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Motiver son enfant dès le premier trimestre

13 janvier 2007, 20:00

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Les enfants ont repris le chemin de l?école. Voici revenu le moment des leçons, des manuels à lire et des cours à préparer. Ils ne se montrent pas toujours aussi assidus qu?espèrent les parents. Il arrive parfois que l?enfant rechigne à prendre le chemin de l?école, se fait prier par ses parents pour qu?il se consacre à ses leçons.

Un petit qui rêvasse, qui ramène des notes qui ne sont pas à la hauteur des attentes des parents, et voilà que ces derniers se mettent à paniquer. On rejette la faute sur l?enfant qu?on trouve démotivé et peu enclin à s?impliquer.

Dans une société où la compétition fait rage, où tous partent à l?assaut des meilleurs résultats, veulent les meilleures écoles, les parents paniquent devant les fautes et les écarts de leurs petits. L?enfant doit absolument atteindre le but qui est celui de réussir brillamment aux examens et, pour y arriver, il doit montrer une attention à toute épreuve.

Il arrive que les parents se sentent déboussolés et ne savent plus quelle attitude adopter vis-à-vis d?un enfant qui ne répond pas à leurs attentes. Savoir s?y prendre n?est pas toujours facile. Il faut tout d?abord essayer d?évaluer le degré de motivation de son enfant.

Mais avant toute chose, il ne faut pas oublier que chaque enfant est unique, a ses propres rêves et désirs, son propre rythme et ses propres compétences, comme le soulignent psychologues et pédagogues. La course vers les A + ne doit pas être un frein à l?épanouissement et au bonheur de l?enfant.

● ESTIMER SA MOTIVATION

« Il n?est pas difficile d?évaluer la motivation de son enfant. Elle se base essentiellement sur l?observation », explique la psychologue Sabrina Puddoo. Il existe en effetdes signes. Celui qui prend plaisir à apprendre le fera sans que le parent soit toujours derrière lui.

La curiosité intellectuelle de l?enfant pour certains sujets peut également démontrer l?intérêt qu?il porte au savoir. Des études ont prouvé que nombre de ceux qui ont réussi académiquement ont été des enfants curieux.

Menon Munien, le directeur du collège St Mary?s, abonde dans le même sens. « Un enfant intéressé en parle tout le temps, il veut recommencer, il cherche des moyens pour agrémenter l?expérience. » Un élève motivé va probablement parler de ses cours, de ses professeurs. Celui qui ne l?est pas, montrera de l?ennui lorsqu?on lui parlera de ses études, ou il esquivera la question. Il s?arrangera alors pour se lever tard, rater son bus, et il refusera de se prendre en main. Ces critères ne sont toutefois pas absolus car chaque petit est différent. D?où l?importance de la communication entre enfants et parents pour que ces derniers puissent cerner les goûts et les aspirations de leur progéniture, souligne Veena Balgobin, chargée de cours en enseignement des langues et des cultures.

● BIEN DOSER LA PRESSION

Il est courant de voir des parents très à cheval sur le temps que leurs enfants consacrent à leurs études. En sortant de l?école, voilà que le parent accapare déjà l?enfant pour qu?il ne perde pas une minute. Direction les leçons particulières et le retour à la maison se traduit par la récitation des leçons, la préparation des cours suivants, jusqu?à ce que l?enfant s?endorme, épuisé.

« Certains enfants sont conditionnés par l?exigence des parents. Ces derniers n?hésitent pas à placer très haut la barre. Au début, cela peut effectivement porter ses fruits puisque l?enfant veut être à la hauteur de ces attentes. Mais sur le long terme, cela ne pourra qu?être nuisible à l?enfant », précise Cyril Dalais. À un certain moment, l?enfant ne pourra donc pluspoursuivre ce rythme soutenu,et la lassitude le gagnera.

