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Nouvelle année, nouvelles attitudes
Exit l?inertie. On passe à l?action, on reprend sa vie en main. Notre v?u en ce début d?année : faire montre d?un nouvel optimisme.
C?est vrai que souvent on a de grandes résolutions et qu?ensuite, pris dans l?engrenage du quotidien et du temps qui court, nous n?entreprenons rien et nous nous laissons vivre. Mais ce n?est pas pour autant qu?il faut se laisser aller et ne pas chercher à s?approprier sa vie. Il faut s?imprégner d?un nouvel état d?esprit, entreprendre ce voyage intérieur qui peut nous aider à nous dépasser, à aller vers nos rêves.
Nous vous proposons dans ce dossier élaboré avec la psychothérapeute Trishla Dhunnoo, qui travaille à Medpoint, une petite palette d?options pour mieux aborder votre quotidien. Elles peuvent vous sembler évidentes, et ne pas mériter ainsi la peine d?être dites. Ou alors, elles peuvent sembler plus faciles à dire qu?à faire. Mais elles peuvent aussi servir de moteur pour que vous trouviez votre chemin.
L?important, c?est justement cela : savoir trouver sa voie. Sa-voir accueillir ce qui est bien et s?armer pour franchir les obstacles avec sérénité. On dit que le bonheur va et vient, qu?il faut sa-voir le saisir quand il vient et le laisser partir quand c?est l?heure pour lui de s?en aller.
La vie est un combat. Le bonheur aussi. Mais cette année, tout comme on peut décider de faire un voyage, d?arrêter de fumer, de reprendre nos études, prenons conscience de nos besoins. Écoutons-nous, traitons-nous avec bienveillance, disons « oui » à la vie. Et comme conseillent les Anglais, « take care ».
<B>Je prendrai plaisir à bien faire mon travail</B>
Le travail est un élément central de notre existence. Il est, certes, en lien direct avec nos revenus, mais aussi avec notre santé, notre épanouissement. Se sentir bien dans son travail, c?est important pour être bien dans la vie. Avec la compétition accrue, le management horizontal où tout le monde est responsable, la pression monte. Comment réagir ?
● Bien s?organiser est l?élément clé. Essayez de voir à quel moment de la journée (matin, après-midi, soir) vous êtes le plus efficace. Si c?est le matin par exemple, alors les activités importantes, les rendez-vous essentiels, les prises de décision, etc., gagneraient à être programmés à ce moment-là.
● Il faut certes prendre du plaisir à bien faire son travail, s?impliquer à 100 %, être productif. Mais pour autant, il ne faut pas que le perfectionnisme nous gâche la vie. Professionnellement, on veut tendre vers la perfection. Malheureusement, on s?expose alors au risque d?être constamment insatisfait. En effet, qui peut baigner toujours dans la perfection ? Personne? et comme cet objectif est irréalisable, l?insatisfaction finit par envahir notre vie. Il convient donc d?opter pour des objectifs réalisables et mesurables dans le temps.
● Et comment nouer de bonnes relations avec ses collègues, car ils sont un peu notre deuxième famille ? On a affaire à différentes personnalités sur le lieu du travail et il faut savoir composer avec. L?enfer, est-ce vraiment les autres ? Les frictions sont certes parfois inévitables. Mais quand il y a conflits, l?idéal est de recourir au dialogue, à la « zen attitude ». S?affirmer sans agresser, écouter sans juger, avoir de l?empathie (pouvoir se mettre dans la peau de l?autre), adresser des critiques constructives. Il est également important de ne pas répondre aux provocations et s?il le faut, mettre un terme à une discussion trop orageuse. Le mieux est d?agir plutôt que de réagir quand ça déborde. Mais pour pouvoir discuter, il faudra être sûr de vous, exprimer clairement vos points de vue.
● Faire que le travail ne soit pas un lieu de déshumanisation sous la pression, est devenu le challenge. Se faire des amis, rigoler, s?accorder des minutes de détente et même trouver l?âme s?ur, pourquoi pas ?
