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NHDC : de plus en plus de mensualités impayées
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NHDC : de plus en plus de mensualités impayées
La National Housing Development Company (NHDC) se retrouve dans une situation difficile : certains de ses résidents ne payent plus leurs mensualités. Ils sont environ 1 200 actuellement, soit 10 % des 10 000 résidents. Les arriérés, qui s?élevaient à Rs 30 millions, il y a trois mois, atteignent actuellement Rs 50 millions.
Le président de cet organisme, Ashutosh Gunput, affirme que des mesures sont prises pour contrecarrer ce problème. Pas de compromis, dit-il, pour les mauvais payeurs qui ne sont pas des ?genuine cases?. L?ordre d?éviction, qui reste une mesure de dernier recours, sera appliqué à ceux qui jouent les mauvais payeurs alors que rien ne justifie cet arrêt de paiement. Toutefois, la situation est encore ?gérable?, rassure-t-il.
L?annonce du Premier ministre, Navin Ramgoolam, demandant à la NHDC de geler les procédures d?éviction pour les habitants qui n?ont pu s?acquitter de leurs dettes, y est pour quelque chose. Cette suspension ne devrait cependant durer que le temps de trouver une solution au problème de la vente à la barre. Navin Ramgoolam avait fait cette déclaration lors d?une rencontre avec les défenseurs des victimes de la vente à la barre le 31 août. Les conséquences s?en font sentir aujourd?hui.
?C?est surtout après cette annonce que les habitants, qui sont par ailleurs de bons payeurs, ont profité de la situation. Ils ont tort, mais ce malentendu risque de les mettre dans des situations très compromettantes. De ce que je sais de la situation, les abus sont inévitables. Ils ont l?impression qu?ils ne seront pas poursuivis et encore moins mis à la porte?, analyse Paul, travailleur social et habitant d?un des appartements de la NHDC.
<B>Tendance au non-paiement</B>
Au sein de cet organisme également, on concède que cette annonce a eu effectivement pour effet d?accentuer les arriérés de la NHDC. Le paiement mensuel se situe en moyenne de Rs 800 à Rs 1 300. ?Il est clair que certaines personnes allaient profiter de cette situation. Ayant compris qu?il y a une souplesse ? alors que ce n?est pas vraiment le cas ? ils vont abuser. Les premiers signes sont là?, déclare un des cadres.
La NHDC a déjà remarqué cette tendance au non-paiement depuis quelques mois. Chaque mois, les arriérés augmentent de Rs 1 à Rs 1, 5 million. En novembre, la situation s?est aggravée. Or, affirme l?ancien président des syndics des appartements de la NHDC, ?le gouvernement n?a pas évoqué qu?il sera question de write-off mais de gel de procédures en attendant d?introduire d?autres mesures.?
Devant cet état de choses, la direction de la NHDC a demandé à des équipes de se rendre sur le terrain pour évaluer les problèmes financiers des résidents. ?Nous avons adopté une approche plus humaine que les lettres que l?on envoie habituellement, en essayant de comprendre leurs difficultés et d?arriver à des solutions avec eux. Nous constatons que nos messages commencent à avoir des effets?, soutient le président de la NHDC. D?autant, dit-il, que la mesure annoncée était calquée sur une base de mérite et ne peut être appliquée à tort et à travers. D?ailleurs, cette institution a récemment référé une dizaine de cas les plus méritants au Trust Fund for the Integration of Vulnerable Groups. Parmi ceux-ci, le cas d?un père de famille qui a dû se faire amputer et celui d?une vieille dame dont l?époux et le fils sont en prison.
La direction a réagi par crainte que les finances de la NHDC ne se détériorent davantage. D?autant qu?elle doit rembourser ses créanciers qui lui ont avancé de l?argent pour la construction des logements sociaux. Ces dettes, qui étaient jusqu?ici de Rs 2 milliards, sont passées à quelque Rs 1, 3 milliard. La NHDC vient en effet de rembourser un prêt malaisien.
Ces créanciers sont la General Bank de Belgique, le gouvernement chinois, la China Exim Bank, le Credit and Commerce de la Malaisie et le Fonds national de pension à Maurice. En 2002, la NHDC était déficitaire de Rs 70 millions. Mais l?ancienne direction a limité ce déficit à Rs 20 millions.
Un cadre de cette compagnie avance que ?les finances de cet organisme risquent de souffrir énormément si cette tendance s?accentue. Il est important d?assainir la situation tant pour le remboursement de nos dettes que pour le financement de nouveaux projets.?
Ashutosh Gunput pense lui combler une partie de ce manque à gagner à travers la profitabilité qu?il pourra obtenir d?autres projets. Un Public-Private Partnership, qui se discute actuellement, lui donne espoir. Difficile de construire des logements sans financement viable, commente Ashutosh Gunput.
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