Psychologues et pédagogues vont dans le même sens : une pression trop accrue ne peut que rapporter des résultats négatifs à la longue et ce, de diverses façons. Pour Cyril Dalais, « exercer trop de pression détruit le cycle d?apprentissage normal. L?enfant perd l?intérêt naturel de rechercher. Cela détruit sa créativité, l?artiste qui est en lui, tout en le soumettant à trop de stress ».

Menon Munien condamne ce genre d?attitudes. « Ne faisons pas subir à nos enfants ce que nous ne voudrions pas subir. Il ne faut pas confondre une discipline et une rigueur nécessaires pour avancer avec une pression qui risque d?être un handicap », soutient-il.

La discipline et la rigueur sont des atouts qu?il faut cultiver et amener progressivement chez toute personne. Il ne faut pas confondre cela avec une « violence » qui risque d?amener des blocages chez l?enfant. Ce dernier doit, certes, évoluer selon certains paramètres qui lui inculquent des valeurs, mais il ne doit pas être confronté à des exigences qui ne lui laissent aucun répit.

● BOOSTER SON INTERET

Pour le psychologue Cyril Dalais, tout enfant est à la fois curieux et anxieux. Le parent doit alors répondre à cette curiosité enlui consacrant du temps et en lui montrant un intérêt sincère. L?enfant est sensible à l?attitude de ses parents et une attention feinte ou une négligencene fera que le démotiver.

Néanmoins, il ne faut pas attendre que l?enfant montre des signes de désaffectation. Pour Menon Munien, « il faut travailler à motiver son enfant. S?il entend parler dans son entourage d?expériences négatives à l?école, il ne sera pas motivé. Il l?est souvent déjà lorsqu?il en est à ses débuts ». Quand l?enfant entre de plain-pied dans sa scolarité, les parents conservent leur rôle clé. Menon Munien poursuit en affirmant que « les parents sont appelés à créer, développer, consolider et promouvoir une culture de l?école qui permet à leur enfant de prendre avantage de tous les moyens qui sont mis à sa disposition pour son développement intégral ». Les parents peuvent alors faire la différence rien qu?en adoptant une attitude qui valorise l?enfant, l?encourage ainsi à fournir des efforts.

Pour arriver à de bons résultats il ne s?agit pas de suivre des règles précises.

Sabrina Puddoo estime qu?il y a des enfants qui n?aiment pas l?école. « Acquérir une satisfaction académique n?est pas important à leurs yeux. En revanche, pour d?autres, le fait de réussir est déjà une satisfaction », confie la psychologue. Ceux qui ne portent pas une attention particulière aux sujets sont peut-être attirés par d?autres domaines telsque la mécanique ou les arts.

« Le parent peut alors mettre en avant le fait que s?intéresser aux sujets académiques peut les aider à progresser dans leurs domaines de prédilection », conclut notre interlocutrice.

● RESPECTER SES CHOIX

Tous les enfants ne suivent pasle même rythme, n?ont pas la même personnalité et, par conséquent, leurs méthodes d?apprentissage et leurs choix diffèrent. Pour Cyril Dalais, « il ne faut forcer l?enfant à entrer dans un moule ».

Étudier dans le silence complet, assis devant sa table, ne convient pas forcément à tous. Pour les parents, cela implique que l?enfant sera plus concentré et ne sera pas distrait par des facteurs externes.

Mais en fait, chaque enfant a son propre style. Il est courant de voir certains plongés dans leurs livreset des écouteurs dans les oreilles. Cela indique peut-être que cet enfant se sent plus à l?aise et arrive à mieux se concentrer dans cette atmosphère. « Il y a des enfants qui apprennent tout en écoutant de la musique. Si l?enfant aime le bruit, le lui enlever ne fera que le démotiver », affirme Veena Balgobin.

Sabrina Puddoo recommande, quant à elle, le respect du choix des en-fants. « Pourquoi forcer un enfant à faire les sciences, par exemple, s?il n?aime pas cela ? Il n?y prendra pas goût et ne pourra pas réussir », dit la psychologue. Cyril Dalais ajoute : « Nous voulons le meilleur pour nos enfants mais notre meilleur est-il forcément le leur ? » Les parents doivent faire attention à ne pas projeter leurs aspirations et leurs rêves sur leurs enfants, mais les laisser s?épanouir dans leur domaine de prédilection. « Peut-être que celui qui aime le sport est le prochain Stéphan Buckland. Imaginez que vous détruisiez cela? », conclut Cyril Dalais.

