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?Nous voulons participer à la renaissance de l?Afrique?

1 juin 2004, 20:00

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? Décrivez-nous la présence de KPMG en Afrique ?

KPMG est un réseau global de services professionnels opérant dans 150 pays et employant plus de 100 000 personnes. La structure globale est divisée en trois régions géographiques. KPMG Afrique, qui emploie au total quelque 14 000 personnes, comprend cinq clusters répartis selon une logique de région. Le cabinet mauricien fait partie du Southern African Cluster, qui regroupe également l?Afrique du Sud, la Namibie, le Swaziland et le Botswana.

Ce cluster a pour but d?opérer selon des méthodologies, des procédures et des politiques communes. KPMG Afrique du Sud est un cabinet qui dispose d?un vaste réservoir de compétences diversifiées à laquelle le cabinet mauricien peut avoir recours. L?étude sud-africaine assiste son homologue mauricien en terme de formation, d?échanges d?expertise et de rotation de personnel. Le transfert de connaissances se fait également au moyen des projets conjoints.

Maurice peut tirer beaucoup de bénéfices à travers ces échanges. Cela permettra au cabinet local d?améliorer ses services à ses clients, tant à Maurice qu?à l?étranger. Plusieurs clients en Afrique du Sud ont des intérêts dans cette région. La présence de KPMG à Maurice inspire confiance à ces entreprises. Cela est conforme à notre mission de servir nos clients, où qu'ils soient.

Toujours est-il que la notion de cluster n?est qu?une première étape. Notre but ultime est d?opérer sur une seule et unique grande région africaine. Nous voulons participer à la renaissance de l?Afrique.

? Dans quelle mesure un cabinet du type KPMG peut aider au transfert de capitaux, de technologies et de connaissances vers l?Afrique ?

D?une manière générale, nous aidons à travers nos activités de conseil et d?audit financier. Mais plus spécifiquement, nous aidons les grandes agences internationales dans le déboursement et le contrôle des fonds qu?elles mettent à la disposition des pays africains pour leur développement. Il y a le NEPAD, par exemple.

Les institutions internationales, telles que la Banque mondiale et le Fonds monétaire international, trouvent un certain confort dans notre présence au sein des pays bénéficiaires de fonds. Très souvent, elles nous sollicitent pour veiller que les ressources qu?elles mettent à la disposition des pays soient bien canalisées et bien utilisées. Nous gardons aussi un ?il sur la réalisation des projets qui bénéficient de ces financements.

Nous jouons aussi un rôle important à travers nos activités d?audit des banques en Afrique. Nous en faisons beaucoup sur le continent. Cela nous permet de veiller au mouvement des fonds entre les déposants et les investisseurs.

? Les études de KPMG d?Afrique, du Moyen orient et d?Asie du sud est se sont réunies à Maurice pour parler de la stratégie IT. Quel en est le but ?

KPMG tient ces jours-ci son forum annuel régional de IT à Maurice. C?est la 7e réunion de ce genre que nous organisons pour la région africaine. C?est la deuxième fois que les cabinets du Moyen orient et du Sud est asiatique se joignent à KPMG Afrique pour une telle rencontre. Notre but est de réfléchir et de partager les idées sur les défis en technologie informatique auquel nous faisons face.

Nous sommes en train de voir dans quelle mesure nous pourrions développer une stratégie IT cohérente entre les différentes études. Nous devons répondre à des exigences de la part des régulateurs. Une infrastructure d?information fragmentée ne nous permet pas, en tant qu?entité globale, d?échanger les données comme il le faut, et ainsi d?opérer selon les normes internationales requises.

Il y a donc un réel danger de non-conformité aux règles si nous continuons avec la stratégie IT en cours.

? Quels sont ces dangers ?

Nous avons des clients qui opèrent sur le plan global. KPMG Afrique veut créer l?encadrement nécessaire pour un meilleur échange d?information entre les différents cabinets sur les différentes opérations de ce type de clients. Une meilleure visibilité de ces entreprises permettra des comptes consolidés plus fiables.

Il y a eu, ces dernières années, les scandales d'Enron et de Parmalat. Ces multinationales avaient des opérations offshore à travers des Special Purpose Vehicle (SPV) et qu?elles parvenaient à ne pas afficher sur leurs bilans financiers. Elles utilisaient les services de différents auditeurs qui n?arrivaient pas à s?échanger les informations nécessaires, d?où les possibilités de camouflages.

L?objectif de mettre en place des systèmes d?information cohérents est justement d?éviter ce type de problème. Nous devons avoir un meilleur contrôle sur l?information.

Il nous faut avoir plus de données sous notre regard. Il nous faut avoir un vrai système global pour pouvoir répondre à nos besoins en information sur des clients globaux. Les régulateurs sont en train de nous pousser dans cette direction.

Il est très important d?avoir un langage et un système d?exploitation communs.

? Mettre en place une plate-forme technologique commune comporte des inconvénients?

Plus qu?une plate-forme IT commune, c?est toute une culture commune que nous souhaitons dégager. Mais, en même temps, nous comprenons que ce n?est guère aussi facile que cela. Il y a plusieurs autres facteurs qui entrent en jeu.

D?abord, le niveau des télécommunications n?est pas le même dans les différents pays concernés. Il y a déjà eu aussi des investissements massifs dans les systèmes informatiques existants. Il n?est pas toujours très facile de changer.

Propos recueillis par Akilesh ROOPUN

?Nous aidons les grandes agences internationales dans le déboursement et le contrôle des fonds qu?elles mettent à la disposition des pays africains pour leur développement.?

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