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Nawaz Gobindram : de la petite île à la grande
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Nawaz Gobindram : de la petite île à la grande
L’ambassade malgache a récompensé dix entreprises, dont « Rogers International Distribution Services », la compagnie dont il est le directeur des opérations et le directeur général adjoint. Il se fait à son tour ambassadeur de ce pays qu’il qualifie de terre d’opportunités.
Quitter  la petite île pour la grande. Comme pour satisfaire une envie de voir plus grand. Explorer les possibilités, les opportunités.  Nosy iray ahitana zava-tsoa maru i Madagasikara. Traduction : Madagascar est une terre d’opportunités.  Nawaz Gobindram l’a dit dans son discours lors de la soirée récompensant les dix meilleures entreprises ayant investi à Madagascar.
Parmi elles,  Rogers International Distribution Services (Rogers IDS). Nawaz Gobindram en est le directeur général adjoint et le directeur des opérations. Il gère cinq bureaux et 120 employés à Madagascar. Rogers IDS a été récompensée dans le domaine de la logistique. « Le fruit de tous les efforts consentis depuis quinze ans. Surtout dans la formation des employés.»
Ses compétences en gestion et en logistique ne doivent pas être étrangères non plus à ce succès. Il est détenteur d’une maîtrise en informatique appliquée à la gestion d’entreprise  ainsi que d’un Diplôme d’études supérieures spécialisées de l’université des sciences et des technologies de Lille en France. Accompagné de nombreuses années d’expérience dans le métier : Il a été, entre autres, Logistics and Information System Manager  pendant deux ans dans le groupe Lafarge Cement, «le numéro un du ciment» ou encore comme consultant en gestion chez Ares Ingénierie en France.
Malgré son expérience et ses diplômes en métropole, il aura ramé avant de trouver un emploi correspondant à ses diplômes à Maurice. «Quand je suis revenu ici, les gens ne savaient pas trop ce qu’était la logistique. J’ai pas mal galéré.» Alors, il s’est tourné vers d’autres secteurs, parce que «ce n’est pas mon genre de me plaindre.» C’est ainsi qu’il devient le General Manager de Le Palmar Hotel, le Inbound Manager de Cathay Tours, le Marketing Manager d’Island Sports Club Hotel ou encore l’administrateur général de la clinique Medisave… «Le secteur de l’hôtellerie m’a permis d’avoir le contact facile. Le secteur médical m’a apporté beaucoup d’humanisme. Je suis très strict, mais aussi très humain.»
S’il ne s’est pas plaint, il  a quand même une once de regret. «Je réalise qu’il y avait beaucoup plus de potentiel que j’aurais pu exploiter plus tôt si j’étais resté dans mon domaine. Apres huit ans hors de mon secteur d’études, j’ai recommencé à zéro. Ce n’était pas facile. Il m’a fallu du courage.»
Lui a-t-il fallu du courage aussi pour délaisser Maurice pour Madagascar ? A peine. Il prend les choses avec philosophie : «La seule constante dans la vie, c’est le changement. Et puis, Madagascar fait partie de la SADC, du COMESA,  de la COI, tout comme Maurice. Notre avenir est commun. C’était un défi pour moi d’apporter ma pierre à ce pays en plein éveil.»
Il poursuit, enthousiaste, ses adulations à l’égard de la Grande île, un peu comme un vendeur qui essaie de persuader un client peu ardent à l’achat. «L’année prochaine, le pays accueille le sommet de l’Union africaine. En 2010, s’y déroulera le sommet de la francophonie. Le pays est en train de bouger. L’agriculture, le tourisme, les mines… il y a du développement partout. Tout est à faire, surtout en cette période de crise alimentaire. Le pays doit retrouver sa place de grenier de l’Afrique.»
Oui, il veut persuader des entrepreneurs mauriciens à saisir l’opportunité malgache, comme lui l’a fait. Et comme beaucoup d’autres encore l’ont fait. En termes de création d’entreprises pour 2008, les investisseurs mauriciens se classent troisième, derrière la France et la Chine.  Aujourd’hui il y a plus d’une centaine d’entreprises mauriciennes à Madagascar. 
Cela fait un an et demi depuis que Nawaz Gobindram, 40 ans, y est allé. Avec dans ses valises sa petite famille son épouse Shamyma et ses trois garçons de sept, quatre et un an. «Il n’y a pas eu de difficultés d’acclimatation, car notre environnement immédiat ne diffère pas beaucoup de Maurice.»
Il semble s’être amouraché de son pays d’adoption. Tellement que quand vous lui demandez pour combien de temps il compte rester dans la Grande île, il a l’air perdu. Comme si la réponse est tellement évidente qu’il n’a jamais songé à faire travailler ses méninges pour la donner. «Vous savez, j’aime Madagascar. A Maurice, on parle de crise en 2009.  Là-bas, c’est un chantier. Partout, il y a du travail, partout il y a des choses qui sont en train de se faire.»
A part sa carrière malgache, Nawaz Gobindram s’intéresse aussi au social depuis vingt ans. Il a élaboré un dossier complet pour la présentation de l’école Doha Secondary School au fils de L’émir du Qatar. «Ce dossier a été accepté et l’école a vu le jour.» Il  a également travaillé avec l’Eglise anglicane pour une étude sur le dialogue inter-religieux préconisé par les Nations unies. Sa politique : celle de l’ouverture. «C’est indispensable pour que disparaissent la méfiance, les malentendus, les préjugés et qu’enfin naissent le dialogue et la coopération». Depuis un an et demi, on dirait qu’il pratique non seulement l’ouverture entre les religions, mais entre les îles de la région aussi.
 
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