● LE RECOMPENSER POUR SES EFFORTS

« Pour beaucoup d?enfants, le fait d?obtenir de bons résultats scolaires est en lui-même une récompense », explique Sabrina Puddoo. Ce n?est pas le cas pour certains qui n?y trouvent aucun intérêt. Dans ce cas, de petites récompenses telles que des cadeaux peuvent encourager l?enfant à faire mieux. Mais l?important est de savoir récompenser.

« Par exemple, les parents peuvent dire à l?enfant que s?il réussit brillamment, ils organiseront un petit dîner en son honneur », soutient Sabrina Puddoo.

Mais les récompenses matérielles ostentatoires ne sont toutefois pas une panacée.

Cyril Dalais favorise l?affectif sur le matériel. « Il suffit de montrer à l?enfant que le parent est fier de lui, et il faut s?appesantir sur son succès pour qu?il sente qu?il est capable de bien faire. Par la suite, il sera encouragé à poursuivre sur cette lancée et ne voudra pas décevoir ses parents », estime ce dernier. La motivation n?est pas quelque chose que l?on monnaie. Selon Veena Balgobin, « les rétributions ne doivent pas être matérielles. Un sourire, un encouragement suffisent. Les recherches ont démontré que sur le long terme les récompenses matérielles peuvent être nuisibles. Cela va à l?encontre des valeurs et quand il n?y a plus de cadeau, il n?y a plus d?efforts ! »

À NE PAS FAIRE

Certains parents adoptent des comportements néfastes, croyant que cela peut motiver l?enfant alors qu?en réalité cela ne peut que produire des résultats contraires. Il ne faut pas :

■ Culpabiliser votre enfant lorsqu?il ne se montre pas à la hauteur de vos attentes.

■ Le comparer à d?autres enfants, y compris ses frères et s?urs.

■ Le dévaloriser en l?insultant.

« Adopter de tels comportements ne peuvent qu?être destructeurs puisqu?ils aboutissent à une baisse d?estime chez l?enfant et, par conséquent, à une baisse de motivation, voire même à de l?agressivité. L?enfant se sentira amoindri et aura du mal à faire confiance aux parents », souligne Cyril Dalais. Il vaut donc mieux mettre en avant l?effort de l?enfant et le féliciter pour ses bons résultats.

Petites astuces :

Ses horaires : Un enfant n?a pas besoin d?horaires stricts. Quand il revient de l?école, il n?est pas toujours apte à se concentrer et il faut lui donner le temps de se reposer. Pour Cyril Dalais, le moment le plus propice est dans la matinée, lorsque l?organisme a eu le temps de se détendre.

Préparer ses leçons : Cela doit se faire dans une atmosphère détendue. Sous la pression l?enfant est perturbé, perd de sa concentration et de sa motivation.

Lui laisser le temps de respirer : Nul besoin qu?un enfant soit constamment occupé ! Il faut lui laisser le temps de se retrouver, de rentrer dans son imaginaire et de se reposer en toute plénitude. Il doit avoir le temps de s?adonner aux activités qui lui plaisent. Il se sentira plus frais et disponible.

Quand il est agité : « Certains enfants n?arrivent pas à se concentrer et sont constamment fébriles. Beaucoup souffrent du syndrome de l?enfant agité », précise Cyril Dalais. Il faut arriver à capter son regard, lui prendre la main et il sera focalisé sur un point durant quelques secondes. Petit à petit, il développera sa concentration.

Utiliser le jeu : Apprendre peut prendre un aspect plus ludique. Parents et enfants peuvent fabriquer des maquettes ou faire des petites expériences scientifiques qui motiveront l?enfant à vouloir en savoir plus.

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