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Nous privilégions aujourd?hui des actions dans la durée
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Nous privilégions aujourd?hui des actions dans la durée
Mary Jane Caudron, vous accompagnez une délégation espagnole de professionnels du textile actuellement en mission à Maurice. Quel est l?objectif de cette visite ? </B>
Il y a effectivement une vingtaine d?hommes d?affaires représentant quinze entreprises espagnoles de textile qui sont actuellement à Maurice. Durant leur séjour ils rencontreront les dirigeants d?une cinquantaine de sociétés mauriciennes de textile.
Ce sont des sociétés espagnoles qui sont à la recherche de partenaires soit pour la production, soit pour l?approvisionnement. La délégation comprend des acheteurs potentiels et aussi des industriels. L?industrie textile espagnole est la cinquième plus importante d?Europe. C?est la première fois, je pense, que Maurice accueille une aussi importante délégation espagnole dans le domaine du textile.
Le Centre pour le développement de l?entreprise (CDE) a des antennes dans les pays ACP ? à Maurice notre antenne, c?est la Chambre de commerce et de d?industrie ? et aussi un réseau européen d?institutions du secteur privé. Nous sommes en contact permanent pour, entre autres, programmer des missions et des prospections. C?est à la demande de l?industrie textile espagnole que nous avons donc organisé cette mission.
L?organisation de ce type de mission est l?une des principales activités du CDE. Notre but est de favoriser la rencontre entre des partenaires industriels potentiels pour la production et l?importation. Nous réunissons autour d?une table les opérateurs et les services gouvernementaux concernés et nous discutons de thèmes qui intéressent les professionnels d?un secteur.
Nous intervenons dans tous les domaines : l?industrie manufacturière, le tourisme, les services, les nouvelles technologies ou encore l?agroalimentaire.
Je reviens de Madagascar où nous avions organisé une rencontre de professionnels de la pêche à Diégo-Suarez. Une soixantaine de personnes y ont participé. Il y avait les pêcheurs, les spécialistes de la transformation, les importateurs d?Europe et d?Afrique du Sud et les opérateurs de la région océan Indien, Maurice inclus.
Cette approche semble découler des changements intervenus depuis que le Centre pour développement industriel (CDI) est devenu le CDE en 2000?</B>
Il y a effectivement eu quelques changements. Auparavant, le CDI, comme son nom l?indique, ne pouvait intervenir que dans le domaine industriel. Aujourd?hui le CDE apporte son aide dans tous les types d?entreprises. Avec notre mandat élargi, nous pouvons intervenir aussi dans le secteur des services, du tourisme et de la nouvelle technologie, par exemple.
La deuxième grande différence est qu?auparavant le CDI intervenait dans des entreprises individuelles. Mais maintenant que le secteur privé s?est développé et a pris tant d?importance dans les pays ACP, nous ne pouvons plus faire uniquement des interventions taillées sur mesure dans des entreprises individuellement.
Nous privilégions des actions groupées telles que cette rencontre sur la pêche à Madagascar ou l?arrivée de cette délégation espagnole à Maurice. Ceci dit, nous n?excluons pas totalement les interventions individuelles. Si après des actions groupées il y a un suivi à faire, une aide à apporter à une entreprise pour concrétiser un projet découlant de ces rencontres, nous le ferons. Mais nous aiderons plus volontiers un groupement d?entreprises.
<B>Est-ce que l?intervention individuelle dans des entreprises n?est pas plus efficace que les tirs groupés ?</B>
Nous privilégions les interventions groupées mais, je le répète, nous sommes aussi disposés à aider les entreprises individuellement. Si elles ont besoin d?une aide plus ciblée elles peuvent toujours nous approcher. Nous continuons à être en contact avec les entreprises.
Nous préférons une assistance dans la durée aux interventions uniques et ponctuelles. Il y a des sociétés où nous sommes intervenus plus d?une fois, voire jusqu?à quatre fois, et nous avons pu suivre et constater les progrès réalisés grâce à notre aide.
Le CDE prévoit d?accorder 80 % de ses ressources aux interventions groupées et le reste aux interventions individuelles ?</B>
C?est le ratio établi mais il est flexible. Il y a les activités régionales et sectorielles et aussi les activités sectorielles par pays. Les interventions individuelles ne sont pas exclues.
De quel budget dispose le CDE ? </B>
En propre, nous avons une enveloppe de 10 millions d?euros pour l?ensemble des ACP, ce qui n?est pas énorme. Nous arrivons aussi à lever quelque 10 millions d?euros des institutions avec lesquelles et pour lesquelles nous organisons des actions qui sont co-financées.
