h 43 que l?officier de l?ADSU, l?ACP Padayachy a rappelé l?AG. Bérenger, pris de court, maintient toujours que c?est un mensonge.

<B>Deepa BHOOKHUN</B>

CONFERENCE DE PRESSE

L?opposition insiste sur la révocation de Valayden</B>

«Il y a beaucoup de raisons additionnelles de révoquer Valayden sans tarder.» Le Premier ministre doit agir et vite, estime Paul Bérenger. Le leader de l?opposition, souhaite vivement que Navin Ramgoolam suive son conseil : «Il est encore temps pour lui de se ressaisir.» Lors d?une conférence de presse au Parlement hier, le leader de l?opposition a exprimé ses sentiments par rapport aux «révélations» qu?il a faites deux heures et demie plus tôt, lors de la Private Notice Question (PNQ).

D?abord sur l?affaire entourant l?arrestation de Sada Curpen, contre qui pèse une accusation de trafic de Subutex, et l?implication alléguée du ministre de la Justice, Rama Valayden. «C?est une situation extraordinaire et honteuse où un Premier ministre demande un ordre d?un juge pour connaître les propos tenus au téléphone par son propre ministre de la Justice?et ce dernier reste à son poste malgré ça.»

Et il commente une autre affaire évoquée lors de sa PNQ. Document à l?appui, Paul Bérenger dit que le Premier ministre a été induit en erreur en affirmant que Marcellin Humbert (voir ci-dessus et ci-contre) avait été remis en liberté sous caution le 25 décembre dernier, alors qu?il aurait été libéré sur parole, ce que la loi ne permet pas pour ce genre de délit. «J?accorde le bénéfice du doute au nouveau commissaire de police, mais je pense qu?il a mis une peau de banane devant les pieds de Navin Ramgoolam.»

Affaire Cunningham</B>

Dans une conférence de presse séparée, Nando Bodha, chef de file du MSM, avoue avoir vu un Premier ministre «embarrassé, gêné et à qui l?on a fourni des fausses informations» à l??uvre au Parlement. «Les révélations et précisions sont sans équivoque.» Et il explique avec force détails la séquence des événements ce fameux 25 décembre.

En conclusion, Nando Bodha dit que «Rama Valayden est supposé représenter la loi en tant que ministre de la Justice. Il n?est pas digne d?occuper ce poste de par son comportement, son réseau et ses fréquentations». Et, rejoignant l?opinion exprimée par le leader de l?opposition un peu plus tôt, il estime que «le Premier ministre ne peut défendre l?indéfendable. Il doit révoquer Rama Valayden».

Lors de sa rencontre avec la presse, Bérenger a évoqué un autre sujet : l?affaire Cunningham. Il reproche au Premier ministre de n?avoir reçu Bert Cunningham, ex-receveur des douanes, que lundi, soit quatre jours après son limogeage, pour écouter ses doléances. «Le nombre de scandales que Cunningham connaît?» Pour le leader de l?opposition, les choses sont claires. «La mafia» a fait pression pour faire partir le receveur des douanes qui serait au courant de trop d?affaires louches. «J?espère que j?aurai l?occasion de poser une PNQ la semaine prochaine, parski nou konn boucou zaffer», note Paul Bérenger. Parmi, un «racket systématique » auquel s?adonneraient des douaniers en permettant à certaines personnes de passer par «le green channel» à l?aéroport de Plaisance.

Patrick HILBERT</B>

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