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Mohamed Husanee ou l?as de la chaussure

6 novembre 2005, 00:00

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Imaginez-vous un jour sans elles ? Songez un instant à effectuer vos déplacements quotidiens, un petit jogging, disputer un match de foot ou vous dandiner lors d?une soirée avec seulement vos dix orteils nus. Dur, dur....! Et oui, on ne s?en aperçoit pas toujours mais les chaussures sont un atout indispensable. Mohamed Husanee en sait quelque chose.

Sur des étales verticales, sandalettes, sabots, bottines, ballerines, mocassins, aux formes multiples, sont entreposés dans la vitrine du magasin Coccinelle. À l?intérieur, le regard n?est que plus réjoui devant ce festival de couleurs pastel, vives, de petits ornements en tout genre, de fleurs, de pelage synthétique, de scratchs ou de fermeture à glissières avec plus de 80 modèles exposés. Nous sommes dans l?antre du chausseur, tombé dans la chaussure à son jeune âge.

Issu d?une famille de cinq enfants, Mohamed Husanee fréquente l?école primaire de St-Jean Bosco, puis les collèges de Curepipe et Impérial.

Son enfance se passe à la ville Lumières aux côtés de Soleman et Mamood, les frères, et Nazia et Sabina, les s?urs. Afroze, la mère s?occupe des petits tandis que Soleman, le père, fonde le magasin Elysée aux arcades Currimjee.

Le commerce se destine à la vente de chaussures importées d?Italie, de Bali entre autres pays. Nous sommes en 1965. Après l?école et pendant son temps libre, Mohamed Husanee court prêter main forte à son père. Les souliers le fascinent. La forme, le modèle, le designing, le montage. Les idées se ramifient dans son esprit. Il veut à tout prix en percer les secrets. Ainsi, après ses études secondaires, Mohamed Husanee s?inscrit aux cours de formation à l?IVTB. « Je me demandais pourquoi nous n?essayions pas de fabriquer les chaussures à notre tour au lieu de les importer. En 1991, j?ai commencé mes cours. Nous étions formés par des Italiens pendant six mois.

Ils nous ont appris les techniques de base, le designing de la chaussure, la fabrication », confie-t-il.

10 000 paires pour enfants par an

Après sa formation, il cherche les matières premières, en particulier le cuir. Le marché local étant restreint, il se dirige vers les fournisseurs étrangers. En 1992, il ouvre sa fabrique à Forest-Side : Millecolori Moda Ltd. Sa première collection est destinée aux hommes. Il introduit la marque Catts, qui est un succès.

Puis après 8 ans, il décide de se consacrer aux enfants âgés d?un an à monter et introduit la marque Coccinelle.

« Je chapeaute la conception de chaque chaussure, choisis les coloris, les et semelles. Tous les matériaux sont importés d?Italie et d?Europe », explique-t-il. Employant six personnes, Mohamed Husanee produit plus de 10 000 paires de chaussures pour enfants par an. Quelles sont les atouts d?une bonne chaussure ? Qualité, fiabilité et durabilité sont les maîtres mots, dit-il. « Évidemment, les gens considèrent le prix, mais souvent ils se retrouvent avec des imitations qui s?abîment au bout de quelque temps. Il faut aussi être à l?affût des tendances, du choix des coloris et renouveler la collection à une fréquence de quatre mois pour braver la compétition. Pour une bonne chaussure, il faut une bonne matière, une bonne colle, une bonne semelle. Souvent l?esthétique est bien mais la durabilité laisse à désirer », ajoute-t-il.

Soutenu par son épouse, Kawser, dans sa tâche, Mohamed Husanee a aussi introduit le service après-vente gratuit pour ses clients ainsi que celui des commandes pour des choix personnalisés ou à partir d?une matière particulière apporté par le client. Déterminé à persévérer dans la chaussure, il fait des déplacements à l?étranger, pour mieux s?inspirer et trouver de nouveaux designs mais aussi pour nouer des contacts.

Ainsi, il collabore avec une usine à Madagascar. Nouveau défi : permettre à ses chaussures de traverser les mers, et d?aller vers la Réunion et les îles voisines de la région. « À Maurice nous avons les capacités mais bien sûr face à la concurrence asiatique, il est difficile de continuer. Mais on doit continuer et trouver d?autres moyens. La régionalisation c?est la clé de l?industrie de la chaussure », déclare-t-il.

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