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Municipales : le «Labour» de Gordon Brown au bord de l?infarctus

1 mai 2008, 00:00

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Le Premier ministre britannique, Gordon Brown, pourrait subir un cuisant revers aux élections municipalesaujourd?hui, où son Parti travailliste semble condamné à perdre la ville de Reading, son dernier bastion dans le sud de l?Angleterre.

Quelque 4 000 sièges dans 160 conseils municipaux d?Angleterre et du Pays de Galles, ainsi que le maire de Londres, seront renouvelés aujourd?hui, et ce premier test grandeur nature depuis que Brown a succédé à Tony Blair en juin dernier semble perdu d?avance pour le chef du gouvernement.

Résigné à la défaite

Un sondage publié récemment dans le Daily Telegraph mesurait à 18 points l?écart entre le Labour, au plus bas depuis 21 ans, et l?opposition conservatrice conduite par David Cameron.

Reading, ville prospère située à 70 km à l?ouest de Londres, est sur le point de basculer après 22 ans d?administration du Labour. Seule ville du Sud-Est anglais hors de Londres dirigée par une majorité travailliste, elle aura valeur de symbole.

Martin Salter, député travailliste et ancien élu du conseil municipal de Reading, semble résigné à la défaite. Conserver la ville, dit-il, serait «une performance remarquable». «Nous avons défié les lois de la gravitation politique pendant de nombreuses années», explique-t-il comme pour excuser par avance la défaite.

La capacité de Tony Blair à séduire les électeurs du Sud-Est anglais et étendre ainsi les bases travaillistes au-delà de ses fiefs traditionnels du Nord fut un des pivots de sa conquête du pouvoir, en 1997, et des victoires électorales qui ont suivi depuis.

Mais Gordon Brown, au style plus austère, affronte ce test électoral alors que l?économie britannique est en butte aux effets de la crise mondiale du crédit. Les inquiétudes sur un possible retournement du marché de l?immobilier notamment alarment les classes moyennes.

Sean McBurney, enseignant âgé de 58 ans qui ne vote plus depuis de nombreuses années, s?apprête à retourner dans son bureau de vote précisément pour sanctionner le gouvernement Brown, qu?il accuse de manipuler l?opinion.«C?est une forme sophistiquée de mensonge», affirme-t-il. «Cela fait des années que j?ai pas voté, mais cette fois, je vais y aller pour les conservateurs.»

Sur le plan national, le Parti travailliste ne contrôle actuellement que 50 conseils municipaux, essentiellement dans les régions urbaines du Nord, contre plus de 200 pour les Tories.

Les élections locales à mi-mandat sont traditionnellement difficiles pour le parti au pouvoir, et ne fournissent pas nécessairement d?indication sur les élections législatives qui suivent - les prochaines auront lieu en 2010 au plus tard.

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