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?Mon beau-père, mes parents et moi?
Après le succès commercial de Mon beau-père et moi il y a quatre ans, on devine que les motivations de cette séquelle étaient autres qu?artistiques. Mon beau-père, Mes parents et Mmi, comédie du même Jay Roach, reprend l?histoire là où elle l?avait laissée il y a quatre ans, cette fois pour la compléter. Cette séquelle est donc justifiée, même si les motivations n?en sont pas honnêtes.
Dans le premier film, le jeune infirmier, brave garçon aux idées généreuses, mais gaffeur dans sa volonté de se faire accepter par sa future belle-famille, était confronté à un futur beau-père, ancien de la CIA, autoritaire et paranoïaque. Dans le rôle, Robert de Niro en faisait des tonnes, mais cela passait parce que le ton était à la démesure. La formule ayant marché admirablement, on n?en voudra pas trop aux scénaristes de l?avoir conservée pour cette suite.
Cependant, à force de voir Robert de Miro s?auto parodier, on peut se demander si les cinéphiles de moins de vingt ans ne seront pas pliées en deux de rire lorsqu?ils le verront dans ses films d?avant. L?acteur en fait toujours autant, soupçonnant, espionnant, posant des micros et des caméras, injectant un sérum de vérité à son futur gendre, etc. Mais cette fois il rencontre encore plus cabot(s) que lui : Dustin Hoffman et Barbara Streisand dans les rôles de Bernie et Roz Focker, les parents de Greg.
Lui, avocat a quitté son emploi pour devenir père au foyer et elle, est sexologue. Ils ont un mode de vie libéré, ils s?aiment comme au premier jour et politiquement, ils sont plutôt à gauche. Autant dire qu?un large fossé sépare l?univers bohème des Focker de celui très conservateur des Byrnes, sans compter que les Focker sont juifs alors que les Byrnes sont des anglo-saxons pur jus. Il y a un affrontement de papas, qui vient pimenter la formule d?avant ; pour notre plus grand bonheur, évidemment. Dustin Hoffman n?hésite pas à en rajouter dans son personnage de ?hippie ? voué à l?harmonie universelle et à la libre expression des sentiments. Sans compter qu?il y a un air de ressemblance entre lui et Ben Stiller. À ses côtés, Barbara Streisand en fait un sacré bout, à la fois en tant que thérapeute de la libido et en tant que maman juive mais sans dépasser Hoffman dans la démesure.
Dans la version originale, le personnage de Ben Stiller s?appelle Gaylord, raccourci à Gay ? Focker ; ceci pour donner une idée du genre d?humour pratiqué dans ce film. Il y a aussi un chien obsédé sexuel, un nourrisson dont les touts premiers mots sont ?sale con?, etc., À ce bel étalage de mauvais goût viennent s?ajouter quelques gags dont certains de caractère juif. L?humour est gras, toute profondeur ou tout raffinement dans ce film ne pouvant être que le fruit d?un hasard malheureux. Néanmoins, on se tord de rire.
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