<B>Je veux faire de mon couple un espace de vie à deux</B>
Vivre en couple, c?est d?abord accepter de partager toute ou une partie de sa vie avec l?autre. Le couple est, en quelque sorte, un partenariat sexuel, financier, affectif, et familial. Et les couples qui durent sont à l?image des personnes qui les forment. Partager des moments à deux est d?abord un choix et non un besoin. Aucun des partenaires n?a réellement besoin de l?autre pour exister. Ce sont des individus à part entière qui se complètent. Bien sûr, il y aura des compromis à faire pour que le couple fonctionne pour le mieux. Et pour cela, il existe des règles à suivre :
● Développer sa propre identité, sa propre personnalité, et conserver un espace personnel suffisant, plutôt que de perdre les caractéristiques qui ont amené le couple à se choisir mutuellement.
● Ne pas chercher à changer l?autre. Comprendre qu?on est différent, qu?on ne voit pas les choses de la même manière et qu?on peut être bien ensemble malgré tout.
● Exprimer ses émotions et écouter celles de l?autre plutôt que de laisser s?accumuler la tension émotionnelle sans savoir exactement ce qui se passe.
● Viser à ce que les besoins de chacun soient satisfaits et se réjouir du plaisir de l?autre.
● Considérer son bagage émotionnel et ses histoires personnelles comme une partie de la réalité quetous les deux ont à prendre en compte, plutôt que comme des armes à utiliser pour s?attaquer mutuellement.
● Considérer les défauts et les faiblesses de son partenaire avec indulgence. Ils ne lui enlèvent en rien ses qualités, celles pour lesquelles vous l?avez choisi.
● Développer une façon efficace de régler les problèmes au fur et à mesure, plutôt que de les laisser s?accumuler, d?attaquer l?autre ou de vouloir avoir le dessus.
● Dans la vie quotidienne, apprendre à relativiser les petits conflits, à les hiérarchiser. Ce n?est pas parce que le ton monte qu?une relation est en danger. Au contraire, exprimer ses ressentiments, son désaccord, montrer de la colère, c?est sortir de soi-même un mal-être qui, s?il restait enfoui, pourrait prendre, par la suite, des proportions catastrophiques. Écoutez donc ce que vous dit votre partenaire sans confondre systématiquement une remarque un peu vive avec une critique. Et ne faites pas l?amalgame entre le refus et le rejet.
● Votre vie en dehors du couple (sorties, activités sportives, etc.) est essentielle. Elle vous permet d?exister, à certains moments, en dehors de l?autre. Tant qu?elle est constructive et ne représente pas une fuite de vos responsabilités, cette vie personnelle vous permettra de communiquer à l?autre vos sensations, vos émotions et votre expérience, d?en discuter ensemble et de vous enrichir mutuellement.
Votre partenaire vous a choisi pour ce que vous êtes. Il sera ravi de vous voir vous épanouir si vous savez lui transmettre cet enrichissement. Mais ne tombez pas dans l?excès inverse : cultivez vos centres d?intérêt communs, prenez du plaisir à sortir ensemble, à découvrir, apprendre et partager des moments qui ne seront qu?à vous.
● Diriger son énergie sexuelle vers son partenaire, plutôt que de se laisser aller à flirter ou à fantasmer sur des personnes de son entourage.
<B>Je ne me laisse pas dépasser par mes enfants</B>
Un enfant, ce n?est pas toujours simple. Il n?écoute pas, détourne le regard quand on lui parle. Comment se faire obéir sans cris et sans fessée ? Souvent, la fessée arrive dans des moments de vulnérabilité.
Le parent, fragilisé par des soucis professionnels ou familiaux, ou tout simplement fatigué, ressent les « bêtises » de l?enfant comme dirigées contre lui. Il oublie alors qu?éduquer, cela veut dire répéter quotidiennement les mêmes choses. Aussi la fessée tombe-t-elle généralement à contretemps, et elle est disproportionnée par rapport à l?acte qui l?a précédée.
