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Nas T Blackle « ragga » dans la peau

9 octobre 2004, 20:00

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Mon premier possède une détermination de fer, mon deuxième vit pleinement sa passion et mon tout est un trio qui ne jure que par la musique. Avec son deuxième album, le groupe Nas T Black distille un ragga qui raconte les réalités de la vie.

Telle une muse, la musique aiguillonne, enflamme, fascine. Un jour, elle donne naissance à un rêve d?enfant. Celui d?un petit garçon de Pointe-aux-Sables, Christopher Goolamsing. Entre quelques facéties à trois ans, il entonne des chansons, exécute une danse « robotique » avec ses chaussettes à la main ! « Mo ti touzour kontan lamizik. Kan mo fer lamizik, mo sante, se enn gran plezir ki mo eprouve », confie-t-il.

En 1999, Christopher va enfin au bout d?un rêve qui se résume en trois mots : Nas T Black. Bruno Sophie, Daniel Verloppe, Wesley Jules, Jimmy Retourné, Percy Virahsamy et bien d?autres amis du jeune homme, partageant cette même ferveur, insufflent la vie au groupe.

« Nou ti pe badinn badine ent nou mem. Nou ti bien inspire par RnB. Nou ti kontan sant bann morso Boyz II Men, par exemple, In the Still of the Night et End of the Road a capella lor semin », explique le leader du groupe. Cette année-là, les jeunes se démènent pour les répétitions, mais ils arrivent également à produire leur premier opus. Il s?intitule Désir fou. Et Nas T Black conquiert son public. Succès, concerts à profusion et, malheureusement, débandade. En effet, après quel-ques années, le groupe s?effrite. « Sertin mam inn koumans marie, ek enn bann lezot fin alle deor. Finalement, zot tou finn disperse », confie notre interlocuteur.

Pourtant, cette épreuve ne fait pas fléchir Christopher. Un soir, voilà que son frère cadet commence à pousser la chansonnette. Ennuyé par le bruit, Christopher se lève pour lui parler. Mais il est stupéfait en découvrant le talent caché de Wendy. « Mo ti pe sant enn sante Sean Paul an kreol. Ler Christopher inn ekoute, li dire : Eh, kapav fer kitsoz ar sa ! Li dire moi refer sa enn kout », raconte ce dernier.

Le groupe renaît de ses cendres

Imperturbables, Christopher, alias KC et Wendy, dit Billy G, mettent la main à la pâte. Ils planchent le jour, se réveillent en pleine nuit pour saisir quelques bribes d?une parole ou d?un air qui trotte dans la tête et les couchent sur papier. « Linpirasion la li vini enn kout. Bizin sezi li », indique Christopher. Avec le soutien de leurs proches, les Goolamsing sollicitent Wannado Produc-tion, à Beau-Bassin. Ils y rencontrent Michael Chang, le producteur.

Nas T Black renaît alors de ses cendres. En janvier 2004, le duo s?attelle à la composition des chansons. Cette fois-ci, ils rangent le RnB pour se jeter dans les méandres d?autres genres musicaux qui cartonnent ? ragga, newjack sing, hip hop ? et élaborent une première ébauche. Mélange de créole mauricien et réuni-onnais, le titre Mwa deman a ou marque rapidement leur grand retour. L?instigateur de cette chanson n?est autre que l?amour. En 2004, elle figure sur deux compilations : St Valentin - la compil et In vibe. Au passage, ils accueillent un nouveau venu, Elvis Marthe, un habitant de Port-Louis âgé de 24 ans.

Un album qui respire la maturité

Une nouvelle image s?impose : celle de trois complices réunis par une même ferveur : celle du ragga. L?album qui s?intitule Nas T Black, respire la maturité. Drogue,viol : le trio nous confronte à la misère humaine, à ces fléaux qui désagrègent ceux qui nous sont les plus chers. « Mo ti ena bann kamarad ki finn vinn prizonie ladrog. Mo pas ti konne zot pe fer sa bann larout la. Zordi, sa finn touy zot », déclare Christopher Goolamsing.

Entre leurs obligations professionnelles, les membres de Nas T Black s?adonnent à quelques loisirs sporadiques. Christopher démarre, flâne, traîne, parcourt les bouts de route à moto. Pour les autres, c?est encore et toujours la musique qui prime. Le samedi, rendez-vous au domicile des Goolamsing pour se parfaire dans le domaine.

« Ena boukou difikilte, ena pirataz par ekzamp. Kan ou fek debouse, pa tro sir li pou marse. Me Nas T Black, se enn lekip soude ».

Le temps de quelques concerts en 2004, ils se penchent déjà sur un nouvel album. Puis, ils essaieront de réaliser leur rêve de toujours : avoir leur propre studio.

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