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?Nous allons mettre de l?ordre dans les terres de l?État?

11 août 2003, 20:00

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L?Etat a pris du retard dans la construction de logements. Un millier de maisons étaient prévues par an. Or, après trois ans, moins de 1 500 sont en chantier ?

Effectivement, nous avons pris du retard. Le travail en amont ? choix des sites en fonction de la demande ? et l?exercice d?appel d?offres prennent du temps. Comme nous voulons assurer un développement harmonieux, nous ne pouvons construire de maisons sans planification rigoureuse. La proximité d?infrastructures importantes (écoles, transport, centre médical), est aussi un facteur déterminant. Le choix et l?acquisition des sites deviennent donc un exercice périlleux.

C?est d?ailleurs le choix d?un site qui a provoqué une tension, il y a un mois, à La Gaulette ?

Nous avons eu à gérer un problème délicat à cause d?un mauvais jugement de la National Housing Development Company (NHDC). Cet organisme a choisi de construire à proximité d?un temple. Le problème était réel. C?est pourquoi le projet a été gelé à La Gaulette pour être transféré à Case-Noyale. Ce qui en retardera la livraison.

Combien de maisons avez-vous construit ? L?objectif des 5 000 maisons en fin de mandat sera-t-il atteint ?

Nous sommes confiants que nous tiendrons notre promesse. Le projet de low-cost housing, un toit pour chaque Mauricien ne sera pas un vain slogan à la fin de notre mandat. Près de 514 unités seront bientôt livrées. D?ici la fin de l?année, un autre lot de 569 maisons sera prêt. Total : 1 083 unités pour 2002-2003. En 2001-2002, nous avons livré 60 unités à Richelieu.

Pour rattraper le retard accumulé, nous prévoyons la livraison de 1 500 logements en 2003?2004; 1 500 en 2004-2005 et enfin 1 000 unités en 2005 ?2006. Ce qui fera 5 143 maisons construites d?ici la fin de notre mandat.

Le logement social a ses revers. La NHDC a soumis au gouvernement un rapport sur le non-paiement des loyers pour cause de perte d?emplois, ennuis de santé, décès d?un conjoint. Quelle suite a été donnée à ce document ?

Nous avons franchi une première étape pour les femmes divorcées. Celles-ci étaient contraintes de payer tous les frais d?enregistrement comme un ?first time buyer? si elles choisissent d?acheter un terrain ou une maison. Nous avons aboli cette condition. Quant aux autres cas, le dossier est à l?étude dans des comités de logement, présidés par le vice-Premier ministre. Nous réfléchissons sur l?intervention possible du ministère de la Sécurité sociale dans ces cas-là. Mais il faut vraiment que ce soit des ?real hardship cases?. Une des options étudiées par la NHDC est le rééchelonnement du prêt.

Au sujet de ces cas sensibles, l?Etat avait décidé de reloger les habitants de Caro Calyptis et autres régions, où ils vivent dans des conditions très déplorables?

Les habitants de Caro Calyptis, de la cité Enfants-La-Rivière, des Dockers? Flats et certains réfugiés du dernier cyclone, seront relogés au Dockers? Village. La dernière réunion que j?ai eue sur ce projet indique que les travaux avancent à un rythme satisfaisant. Ils seront achevés en mars 2004. D?ici la mi-2004, ces habitants seront relogés.

?Un audit des terres de l?Etat louées à bail sera soumis dans cinq mois. Le contrat de ceux qui n?ont pu réaliser leur projet sera résilié.?

La NHDC doit aussi affronter des propriétaires qui jouent aux récalcitrants. N?est-il pas temps d?envoyer un signal fort à ces gens qui ont décidé de pas s?acquitter de leurs dettes ?

Nous avons déjà pris des mesures. A Richelieu, quelques maisons livrées l?an dernier ont été saisies et vendues à la barre. Nous passerons à l?action car ce n?est pas une poignée d?individus qui remettront en cause la stratégie de logement social. C?est aussi très injuste que certains se sacrifient alors d?autres ne paient pas.

