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Nous sommes tous des pollueurs
par Bernard SAMINADEN
La pollution ne touche pas seulement l?industrie ou le commerce. Le secteur domestique est également concerné. Nous sommes tous des pollueurs, parfois sans le savoir. La dégradation de l?environnement est maîtrisée à un niveau acceptable mais constitue toujours un problème face auquel Maurice n?est pas suffisamment armée.
La liste des problèmes s?allonge : manque d?équipements pour détecter les sources et le taux de pollution, lois devenues vétustes avec le développement de divers types de commerces et d?industries, odeurs incommodantes? Il n?existe pas d?odomètre, appareil qui sert à mesurer l?odeur. Le ministère de l?Environnement prépare donc des règlements plus sévères pour pallier ces manquements.
Autre souci à anticiper : les quartiers résidentiels devront cohabiter avec des petites et moyennes entreprises qui vont s?installer non loin. «Maurice n?a pas beaucoup d?espace et certaines de ces entreprises vont polluer et créer des problèmes», prévient un technicien de l?Environnement.
D?après ce ministère, au moins 200 000 Mauriciens possèdent des réfrigérateurs qui ne sont pas conformes aux normes environnementales. Ce sont de véritables nuisances car ils contiennent toujours le gaz CFC (Chloro Fluoro Carbon), danger pour la couche d?ozone, dont la dégradation influe sur le changement climatique. D?autres réfrigérateurs moins vieux sont aussi une menace car ils contiennent l?Hydrogen Fluoro Carbon, polluant quand il y a fuite. Depuis 1994, ces réfrigérateurs sont interdits de vente. Mais on ne peut rien faire contre ceux achetés avant.
Seuls les réfrigérateurs de la nouvelle génération utilisant de l?isobutane ou le butane sont conformes. Ils permettent d?économiser 25 % d?électricité, précise un technicien du ministère.
Autre source de pollution : les véhicules diesel. Ils représentent presque la moitié du parc, soit plus de 150 000 voitures, autobus, camions, vans.
Ces véhicules émettent des fumées contenant un taux assez élevé de dioxyde de soufre. Le ministère de l?Environnement veut importer un diesel moins polluant avec seulement 0,05 mg de dioxyde de soufre pour chaque litre de diesel contre 0,25 mg par litre actuellement.
Au niveau industriel et commercial, deux problèmes sont toujours d?actualité : les odeurs qui incommodent le voisinage ; Alcodis à Rose-Belle et Fish Meal à Riche-Terre. S?ajoute la fumée de soufre émanant de la centrale du Central Electricity Board (CEB) à Fort George. Mais la pollution ne se produit que 15 fois par an, en fonction du vent.
A Valentina, Ph?nix, le problème de pollution est toujours réel en raison des usines implantées et qui utilisent l?huile lourde, comme au CEB. Pour les techniciens de l?Environnement, l?idéal serait d?utiliser du diesel, «moins polluant que l?huile lourde. Mais le coût de production sera de 10 % plus cher».
Usine «environment friendly»
Il n?y a rien de plus désagréable que des odeurs de poisson ou de poulet cuits. Fish Meal, filiale du groupe IBL, investira Rs 400 millions dans une usine moderne à Riche-Terre, près de Princes Tuna. Philippe Woo, le directeur, reconnaît qu?il y des problèmes d?odeur mais minimise la situation. Il précise que la nouvelle usine contiendra des équipements pour atténuer l?odeur. Cette usine, dont les travaux devraient démarrer à la fin de l?année, fabriquera de la nourriture animale à base de poisson et raffinera l?huile de poisson. Une usine dans le secteur de la production et l?abattage du poulet a également installé des équipements pour atténuer l?odeur. Elle est un exemple.
La fumée se répand dans la capitale
La fumée qui envahit Port-Louis le matin est d?un niveau acceptable selon le ministère de l?Environnement. Mais elle reste plus longtemps. L?«Air Index» permet de démontrer que Port-Louis est sous la fumée polluante de 6 heures à 9 heures. Auparavant, elle y était de 7 heures à 8 h 30. Les après-midi, elle apparaît toujours à partir de 16 heures. Maurice n?a pas encore atteint le niveau des pays comme la France, où les automobilistes ont, sur un tableau électronique, le taux de pollution en ville. Cela permet aussi aux autorités d?interdire l?entrée de véhicules dans la ville pendant un certain moment. Mais ce projet est à l?étude.
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