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Nouveau départ ?

21 septembre 2006, 00:00

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Un nouveau pas a été franchi pour tenter de sortir le badminton mauricien de l’ornière. L’équipe dirigeante menée par Ravin Sandrasagren, avec le soutien du représentant de la Fédération internationale de badminton (FIB), Raj Gaya, a réuni, dimanche, les partenaires et adeptes du badminton pour un “brainstorming”. Un exercice qui avait duré plus de cinq heures et qui a débouché sur la mise sur pied de différentes commissions, composées de gens extérieurs, et d’un “Implementation committee” pour veiller à ce que les décisions arrêtées soient mises en application.

Cette démarche, très louable, et surtout très courageuse, devrait aider à relancer la discipline qui, pendant de longues années, a été l’otage de quelques dirigeants, assoiffés de pouvoir et qui utilisaient le sport pour satisfaire leurs intérêts personnels. Cela au détriment de la discipline et des athlètes. Nous voulons bien croire dans la bonne foi de l’actuel comité directeur pour tenter de sauver le badminton, mais les événements du passé nous hantent toujours. Trop de mal a été fait à cette discipline, qui avait fait la fierté du pays tant sur le plan régional que continental, dans les années 90.

Le sérieux de certains dirigeants dévoués et le travail de fourmi abattu par ces derniers pour construire une image positive à la fois aux yeux du public et à ceux des autorités avaient, en effet, commencé à porter leurs fruits avec l’émergence d’une nouvelle génération de champions, à l’instar de Martine Hennequin, Amrita Sawaram, Eddy Clarisse, Abeenesh Dussain, Denis Constantin et Stéphane Beeharry entre autres. Malheureusement, le succès, qui a été la proie d’un sortilège malfaisant, n’a été que de courte durée. Il a suffi de quelques dirigeants mal intentionnés, trop préoccupés par les voyages ou à défendre leurs intérêts personnels et ceux de leurs progénitures, pour que le château s’écroule.

Le passage des représentants de la FIB en 2004 pour tenter de redresser la situation avait été accueilli comme une bouffée d’air frais. Et le bon travail accompli par le comité intérimaire, durant son court passage à la tête de la fédération, nous avait redonné espoir.

Mais, nous avons été, une fois de plus, déçus. Le nouveau comité directeur présidé par Ravin Sandrasagren devait accumuler gaffes sur gaffes. Il y a eu tout d’abord le litige entre les joueurs et l’ancien entraîneur de la sélection nationale, Annirao Dajee. Dépassés par les événements, les dirigeants de l’Association mauricienne de badminton (AMB) avaient fini par céder à la pression des joueurs en acceptant la démission de l’entraîneur.

Il y a eu ensuite le cas de Shama Aboobakar. Condamnée pour acte d’indiscipline par la fédération qui avait décidé de l’exclure de la sélection retenue pour les Jeux du Commonwealth, elle avait réussi, par l’entremise d’une cour de justice, à renverser la décision fédérale. Non pas parce que Shama Aboobakar avait raison, mais tout simplement parce que la fédération avait mal géré ce dossier.

Par ailleurs, l’AMB s’est montrée peu crédible en nommant trois entraîneurs pour un stage de haut niveau d’une durée d’un mois en Chine. Les trois personnes choisies étaient toutes âgées de plus de 50 ans. Pis, l’AMB avait favorisé le déplacement de deux ses membres, à savoir P. Sungeelee et Mardeven Yagumbrum. Et comme il fallait s’y attendre, le choix de la fédération a été rejeté par le ministre des Sports, Sylvio Tang.

L’amendement apporté à la clause 7 (18) des “rules and regulations” de la fédération, qui interdisait à un entraîneur ou un arbitre d’assumer des postes clés au sein du comité directeur, ne fait pas honneur aux dirigeants de cette fédération non plus. Cette clause introduite par le comité ad hoc sur recommandation de la fédération internationale a été biffée, dans l’intérêt de certains membres de l’instance locale.

L’AMB a, certes, tenté de se racheter en organisant un “brainstorming”, mais il ne suffit pas de nommer des commissions pour trouver des solutions aux problèmes qui ont contribué à la chute du badminton. Il faut également s’assurer que leurs recommandations soient mises en application. Les dirigeants de l’instance fédérale devront aussi faire un effort pour soigner leur image et, ainsi, regagner la confiance des autorités, car, sans l’apport de ces dernières, ils ne pourront faire avancer le badminton dans la bonne direction.

Faisons tout de même confiance à l’équipe de Ravin Sandrasagren en lui offrant une occasion de prouver sa bonne foi !

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