Publicité
Monsieur « Deux pas en arrière »
Un sobriquet s?impose pour Dharam Gokhool, le ministre de l?Education. Et pas de doute, un surnom paraît aller de soi : « Monsieur un pas en avant, deux pas en arrière. » Cette description lui sied à merveille, tellement le ministre semble vouloir s?obstiner à ne pas défendre adéquatement les politiques qu?il entend mener.
Le dernier pas de danse en date concerne les horaires de travail des enseignants du secondaire. A n?en point en douter, la décision de Dharam Gokhool, d?amener les profs de collèges d?Etat à travailler une demi-heure de plus par jour est excellente. « L?express dimanche » avait d?ailleurs consacré un article la semaine dernière aux initiatives de quelques enseignants du secondaire qui croient au bien-fondé de cette mesure. Et qui mettent en place, chacun de leur côté, des programmes d?aide pédagogique adaptés aux besoins de leurs élèves.
Voilà à quoi aurait dû servir ces trente minutes de travail supplémentaires. Voilà comment les collégiens délaissés par des parents insuffisamment attentifs à leur performance scolaire auraient pu se rattraper au collège même. Voilà comment d?autres jeunes auraient pu trouver gratuitement auprès de leurs propres profs le soutien qu?ils achètent à ceux qui leur donnent des cours particuliers. Pour toutes ces raisons, nous pensons que Dharam Gokhool a commis une faute à l?encontre des collégiens ? et de la population en général ? en cédant devant la pression de syndicats d?enseignants
On a encore une fois abdiqué devant la médiocrité des partisans du moindre effort. Preuve du ridicule et de la flemmardise des syndicats : leur nouvelle croisade et menace de « désobéissance civile ». Cette fois, non pas parce qu?on leur a demandé de travailleur une heure de plus. Mais tout simplement parce qu?il leur a été demandé de rester dans leurs établissements jusqu?à l?heure de la fin des classes. On croit rêver !
Gokhool doit agir ! Mais le ministre de l?Education a peut-être jusqu?ici péché par manque de méthode dans son action. Il gagnerait à suivre l?adage « il faut dire ce qu?on fait et faire ce qu?on dit. » En effet, Gokhool est peut-être accusé, à raison, d?ignorer les bienfaits d?une communication efficace. Et de n?agir que dans l?urgence. Il n?y a qu?à penser aux inondations de mars, ou précédemment à la pagaille sur le paiement des subventions sur les examens du SC et du HSC.
Le ministre de l?Education subit de violents retours de bâtons et finit par capituler parce qu?il ne prépare pas le terrain suffisamment à l?avance. Il est grand temps qu?il inverse sa stratégie. Dans le cas des 30 minutes supplémentaires, il aurait pu faire appel à ses plus grands alliés - les milliers de Mauriciens ayant un enfant ou un proche dans un collège. Et leur expliquer comment et pourquoi les profs utiliseront la demi-heure dégagée pour aider ces derniers.
Il aurait également été utile de prendre à témoin la population en entier. En dénonçant la malhonnêteté des profs qui ont accepté les généreuses augmentations du dernier rapport du « Pay Research Bureau ». Tout en faisant semblant d?oublier qu?en signant les « option forms » de leurs nouveaux statuts, ils acceptaient également de travailler en plus. C?est armé de cet argumentaire que le ministre aurait dû appeler les profs à assumer leurs responsabilités envers les parents et les contribuables de ce pays.
Mais il n?est peut-être pas trop tard pour agir. Oublions ce qui peut avoir été reproché à Gokhool dans le passé.
Pour l?heure, il s?agit toutefois pour la population de montrer au ministre et au gouvernement que cette politique est soutenue. Nous nous engageons d?ailleurs ici à répercuter toute initiative, pétition ou manifestation de parents ou de contribuables souhaitant que le ministère de l?Education amène les profs à travailler mieux et plus.
Pour le bien-être de nos collégiens. Il faut que ça change. Au boulot les profs !
Publicité
Publicité
Les plus récents