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?Nager c?est ma drogue?

5 novembre 2005, 20:00

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Mélissa Vincent est devenue l?idole d?une île l?espace des Jeux des îles de l?océan Indien en 2003 à Maurice. Elle avait soulevé, à elle seule, toute la piscine Serge-Alfred pour ramener une médaille d?or inespérée à Maurice au 50 m papillon. Un instant unique de plaisir.

« Certaines personnes ont besoin de prendre de la drogue pour atteindre un niveau de satisfaction très élevé. Moi ma drogue c?est nager et gagner. Les dix minutes qui suivent une victoire dans une course me procurent un grand moment de bonheur », confie-t-elle.

Cette unique médaille mauricienne aux Jeux, on aurait pu ne pas l?obtenir, vu le parcours qu?elle a effectué avant de venir faire de la natation à Maurice.

« Mon père Roland m?a poussée à faire de la natation depuis toute petite. Je devais avoir dans les 5-6 ans et nous vivions à l?époque en Afrique du Sud, au Kwazulu Natal. J?ai même fait de la compétition à cette époque. Et puis lorsque j?avais 9-12 ans, nous avons bougé en Namibie et là-bas j?ai eu un entraîneur hollandais, Cees Yonker, qui est du genre à vous engueuler cinq fois si vous nagez mal un 25 m », raconte-t-elle.

C?est cette même période qu?elle fut choisie, avec cinq autres filles, pour faire partie de la sélection namibienne de? gymnastique. Mais la famille Vincent bouge cette fois aux Seychelles, où la pratique de ce sport est impossible. Elle renoue alors avec ses anciennes amours : la natation.

Toutefois, les choses n?allaient pas se dérouler à son goût. « Il n?y avait pas de compétitions sur une base régulière et puis on avait fait une demande pour que j?obtienne la nationalité seychelloise. Les autorités avaient dit oui au commencement, puis c?était non, puis il fallait attendre », fait-elle ressortir.

Et puis un bel été 2001, l?envie lui prend de participer aux Championnats de Maurice. Des démarches sont entamées auprès de la Fédération mauricienne de natation par sa grand-mère et son désir se réalise.

Pour effectuer le voyage, elle fait fructifier sa passion pour la pêche. « C?est marrant, mais j?avais pêché beaucoup, mais vraiment beaucoup de poissons et je les avais vendus, tellement j?étais excitée à l?idée de venir faire la compétition. C?est avec cet argent que je suis finalement venue à Maurice », souligne-t-elle.

Mélissa ne passe pas inaperçue à ces championnats et Michael Glover, l?ancien ministre des Sports et président du COJI pour les Jeux des îles de 2003, saute sur l?occasion et lui propose de s?installer à Maurice.

« L?opportunité de nager pour Maurice était trop bonne. J?adore cette île, surtout les gens qui sont sympas et accueillants. Une telle offre ne se refuse pas et c?est de là que tout est parti. Aujourd?hui je ne regrette pas du tout d?avoir fait ce choix », déclare-t-elle.

A 21 ans, c?est maintenant que sa carrière commence à prendre une plus grande dimension. C?est ainsi que, le week-end dernier, elle s?attaquait avec brio au 400 m nage libre pour la première fois, elle qui fait d?ordinaire les 50 m et 100 m libre. « Je songe même me remettre à faire les épreuves de dos, car je le faisais il y a quelques années », confie-t-elle.

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Et elle ne va pas s?arrêter en si bon chemin. Consciente que les moyens sont limités à Maurice, elle compte mettre le cap sur l?Australie en début de l?année prochaine pour continuer sa progression et, en même temps, poursuivre ses études.

« Il me faut bouger sinon je vais stagner. J?ai beaucoup progressé depuis que je nage ici, mais il faut franchir une autre étape. Mon entraîneur Jocelyn Gunnoo est d?accord avec moi. Des contacts ont été établis avec la fédération de natation de Western Australia et nous avons même approché des sponsors ici pour m?aider. J?attends les résultats avec impatience », avoue cette étudiante en business à la DCDM Business School.

Au sein de son club de natation, le Curepipe Starlight Sporting Club, c?est l?osmose avec les autres nageurs. « Il y règne une ambiance formidable. On rigole beaucoup. C?est important d?avoir un bon esprit pour pouvoir se concentrer sur le travail. La natation est un sport solitaire et difficile. Donc, il faut bien évacuer la pression », précise cette habitante de Moka.

Pour revenir à l?aspect compétition, Mélissa trouve qu?il manque un encadrement psychologique pour les sportifs à Maurice. « La préparation mentale est aussi importante que la préparation physique. Prenons mon cas. Même si je suis forte dans la tête, il y a des moments où le doute s?installe. C?est là où l?apport d?une personnne qualifiée peut aider. C?est l?une des choses que je bénéficierai en Australie, où le set-up est professionnel », fait-elle ressortir.

Mais la natation n?accapare pas tout le temps de la jeune championne. Elle est un bon vivant et adore se retrouver en compagnie de ses amis. Et sans doute aussi que vous l?avez déjà vue sur le petit écran, animant des émissions-jeu pour étudiants.

« Brain Teaser et For Or Against sont deux émissions qui m?ont permis de m?épanouir, de mieux parler en public et de vraincre ma peur. C?est une expérience intéressante et des fois c?est marrant que les gens me reconnaissent dans la rue pas comme Mélissa la nageuse, mais comme Mélissa la présentatrice », fait-elle remarquer.

Cet épanouissement et cette joie de vivre, elle les puise du soutien indéfectible de ses parents, Roland et Diane, de sa grand-mère Lise et de sa grande soeur Nathalie. « Je voudrais dire merci aussi à la fédération pour le soutien et au Trust Fund For Excellence In Sports qui m?aide bien », conclut-elle.

En attendant les championnats nationaux d?été à la fin de ce mois, où Mélissa tentera d?améliorer ses meilleurs temps, elle se concentre sur ses études. Car il faut bien concilier les deux.

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