« C?est injuste », traduit alors l?enfant, qui n?avait pas l?intention de nuire et qui perd un peu de sa confiance en ses guides et en lui-même.
■ Contrairement à une réprimande verbale calme et argumentée, la fessée ne fournit aucune explication à votre enfant. Il a « fauté » ? oui, mais en quoi ? Et pourquoi est-ce si important ? Les petits, en particulier, ne comprennent pas ce qui leur a valu une telle humiliation, un tel chagrin. Faute d?avoir saisi la consigne, ils récidiveront en toute innocence. Pire, certains adopteront un profil bas, chercheront à passer inaperçus où qu?ils se trouvent. Ils seront « matés », mais en aucun cas éduqués.
■ Les parents, eux, loin de s?estimer satisfaits, remâcheront leur culpabilité : la violence fait mal à celui qui l?administre comme à celui qui la subit. Mais que faire quand il a pris l?habitude de taper du pied pour obtenir ce qu?il veut ?
■ Un bon moyen de se faire écouter et obéir est de lui laisser l?avantage de comprendre pourquoi l?adulte lui impose ces limites. C?est une façon d?inculquer à l?enfant que la communication et le dialogue sont importants dans une relation. Le parent doit se mettre à la hauteur de l?enfant avant d?expliquer, dans un langage clair et simple, le pourquoi des décisions. Par exemple : « Non, tu es trop petit ! » est insuffisant. Préférez : « Tu es trop petit, si tu grimpes au toboggan seul, personne ne sera là pour te rattraper en cas de chute », ou encore « si tu ne me donnes pas la main, tu peux te perdre ou te faire renverser », ou « si tu ne finis pas ton assiette, tu auras faim dans une heure, c?est long jusqu?au goûter » Mieux encore, faites un échange de bons procédés : « C?est l?heure de se coucher, mais comme tu as grandi, tu as dix minutes supplémentaires, comme ça, tu te couches un peu à l?heure des grands. »
■ Éduquer, c?est savoir poser des limites et, au besoin, sanctionner si elles sont franchies. C?est aussi savoir endurer les pleurs et la colère de l?enfant, sans pour autant culpabiliser ou avoir peur de perdre son amour.
<B>J?aurai le courage d?être moi-même</B>
Qui sommes-nous vraiment au fond ? On ne le sait pas toujours. Pour avoir quelques éléments de réponses, il faut aller à la rencontre de soi. Rester soi-même dans son travail, au sein de sa famille, voilà un exercice délicat. Je crois en mes rêves. Je deviens acteur de ma vie. J?acquiers les moyens de mon autonomie. Je me mets en phase avec les facettes de ma personnalité. Je me réapproprie mon corps et mon esprit. Et pour y arriver, il faut travailler cela :
■ S?estimer, c?est s?apprécier. L?estime de soi, c?est un jugement que nous portons sur nous-mêmes. Elle s?intéresse à la relation que j?ai avec moi-même. Elle sert à augmenter la pensée d?être heureux. Elle renforce la confiance en soi, le sentiment d?être à la hauteur, elle permet de prendre des initiatives et d?oser apporter des modifications dans sa vie, créer, réaliser ses rêves? L?estime de soi permet la réussite, c?est-à-dire de mettre en ?uvre les actions et les exécuter avec efficacité. Pas à pas, avoir une bonne estime de soi peut nous booster et aider notre réussite.
■ Vous avez du mal à dire non ? Vous ne voulez rien de tout cela et pourtant, une fois de plus, vous allez tout accepter tout en vous maudissant pour votre lâcheté. La crainte de déplaire, d?être rejeté, de ne plus être aimé, a encore triomphé. Oser dire non, c?est savoir s?écouter, reconnaître ses désirs et ses envies. C?est s?affirmer et se respecter. Et cela s?apprend.
■ Rester soi-même face aux circonstances et à son entourage nécessite de faire appel à des facultés humaines : la conscien-ce, la réflexion et la capacité à exprimer ce qu?on ressent, de même que l?empathie?
