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Monter son entreprise à deux

4 mai 2008, 00:00

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<B>1 Constituer le « Business Plan »</B>

Quelles seront vos activités commerciales une fois votre partenariat conclu ? Boutique, magasin de vêtements, Snack? les idées ne manquent pas. Du moment que vous êtes fixés sur ce que vous commercialiserez comme produit ou proposerez comme service, il faudra compiler ces infos dans un Business Plan.

Ce dernier doit inclure les détails sur le produit ou service, et évaluer si vous détenez l?expertise nécessaire, de même que la conception de sa présentation, la fourniture des matières premières, les équipements requis pour la fabrication ou encore l?investissement requis.

S?il s?agit d?un produit sujet à concurrence, il faut réfléchir au moyen de le démarquer. Ensuite, décidez-vous sur le nom que portera votre entreprise. Vous pouvez opter pour trois possibilités que vous proposerez au Registrar of Compa-nies, qui lui réservera un nom. Le Busi-ness Plan doit, en outre, inclure les noms des deux partenaires, le nom de l?entreprise, l?adresse, le numéro de téléphone, de fax, de même que l?e-mail.

<B>2 Le type de partenariat</B>

Selon le Code of Commerce Amendment Act de 1985 et le Companies Act de 2001, un partenariat est une association de deux personnes ou plus pour un objectif spécifique. Deux options communes s?offrent à vous : soit la création d?une société commerciale, soit celle d?une compagnie.

Dans le premier cas, un accord doit être signé (le deed of partnership) entre les deux associés. Cet accord spécifie les statuts des partenaires, les modifications, les renouvellements et les possibilités de dissolution, de même que la durée du partenariat qui, d?après la loi, ne doit pas excéder? 99 ans ! L?accord de partenariat doit être effectué au Registrar of Companies.

C?est également là qu?il faudra se ren-dre si les deux partenaires choisissent l?incorporation d?une compagnie pour faire une demande de Company?s Consti-tution (précédemment connue comme le Memorandum of Associations) et un certificat d?incorporation.

Avec l?option « compagnie », le capital sera investi sous forme d?actions. L?attribution de leur nombre sera déterminé par les deux partenaires. Il faut aussi soumettre un relevé du profit et des comptes, ainsi que celui de la TVA au Registrar.

3 Obtenir les permis</B>

Plusieurs permis sont nécessaires avant la mise en chantier de votre partenariat :

● Le permis de construction

Il est indispensable pour bâtir le local commercial. La demande doit être faite auprès des autorités locales.

● L?« Electric Motor Permit »

Si vous utiliserez des machines électriques, il faut demander un permis à la mairie ou au conseil de district. Les frais sont calculés en fonction de la capacité électrique.

● Le permis de développement

C?est le document le plus important, car l?avenir du projet d?entreprise en dépend. En région urbaine, vous devez faire une demande auprès du Town Clerk et en milieu rural, au secrétaire du conseil de district.

Une fiche d?inscription doit être remplie, appuyée par un dossier comprenant les plans du bâtiment qui abritera l?entreprise, ou un plan détaillé du terrain où la construction du local est envisagée, le certificat d?incorporation, le consentement du propriétaire du local si vous le louez, la pièce d?identité de cha-que partenaire, la nature des activités, et l?adresse exacte. Des frais de procédures seront demandés.

● Les autres permis

Vous devez également obtenir une patente auprès des autorités locales (voir encadré) pour la fabrication et la commercialisation des articles. L?autorisation du ministère de la Santé, de celui de l?Environnement, et, dans certains cas de la police et des Fire Services, est requise.

En général, avant l?octroi du permis de développement et de la patente, les dossiers sont transférés à ces organismes pour des inspections. Divers experts évalueront les normes d?hygiène et de sécurité entourant la création de l?entreprise.

<B>4 Trouver le financement</B>

Si vous ne disposez pas des moyens nécessaires pour fonder votre entreprise à deux, sachez que plusieurs institutions peuvent vous assister.

En premier lieu, la Banque de développement (DBM) propose divers plans pour contracter des emprunts, sans obligation de garantie. Par exemple, pour un emprunt de Rs 75 000, vous disposez de cinq ans pour le remboursement, avec un taux d?intérêt de 9 % par an.

