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?Ne trahissez pas Bérenger?
Les vrombissements de l?escorte s?intensifient. La circulation au carrefour est bloquée. Priorité au cortège premier ministériel. Les piétons se hissent sur le trottoir pour laisser passer des? cyclistes en pleine course. Enfin, les rutilantes berlines se garent à l?entrée de l?immeuble. Pravind Jugnauth en premier, suivi de Paul Bérenger, y pénètrent, chaque entrée étant suivie de pétarades.
A chacun son heure. Hier matin, au meeting en salle du Mouvement socialiste militant (MSM)-Mouvement militant mauricien (MMM) pour la circonscription n° 12 (Mahébourg-Plaine-Magnien), c?est le leader de l?alliance MSM-MMM qui est encensé. L?animateur est Anil Gayan, chef de file au n° 12, après le départ du principal concerné.
?Est-ce que nous trahirons Paul Bérenger dans ces élections générales ? Je lui dis, Paul, tu mérites ce poste de Premier ministre?, affirme Anil Gayan, devant une assistance attentive de quelque 700 personnes. Il ajoute : ?Nous ne faisons aucune discrimination. On se doit de respecter les personnes ayant les aptitudes et les compétences. Paul Bérenger dispose de ces qualités. Nous, au sein du MSM, nous lui faisons entièrement confiance.?
Après un bref récapitulatif des chefs du gouvernement de 1968 à ce jour, Anil Gayan rappelle à ses mandants que c?est la ?première fois qu?un non-hindou qui est le Premier ministre se représente pour cette investiture en demandant votre confiance?.
En raison de son départ pour Rodrigues, hier, Paul Bérenger, qui intervient d?habitude en dernier, a pris le micro plus tôt. Peu après avoir prêché pour l?unité nationale, le leader adopte un ton plus direct et pertinent : ?On disait qu?à mon accession au poste de Premier ministre, la communauté hindoue souffrirait. Montrez-moi un seul qui a effectivement souffert !?
Une fois de plus, Paul Bérenger a étayé les quatre raisons justifiant une victoire ?aisée? du MSM-MMM aux élections : bilan, équipe, budget et défis. De vastes chantiers mêmes, à commencer par le sucre. ?Si Pravind Jugnauth n?avait pas entamé une réforme, l?industrie sucrière serait morte. Aujourd?hui, avec la baisse du prix du sucre de plus de 40 %, l?industrie est en danger de mort. Non seulement les 30 000 petits planteurs et artisans en souffriront, mais aussi tout le pays.?
Garde du corps armé
Paul Bérenger indique qu?il veille personnellement à ce que les élections générales se ?déroulent de façon exemplaire? et que la police fasse son travail. Il commente les incidents à Ph?nix à la suite desquels le candidat travailliste Jean-François Chaumière a demandé et obtenu un garde du corps armé, ?une première?.
Au sujet de la circonscription n° 12, modulant sa voix à souhait, le leader de l?alliance gouvernementale a jugé que les candidats de l?Alliance sociale, en l?occurrence, Vasant Bunwaree, Richard Duval et Yatin Varma, ne peuvent relever le pari face au trio Anil Gayan, Soudesh Roopun et Eddy Boissézon, de retour après un break de cinq ans.
Le leader travailliste, Navin Ramgoolam, a été de toutes les critiques. Le dernier à prendre la parole, Pravind Jugnauth, leader du MSM, s?est aligné sur les arguments mis en avant par les orateurs précédents. A voir les membres qui partent et qui reviennent, estime Pravind Jugnauth, ?le Parti travailliste ressemble à une boutique?.
Le meeting en salle se termine par une bruyante pétarade. A leur sortie, les partisans foulent une épaisse couche de confettis rouges, vestiges des pétards?
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