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Natresa en scène

2 avril 2006, 00:00

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Un homme qui s?interroge sur un accident de parcours qui l?a mené en prison et qui n?a plus d?espoir de s?en sortir. Une femme qui s?extasie d?avoir reçu des fleurs de son mari qui l?a frappée la veille mais qui au fil du temps voit ce scénario se répéter. Une autre, qui mal à l?aise dans son mariage avec un « grand palto », finit par se noyer dans la bouteille. Il y a eu de la tendresse, de l?inquiétude, de l?émotion, un peu de rire aussi mais au final beaucoup de réflexions en filigrane. On a entendu des misères, des messages d?espoir, on a vu des expressions sur des visages, des gestes symboliques, on a même eu droit à de la musique, à de la danse, à la poésie, bref à plusieurs arts réunis en un. Tout peut arriver sur une scène surtout un 27 mars quand, dans le monde entier, on célèbre la journée mondiale du théâtre.

Du théâtre tantôt lardé de piques, tantôt porteur de messages? Ceux qui étaient au théâtre Serge Constantin le 27 mars, ont passé un moment de détente certes mais enrichissant surtout. Que le ministère des Arts et de la Culture s?associe à la Natresa pour marquer la journée mondiale du théâtre, l?initiative mérite d?être saluée. L?émoi était au rendez-vous avec le groupe Étoile d?Espérance (groupe de femmes alcooliques) et le centre Lotus (prisonniers de Richelieu) qui sont montés sur scène pour nous plonger dans leur univers qui fait aussi partie de notre vie. Le théâtre, miroir de la société, moyen pour exprimer son mal et pour faire passer des messages?

« Zame mo ti pou pense ki ene zour mo ti pou arive la. Pourtant mo ti ena bocou lide, kine arive moi, ki mone fer avec mo talent? », lance Tipiere lorsqu?il monte sur scène. Heureusement qu?il n?est pas seul, ses autres camarades incarcérés vont l?encourager car on peut se former en prison, apprendre un métier ou un art. « La vie li zoli, manz ar li, mette seriey ar li », insistent les autres. Les résidents du centre Lotus se sont montrés très philosophiques dans cette pièce « Fer to swa ».

Quant au groupe Étoile d?Espérance, il a joué sur plusieurs registres, ce qui a conquis toute la salle. Entre la femme qui se lamente d?être battue et des voix qui lui disent « Tone rode, tone bizin provoke li », jusqu?à la dernière fleur que son mari lui offre lors de ses funérailles, il y a plusieurs leçons à retenir. L?alcoolique qui vit un enfer, qui voit sa famille s?éloigner d?elle, a appris pour sa part qu?elle peut s?en sortir si elle demande de l?aide car « nou boire tout sel mais nou pas gueri tout sel. » Si Je n?ai qu?une philosophie d?Amel se transforme en Nou ti vive dans ene l?enfer par les femmes d?Étoile d?Espérance, c?est l?espoir qui prime en fin de compte. Ces nouveaux talents gagneraient à aller plus loin.

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