■ L?affirmation personnelle réclame également de pouvoir s?appuyer sur une solide confiance en soi, dans les autres et dans la vie. Mais ce n?est pas se prendre pour un surhomme. C?est, au contraire, accepter ce qui cloche en nous, sans penser que ça nous empêche de valoir quelque chose, d?être aimé, de réussir ce qu?on entreprend, d?être heureux. Dès lors que l?on s?accorde de la confiance, on peut en donner, car notre relation aux autres est le miroir du rapport que nous entretenons avec nous-mêmes.
<B>Je n?oublie pas mes bonnes manières</B>
Bousculer les gens pour descendre du bus. Cracher dans la rue. Roter en public. Dévisager une personne qu?on ne connaît pas. Parler bruyamment à quelqu?un qui nous accompagne ou au téléphone. Être agressif au volant. Nous avons tendance à, disons-le, nous conduire comme des malappris. Le manque de savoir-vivre se fait de plus en plus sentir. On ne respecte plus autrui, et la politesse disparaît. Pourtant, on vivrait tellement mieux s?il n?y avait pas de vulgarité, d?insultes, d?attitudes misogynes, si on apprenait à garder son calme et si on faisait plus attention à l?autre.
<B>Et puis il y a ces autres détails</B>
Essayer l?art de la simplicité. Rester zen. Se lâcher, s?offrir des moments de détente. Mettre de la bonne humeur autour de soi. Faire du sport, c?est un excellent moyen pour évacuer le stress. Parler de ses problèmes car la parole est très libératrice. Rire ! Par exemple en groupe ou en regardant des films drôles. Le rire aurait un effet positif sur le stress. Adopter une bonne hygiène de vie générale : alimentation saine et bien dormir. Faire des pauses quotidiennes, en méditant par exemple et ainsi libérer son esprit des tensions.
Témoignages
<B>Ce qu?ils feront en 2008
Sashi Shanto, « Chairman » de la MSPCA</B>
« J?aimerais être moins obsédé à faire bouger les choses rapidement et prendre le temps de vivre. Je vis à cent à l?heure avec le travail, et je crois que nous sommes tous dans cette situation. Mais ce serait bien que je puisse ralentir et m?organiser pour concilier travail, vie familiale et sociale. J?ai une fille de neuf mois, Shanya, et j?aimerais pouvoir m?occuper d?elle. Après tout, la famille c?est la base de l?existence, et il faudrait retourner aux sources et ne pas négliger cela, sinon on se perd. Je crois que réussir sa vie professionnelle ne rime pas avec défaite de sa vie personnelle. Il faut juste chercher le moyen de les concilier. »
Nanda Pavaday,
« Managing & Creative Director » d?Amadeus</B>
« Je pense souvent à quelque chose qui pourrait changer la société. Je réalise qu?on est toujours à la recherche de victoires personnelles. On se valorise, mais on ne fait pas attention aux autres. Je pense qu?on vivrait mieux si on faisait en sorte que toutes les personnes qu?on rencontre se sentent spéciales. Prendre le temps d?aller vers les autres, de les écouter, make sure everyone is fine, c?est comme ça que je veux continuer à être dans mes rapports avec les autres. Quand les gens ont confiance en vous, vous pouvez vous surpasser. Quand on vous fait vous sentir médiocre, ça peut gâcher beaucoup de choses. »
<B>Gilberte Marimootoo-Natchoo, artiste-peintre</B>
« Ce qui se passe depuis un moment, c?est qu?on se renferme sur soi. On cherche no-tre bonheur et on n?est pas ouvert aux autres. On ne s?arrête pas une minute pour lever le petit doigt quand on voit l?autre en difficulté. J?aimerais qu?on soit plus solidaire avec les grandes causes qui touchent la so-ciété, qu?on ne s?arrête pas à ?ah, t?as entendu ce qui s?est passé avec telle personne ??. Je voudrais qu?on cesse de regarder notre nombril et qu?on se rende compte que même individuellement, on peut changer les choses et retrouver la sérénité d?antan. »
Corina Julie, en collaboration avec la psychothérapeute Trishla DHUNNOO.
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