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Mystère autour de la mort d?un malade mental

24 avril 2004, 20:00

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Salma Choomka étend sa lessive sous le soleil brûlant de Upper-Vale. Parmi les vêtements se trouvent les chemises ayant appartenu à son frère, Abdool Joyub, 56 ans, décédé tragiquement lundi dernier. Les habitants de la localité l?ont trouvé le 16 avril, étendu sur l?asphalte à quelques mètres de sa maison, le corps portant des traces de multiples brûlures.

Salma Choomka n?arrive pas à faire son deuil. « Mo leker pe ale? Sa façon line ale la, pa fasil. Mem si li ti trankil, mo ti kontan ena li dan lakaz.» Souffrant de troubles mentaux, Abdool Joyub avait élu domicile chez sa s?ur depuis décembre 2003. Sujet à des évanouissements fréquents, il avait besoin de soins particuliers. Après la mort de leurs parents, Abdool Joyub est allé vivre chez un de ses frères. «Souvent il se blessait en tombant. Je l?ai ramené de chez notre frère parce que j?avais davantage de temps pour m?occuper de lui », explique Salma Choomka.

Salma s?était habituée au caractère insociable de son frère. Abdool Joyub vivait en effet dans son propre monde : il évitait ses pairs, n?avait pas d?amis et menait une vie solitaire. Aux activités familiales, il préférait jouer aux dominos dans l?intimité de sa chambre.

Troubles inexpliqués

A Upper-Vale, les habitants apercevaient souvent sa silhouette au détour d?un chemin lorsque le quinquagénaire errait. Sa s?ur raconte que sa maladie remonte à 1975, l?année de ses noces. Trois mois après son mariage, il rompt avec son épouse. «Depi sa lepok la li malade. Personn pann compran ki ti arive », confie sa s?ur. Depuis, Abdool suivait un traitement à l?hôpital psychiatrique Brown-Séquard. Un traitement qui, selon sa famille, se résumait à la prise de médicaments.

Assise dans son salon, Salma Choomka raconte tristement les événements du 16 avril. Vers 16 heures, elle décide d?aller, avec sa belle-soeur, rendre visite à des parents dans le village. Des voisins l?informent alors de la terrible nouvelle. « Lorsque je suis arrivée sur les lieux, on avait recouvert son corps d?un drap. J?ai voulu l?enlever pour savoir ce qu?il avait eu mais quelqu?un me l?a déconseillé? » Le Samu transporte son frère à l?hôpital du Nord mais vu la gravité de son état, il est conduit à la Burns Unit de l?hôpital Candos. Abdool Joyub succombe à ses brûlures trois jours plus tard. Chez la famille de la victime, c?est l?hébétement : les circonstances de sa mort demeurent un mystère. Abdool Joyub souffrait de maladie mentale mais n?avait pas de comportement suicidaire, affirme sa s?ur. La police a ouvert une enquête pour faire la lumière sur cette affaire.

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