Pouvez-vous nous parler du nouveau programme ?Proinvest? ? </B>
C?est un programme de promotion des investissements créé par la commission européenne. Il bénéficie d?un budget de 110 millions d?euros sur sept ans. Le programme est géré par le CDE mais selon les procédures bien établies de la commission.
Proinvest n?est pas destiné aux entreprises individuelles mais aux institutions du secteur privé telles que les chambres de commerce, les associations patronales ou les groupements professionnels.
Mais il n?est pas exclu que des entreprises bénéficient individuellement et indirectement des programmes mis en place par Proinvest pour et avec les institutions intermédiaires du secteur privé. L?objectif de Proinvest est d?aider, entre autres, au développement, à l?amélioration de la productivité, des produits et à la recherche de nouveaux marchés.
Quels sont les types d?aide les plus recherchés par les entreprises mauriciennes ? </B>
C?est surtout la formation qui est la plus demandée. L?amélioration de la productivité, l?aide à la gestion, l?introduction de systèmes de gestion informatique, la participation aux foires et salons en Europe et l?aide à la réhabilitation d?unités de production sont parmi les autres types d?aide recherchés.
Y a-t-il une évolution dans le type d?assistance sollicitée ?</B>
Oui, bien sûr. Nous constatons une évolution des secteurs traditionnels vers les nouvelles technologies. Nous observons qu?en dix ans le type de formation demandée est de plus en plus sophistiqué. La formation de base est maintenant assurée par des institutions locales telles que le Clothing Technology Centre (CTC). Les entreprises se tournent vers nous pour des formations plus spécialisées. Les métiers se professionnalisent de plus en plus.
Nous constatons que le CDE aide surtout les petites et moyennes entreprises. Est-ce délibéré ? </B>
Oui. Nous aidons les entreprises qui ont un capital de départ ne dépassant pas 80 000 euros ou qui brassent un chiffre d?affaires n?excédant pas 50 000 euros.
Mais nous sommes aussi amenés à aider de grandes entreprises quand elles sont dans un secteur de concentration pour un pays ou pour une région. On peut aussi aider une grande entreprise si elle est reconnue comme étant une locomotive dans un secteur porteur pour le pays. A Maurice, nous avons aidé de grandes entreprises de textile et aussi des grands groupes qui sont un peu la vitrine du pays. Ce sont des entreprises qui projettent l?image et la crédibilité de Maurice à l?étranger.
Pour vous qui connaissez bien Maurice pour y avoir mené de nombreuses missions, quelles devraient être les priorités du moment ? </B>
Les maîtres mots devraient être l?expansion et la diversification. Il faut développer de nouveaux produits pour mieux s?adapter à la demande du marché.
Dans le secteur textile, par exemple, cela fait dix ans déjà que l?EPZDA exhorte les industriels à miser sur la créativité et à développer leur propre design. Maurice ne peut se contenter d?être un façonnier pour les donneurs d?ordre. L?EPZDA que dirigeait alors Nikhil Treeboohun avait bien senti ce besoin alors que l?industrie était en expansion. J?ai l?impression que les entreprises ont été lentes à comprendre et à accepter ce message. Il est encore plus d?actualité aujourd?hui. Il faut monter en gamme, sinon vous risquez de vous faire écraser.
Maurice doit demeurer un centre d?excellence. La confection est l?industrie la plus facile à délocaliser. Aujourd?hui vous êtes à Maurice et la semaine prochaine vous pouvez opérer au Vietnam ou au Cambodge. Mais le centre nerveux, lui, doit rester à Maurice. Quand le CDE a eu besoin de spécialistes du textile pour des interventions à Madagascar, il les a trouvés à Maurice. C?est cela qu?il faut conserver. Parallèlement, Maurice doit développer de nouveaux produits. Je suis surpris qu?après toutes ces années, les entreprises ne travaillent pratiquement qu?avec de la laine et du coton. Il faut aussi utiliser d?autres fibres savoir les mélanger, être créatif.
Pour travailler avec d?autres fibres il faut un savoir-faire plus pointu?</B>
S?il y a une demande groupée de la part d?une organisation qui représente la profession, vous pouvez solliciter l?aide de Proinvest pour acquérir ce savoir.
?Dans le textile, par exemple, cela fait dix ans que l?EPZDA exhorte les industriels à miser sur la créativité et à développer leur propre design. (...) J?ai l?impression que les entreprises ont été lentes à comprendre ce message.?
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