Avec le Quasi Equity Financing Scheme, la DBM devient aussi actionnaire de l?entreprise et vous pouvez alors emprunter jusqu?à Rs 400 000. Au niveau du Small and Medium Enterprise Partnership Fund Ltd, vous pouvez avoir entre Rs 300 000 à Rs 4 millions. Les banques proposent également des emprunts spécifiques pour créer des entreprises, et ce, avec plusieurs taux d?intérêt.

5 Eau, électricité, téléphone</B>

Quand vos permis ont été octroyés et que la construction ou la location du local est effective, place aux services fournis. Cela dépendra encore de la nature de vos activités. En général, il faudra pourvoir l?entreprise en eau, électricité, ou encore installer une ligne téléphonique.

<B>Eau :</B> Vous devez vous rendre à la CWA, remplir une demande d?approvisionnement et présenter une copie du contrat du terrain ou du bâtiment, avec des plans illustrant le site. Vous devez aussi amener votre carte d?identité.

<B>Électricité </B>: Direction le CEB. Vous devez vous munir des documents et plans, du certificat d?incorporation ou de l?accord de partenariat. Les frais sont à partir de Rs 500 pour l?utilisation de 1 000 Watts.

<B>Téléphone </B>: Une demande auprès de l?opérateur téléphonique doit être faite par écrit. Il faut y annexer une photocopie du certificat d?incorporation ou de l?accord de partenariat. Vous devrez acheter un appareil téléphonique et aussi payer un dépôt de Rs 2000, puis Rs 2000, excluant la TVA, pour la première facture.

<B>Les bonnes questions

■ Qui dirige ?</B>

Cela dépend des partenaires. On peut, par exemple, avoir deux directeurs, et cela sera mentionné dans l?accord de partenariat.

Les partenaires devront aussi apposer tous deux leurs signatures sur les chèques. Toutefois, il se peut aussi que les partenaires ne soient pas directeurs, mais qu?ils nomment quelqu?un d?autre pour assumer cette fonction.

Dans le cas d?une compagnie, il faudra aussi nommer un(e) secrétaire.

■ <B> Où trouver de l?aide ?</B>

De nombreuses institutions peuvent vous assister dans le cadre de la création de votre entreprise à deux. Vous pouvez consulter la SEHDA, qui a d?ailleurs délocalisé ses activités sur une base régionale, notamment à Goodlands, Flacq et Rose-Belle, le SME Partnership Fund, le Registrar of Companies, ainsi que le ministère de l?Industrie.

■ <B>Que faire si rien ne va plus ? </B>

Si les choses tournent mal et que vous ne pouvez plus continuer votre partenariat, il faudra dissoudre l?accord. En effet, les deux partenaires peuvent vendre l?entreprise et répartir les recettes dans un partenariat commercial. Pour une compagnie, un directeur peut se retirer et vendre ses actions à l?autre, qui continuera les activités commerciales. Ils peuvent aussi communément vendre les actions à d?autres parties pour le transfert de directeurs.

Témoignages

■ <B>Sharyne et Ishrat Boodoo, la pub à quatre mains</B>

Ils sont tous deux jeunes, dynamiques, créatifs et ils ont mis leur savoir-faire en commun. Ishrat Boodoo, Managing Director, et son épouse, Sharyne, sont à la barre de PiXel Advertising, qui existe depuis six ans. « Après avoir travaillé dans le milieu créatif pendant plusieurs années, cela nous est venu naturellement », confie Sharyne Boodoo.

L?agence fait dans la création publicitaire, la conception et réalisation des supports de communication, ou encore le planning média des campagnes publicitaires. Lancer leur entreprise n?a pas été chose facile. Débutant à Port-Louis, le couple a pu étendre ses activités avec la construction de leur bâtiment PiXelium à Pailles.

Leur force ? « Notre vision commune a permis à l?agence d?atteindre ses objectifs. Nous sommes deux perfectionnistes qui donnent le meilleur d?eux-mêmes », ajoute-t-elle. Lui chapeaute le suivi des départements de l?agence, de certains clients, le suivi de direction de la création, tandis qu?elle veille au bon fonctionnement de l?agence, du planning, et s?occupe du marketing.

Les désaccords sont très rares au sein du couple. « Nous sommes sur la même longueur d?onde et nous partageons la même passion : la publicité », indique Ishrat Boodoo. Petite anecdote, forts de cette lignée commune de pensée, même en l?absence de l?autre, ils font la même remarque et disent les mêmes choses, selon le personnel !

