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Mogadiscio, une guerre sans front et sans aucune règle

18 novembre 2007, 00:00

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On ne détruit pas une ville, au mépris des conventions de la guerre, sans avoir besoin de reprendre son souffle de temps à autre. Contraire-ment aux jours précédents, Mogadiscio n?avait pas connu de combats importants, le 13 novembre, entre les insurgés embusqués dans la capitale somalienne et leurs ennemis, les troupes éthiopiennes et leurs alliés du gouvernement fédéral de transition (TFG) du président Abdullahi Yusuf.

La bataille précédente, en avril, avait fait plusieurs centaines de morts, sans épargner les habitants de la ville. Des secteurs entiers de Mogadiscio avaient été ravagés par des pilonnages de l?artillerie lourde éthiopienne. Puis les insurgés, après avoir été écrasés sous un déluge de feu, s?étaient retirés de la capitale. Après s?y être infiltrés à nouveau, ils ont repris crescendo, au cours des dernières semaines, des attaques frontales avec plusieurs centaines de combattants appuyés par des mortiers et de petits canons contre les bases et les positions de l?armée éthiopienne ou du TFG.

Les attentats-suicides avaient aussi été introduits en avril. Ces dernières semaines, l?assassinat ciblé ou aveugle s?est imposé comme une nouvelle tactique de la sale guerre urbaine. Des cas de décapitation ont été signalés. Et plusieurs sources confirment l?existence de tireurs d?élite éthiopiens qui abattent quiconque passe dans leur ligne de mire.

Depuis que la foule a traîné les corps de plusieurs des leurs dans les rues de Mogadiscio, les troupes d?Addis-Abeba ont perdu toute retenue. Les soldats éthiopiens tirent sur les passants.

Alors que la ville suffoque, les hôpitaux regorgent de blessés. À Medina, une famille exhibe la balle ôtée du corps d?Abdinur Uluso. La pointe du projectile a été rognée par le tireur, technique qui rend les blessures plus horribles. Non loin, une adolescente fixe le plafond, hébétée par les sédatifs. Un tir de lance-roquettes lui a emporté le bras droit. Un homme, blessé à la tête, trouve encore la force d?injurier les troupes du TFG.

@ 2 007 Le Monde- Jean-Philippe REMY - (Distribué par The New York Times Syndicate)

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