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Naissance d?une fédération pour ?l?émancipation des créoles?
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Naissance d?une fédération pour ?l?émancipation des créoles?
Alors même que se prépare, au niveau du ministère du Tourisme, la deuxième édition du Festival International Kreol, une nouvelle fédération créole a vu le jour. L?élément catalyseur : le père Grégoire. Le seul, selon tous ceux présents au Plaza hier ? politiciens, travailleurs sociaux et simples citoyens ?, qui pouvait ?réunir la communauté créole?.
Lorsque Eric Guimbeau a insisté pour que le père Grégoire, ?gère? cette fédération, l?intéressé s?est défendu d?être un ?leader?. Tout au plus quelqu?un qui ?facilite la liaison entre les organisations créoles?. Tous s?accordent à dire que ?dispersées, les organisations créoles n?arrivent à rien?. Le père Grégoire en veut pour preuve la ?solidarité au niveau de l?éducation, de l?économie ou de la culture existant au sein des organisations dans les autres communautés?.
Il est important, dit-il, que la communauté créole ne se sente plus seule. ?En étant solidaires, nous pouvons influencer les décisions. Que notre voix soit entendue.? Les membres de la fédération comptent ainsi demander ?la reconnaissance constitutionnelle de l?identité créole?. ? Ce sera notre premier combat?, insiste le père Grégoire. Jacques Panglose ajoute, lui, que ?si on ne nous reconnaît pas en tant que créoles, nous n?existons pas.?
Ce ?réveil? de la communauté créole coïncide avec la présentation du programme de la deuxième édition du Festival International Kreol. Ladite présentation sera faite samedi à la municipalité de Quatre-Bornes par le ministre du Tourisme, Xavier-Luc Duval. Le thème du festival qui se tient du 1er au 9 décembre est : ?Kréolité : Le réveil?. Pour expliquer ce choix, Xavier-Luc Duval a parlé de l?émergence d?une quinzaine de festivals créoles à travers le monde.
?En France, au Canada, en Australie, en Louisiane, à Cuba ou aux Seychelles, des festivals sont organisés. Si la culture créole n?était pas une culture fantastique, une culture dont on doit être fier, elle ne serait pas célébrée comme elle l?est à travers le monde.? Ce thème sera d?ailleurs abordé lors de la conférence d?ouverture du festival le 1er décembre. Des conférenciers mauriciens et étrangers se pencheront sur la ?créolité? et ce que signifie ?le réveil de la créolité?.
Outre cette conférence, deux nouveautés cette année au Festival International Kreol. En marge d?un défilé le 2 décembre à La Citadelle, les jeunes stylistes mauriciens sont invités à créer un costume de séga. ?Que l?on retrouve le costume de séga d?antan?, souhaite Xavier-Luc Duval. Une soirée jazz se tiendra aussi le 6 décembre avec le jazzman Jacques Shwartzbart, à La Citadelle.
Dépolitisation
Tout en rappelant que le Festival International Kreol est le ?plus grand événement organisé par le ministère du Tourisme?, Xavier-Luc Duval a souhaité la dépolitisation de l?activité. ?Je voudrais que le festival perdure même quand je ne serai plus là. Il faut voir au-delà de Duval et au-delà du PMXD. Li pa enn zafer politik. Tou dimoun dan Moris bizin partisipe.?
Alors que certains sont d?avis que la fédération, en devenir, ne devrait pas ouvrir ses portes aux politiciens et agents politiques, d?autres ont insisté sur le fait que la fédération, l?Eglise et la politique sont complémentaires. C?est le cas d?Etienne Sinatambou, ministre des Technologies et membre de l?Union chrétienne. ?La fédération, l?Eglise et la politique sont au service de la communauté pour qu?elle marche mieux.?
A ceux présents hier, le père Grégoire a affirmé qu?il ne souhaitait pas ?créer la troisième force politique du pays?. Mais, dit-il, c?est aussi le rôle d?un homme d?Eglise que d??encourager les fidèles à s?intéresser à la chose politique... Nous ne pouvons pas attendre que l?Eglise ou même le gouvernement vienne nous retirer de là où nous sommes?. Et d?ajouter que ?la communauté créole doit s?émanciper?. La fédération ?n?a pas encore été baptisée?.
Valérie OLLAPublicité
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