■ <B>Marie-Eve Chavrimootoo et Thierry Jeannot, au c?ur de l?événementiel</B>

La nightlife, ils en font leur affaire ! Il y a deux ans, Thierry Jeannot et sa s?ur, Marie-Eve Chavrimootoo, se sont associés pour créer Green Dot Events Co Ltd. Forts de leur volonté d?innover, ils s?embarquent dans cette aventure, pas évidente,mais avec « fun et complicité ». Puis, les concerts de vedettes locales et internationales comme David Vendetta, Tiesto, etc., se succèdent, et nos deux compères se répartissent les tâches. Chaque semaine, ils partagent leurs recherches et leurs idées. La symbiose est parfaite, d?autant plus que les deux connaissent les forces et faiblesse de chacun.

Cela dit, on ne peut pas toujours échapper à un désaccord. Que se passe-t-il dans ce cas ? « Nous nous étranglons (rires) ! Mais non, nous prenons du recul pendant quelques heures et nous discutons ensuite à tête reposée.

La solution vient alors facilement. Nous prenons toutes les décisions ensemble et nous pensons justement à l?intérêt de ce partenariat et de l?entreprise ».

Leur travail en commun leur a justement laissé plusieurs anecdotes : « À notre première soirée, on est arrivés trente minutes avant le show, on était découragés en constatant que même la bière n?était pas encore fraîche. C?était notre première leçon. Maintenant, on arrive quatre heures à l?a-vance ! ». Il y a aussi la fameuse rencontre avec David Vendetta. C?était à Paris, et le duo s?est un peu perdu !

<B>En chiffres 1 044</B>

Tel est le nombre de partenaires commerciaux actuellement enregistrés auprès du Registrar of Companies.

On dénombre aussi 18 602 entreprises domestiques, dûment enregistrées auprès de cette institution, au 31 janvier 2008.

<B>La Semaine de l?entrepreneuriat</B>

À partir de demain, l?entrepreneuriat sera au c?ur de l?action. Et pour cause, une semaine lui sera dédiée sur une base régionale. Organisée par le ministère de l?Industrie, en collaboration avec la Small Enterprises and Handicraft Development Authority (SEHDA), la Semaine de l?entrepreneuriat sera le tremplin idéal pour les futurs entrepreneurs en quête d?informations. Le coup d?envoi sera donné à Rose-Belle demain, avec des présentations des services et une assistance dans les procédures par le biais de la Banque de développement, du SME Partnership Fund, ou encore du Registrar of Compa-nies. Les intéressés pourront consulter les professionnels sur place. À noter qu?après cette première édition, la Semaine de l?entrepreneuriat se poursuivra dans les autres régions, notamment les villes et les conseils de districts, dans les jours suivants.

<B>Combien ça coûte ? </B>

Si les deux partenaires ont lancé une petite compagnie, il faut payer des frais d?enregistrement auprès du Registrar of Companies. Au moment de l?incorporation, les frais sont de Rs 2 000. La même somme devra être payée chaque année. En revanche, pour un partenariat ou une société commerciale, les frais sont de Rs 6 000 à la mise en place de l?entreprise. Et chaque année, il faut renouveler l?enregistrement auprès de l?instance en payant Rs 6 000. Les frais doivent être payés du 3 au 20 janvier de chaque année. Passé ce délai, une surcharge sera applicable. Mais ce n?est pas tout. Des frais de patente (Trade licence) en fonction de l?activité de l?entreprise sont également payables aux autorités locales.

Il y a 559 classifications d?activités commerciales selon le Local Government Act 2003. Par exemple, si votre entreprise à deux fait de l?assemblage de véhicules, la patente est de Rs 2000, tandis que pour une banque, elle est à Rs 50 000. Pour un Beauty Care Centre ou un cybercafé, il faut compter Rs 1 500, alors que la distribution de marchandises générales nécessite le paiement de Rs 3 000 pour une patente.

<B>ADRESSES UTILES : </B>

SEHDA, zone industrielle de Coromandel, Tél. : 233.05.00.

Development Bank of Mauritius, Hotline : 210.05.87,Tél. : 203.36.00.

MinistÈRE de l?Industrie, des PME, du Commerce et des Coopératives,Air Mauritius Centre, rue John Kennedy, Port-Louis, Tél. : 210.37.74/75/76.

Registrar of Companies,3e étage, Cathédrale Square One,rue Jules K?nig, Port-Louis, Tél. : 211.44.60.

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