Le gouvernement a signifié son intention ne plus tolérer les squatters. Quelles actions sont prises contre les nouveaux squatters ?

Tous les jeudis, mes officiers et ceux de la police font des inspections. Les derniers rapports ne signalent que des cas isolés. La tendance est à la baisse après les différentes mises en garde. Le gouvernement prend des actions et nous ne serons pas complaisants envers les nouveaux squatters.

Le problème des structures religieuses sur les plages reste entier. Après la polémique autour d?un temple à Grand-Baie, il a été question d?un audit de votre ministère pour y mettre de l?ordre?

Nous avons finalisé cet audit dont les conclusions ont été transmises à la Beach Authority pour un suivi. A partir de là, nous attendons que cette autorité prenne des mesures là où il faut. Dans certains cas, des organisations religieuses ont choisi d?ôter les structures sans grande résistance. C?est un dossier sensible. Nous devons le gérer avec beaucoup de dextérité.

Les conditions d?octroi des morcellements de l?Etat n?ont pas séduit ?

Les conditions ne semblaient pas attrayantes pour ceux concernés par le projet. Nous finalisons le dossier pour en assouplir les conditions. Le Conseil des ministres sera très bientôt appelé à trancher. Les changements porteront essentiellement sur le paiement du bail et les frais d?enregistrement. Le comité logement, présidé par Paul Bérenger, a proposé un bail annuel de Rs 3 000 au lieu de Rs 4 000. Il a aussi recommandé que les frais d?enregistrement de Rs 30 000, prévus initialement soient abolis.

Les recommandations de l?ex-juge Proag sur le fonctionnement des syndics dorment dans un tiroir. Pourquoi ?

Nous avons rejeté une partie du rapport. Selon les habitants des appartements et les syndics, cette partie du document n?est pas applicable. D?où le comité institué et que je préside pour voir comment mettre en pratique l?autre partie du rapport. Il est faux de dire que toutes les recommandations ne sont pas valables. Nous agirons vite avec ce dossier. D?ailleurs, nous avons déjà tenu un important atelier de travail à ce sujet.

L?octroi des terrains à bail, les procédures de conversion des terres, d?octroi des permis restent un véritable casse-tête. Vous aviez promis depuis huit mois des changements?

Nous procédons par étape mais vous conviendrez qu?un changement d?une telle envergure prendra du temps. Comme les procédures sont longues et lourdes, il y a souvent été question d?irrégularités. Désormais, le public n?aura plus directement accès aux fonctionnaires. S?il souhaite une rencontre, il devra déposer une requête auprès de la nouvelle Public Relations Unit du ministère. Tout visiteur du ministère des Terres et du Logement devra obligatoirement avoir un laissez-passer (pass).

En revanche les investisseurs sont souvent découragés du délai exigé pour obtenir un ?Morcellement Permit??

Nous travaillerons désormais dans des délais stricts. Pour ce faire, nous étudions les amendements à apporter à diverses lois, dont le Town and Country Planning Act, le Morcellement Act. Notre objectif: instituer un organe central pour la délivrance de ces permis et assouplir les procédures. Entre-temps, nous réfléchissons à l?institution d?un comité, comprenant des membres du secteur privé et le public, pour se pencher sur le développement et les besoins futurs du pays.

Les terres à bail, c?est avant tout le privilège des agents politiques?.

Il y a en effet un désordre à ce niveau. Nous commençons à y mettre bon ordre, compte tenu des cadeaux octroyés sous l?ancien régime. Nous avons recruté, M. Ramasawmy, un ancien arpenteur-géomètre (surveyor) au ministère, pour un audit de toutes les terres de l?Etat. Nous résilierons les contrats si nécessaire. Comme la majorité des baux prennent fin en 2020, nous devrons définir une nouvelle stratégie. Attendons les conclusions de l?audit dans cinq mois?

Propos recueillis par Jane LUTCHMAYA

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