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Nouveaux pôles Technologiques
Maurice prône un nouveau modèle de croissance tirée principalement par l’exportation des services à valeur ajoutée. Les activités de business process outsourcing (BPO) correspondent parfaitement à cette attente. Depuis quelques années déjà, le gouvernement mobilise les ressources pour en faire un pôle de développement majeur.
Le BPO demeure une terminologie fourre-tout. Une meilleure identification des activités couvertes par le phénomène de l’externalisation s’avère nécessaire. Décrire les opérations en tant qu’activités bas de gamme ou up market n’a pas de sens et prête à confusion. Les différentes activités n’ont pas de dénominateur commun et ne peuvent se prêter à des comparaisons crédibles.
Dans la mesure où la sous-traitance des opérations financières n’a rien à voir avec l’externalisation des activités de recherche et de développement vers des laboratoires industriels outre-mer, une segmentation claire et effective a toute sa pertinence. Chaque activité est un pôle industriel en soi. Il faut d’abord donner des noms distincts aux opérations différentes. Maurice doit par la suite évaluer ses forces et faiblesses dans chacun des segments et concevoir une stratégie d’exploitation nationale en conséquence.
Les divers candidats à la sous-traitance ont néanmoins un conducteur commun : les technologies de l’information et des communications (Tic). La technologie, et la nécessité des entreprises de maintenir leur compétitivité, auront toujours raison des menaces politiques visant à limiter le déplacement des emplois à col blanc vers les pays en développement. Il s’agit là d’un phénomène irréversible. Mais les prestataires doivent exceller sur le plan de l’infrastructure et sur la qualité des services, tout en demeurant compétitifs sur les coûts.
Les centres offshore qui veulent avoir une part du gâteau, à l’instar de Maurice, ne peuvent tergiverser sur ces critères. Le triangle technologique d’Ebène se met en place. Mais il faut bien se dire que les facilités telles que les parcs informatiques, aussi performantes soit-elles, ne sont pas nécessairement des arguments de vente aux yeux des clients européens ou américains. La présence de telles infrastructures est davantage une assumption pour ceux qui cherchent à délocaliser certaines de leurs opérations.
Le pays a donc du pain sur la planche même si les différents maillons de la stratégie nationale sur les Tic prennent forme. Maurice doit impérativement accélérer le développement des ressources humaines que nécessiteront les IT-enabled services (ITES). Dans certains cas, tels les services financiers, le pays dispose déjà des compétences grâce à son pool de professionnels en comptabilité, par exemple. Il ne suffit que d’une formation minimale pour basculer cette main-d’œuvre vers les différents créneaux de la sous-traitance.
L’ouverture programmée des services de légistes aux cabinets étrangers devrait proposer des perspectives similaires à la profession légale. Maurice dispose aussi des forces vitales susceptibles d’intéresser toute une palette d’activités relevant du customer relations management.
Dans beaucoup de cas, le pays dispose des compétences qu’il faut pour devenir un centre de délocalisation. L’effort national n’est donc pas très coûteux tant sur le plan financier qu’en termes de temps.
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