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Ministres :Quelle performance ?
Gowressoo, l?entrepreneur
Voilà quelqu?un qui ne s?attendait pas à être ministre, encore moins celui des Arts et de la Culture. Le temps de la surprise passé, il a bien fallu au brave Gowressoo se mettre à l?écoute du monde de la Culture. Son apprentissage a été laborieux. Il ne cache pas qu?il aurait préféré s?occuper des PME, secteur qu?il connaît pour être lui-même à la tête d?une entreprise. Mais qu?à cela ne tienne, il est convaincu qu?il « peut gérer le ministère de la Culture comme une PME ».
Homme de terrain, orateur très apprécié dans les réunions publiques, car proche des réalités rurales, il se forge laborieusement au contact du monde des arts et de la culture.
Très pragmatique et concédant qu?il a à apprendre des autres, il donne volontiers carte blanche aux responsables des différents départements et organisations tombant sous sa responsabilité.
Toutefois, il aurait surpris plus d?un par sa déclaration après une visite officielle en Chine. Son constat est éloquent : le nombre d?employés encadrant son ministère dépasse de loin celui de son homologue chinois. Il n?en revenait pas. Comme quoi, il n?est plus aussi loin des réalités administratives de son ministère.
Au Parlement, il fait de son mieux pour répondre aux questions parlementaires malgré son manque d?assurance. Souvent la risée de l?opposition, il est néanmoins soutenu par ses collègues ministres, qui l?appellent amicalement « Samlo » (nom de son entreprise) ou encore « Iron Man ».
Mahen Gowressoo poursuit courageusement sa route en allant à la rencontre des artistes, les encourageant souvent à se muer en des PME. Il est convaincu qu?une synergie entre le ministère du Tourisme et son ministère va propulser le projet de la création de villages touristiques et l?émergence d?industries culturelles.
Quant aux centres culturels, Mahen Gowressoo estime qu?il faut revoir leur rôle et leur fonctionnement. Il a déjà commencé en demandant que le directeur du centre Nelson Mandela, Jean-Claude Augustave, nommé sous l?ancien régime, cède sa place. Gowressoo veut désormais être entouré de ses hommes de confiance pour l?aider à réussir sa mission?
Asraf Dulull, le téméraire
Il a été au centre du premier scandale qui a secoué le gouvernement. Selon ses proches, Asraf Dulull s?en est sorti affaibli, mais il n?a pas pour autant abdiqué. En attendant que la cour se prononce sur la charge logée contre l?homme d?affaires Raffick Peermamode, il s?efforce de démontrer sa bonne foi et qu?il n?a rien à voir avec cette allégation de pots-de-vin.
Dès son arrivée au Logement, il a été confronté au problème des squatters qui avaient envahi les maisons de la NHDC dans différents coins de l?île. Il a eu fort à faire pour faire partir ces squatters qui exigeaient qu?ils soient logés dans de nouvelles maisons. Opération politique difficile car entre-temps, la soixantaine de familles se sont installées sous des tentes en attendant que l?Alliance sociale, fraîchement élue, régularise leur situation. Il s?en est bien sorti grâce à l?appui de ses collègues ministres, dont Xavier Duval et Rama Valayden.
Aujourd?hui, Asraf Dulull s?est engagé dans la récupération des terres de l?État, occupées illégalement par un bon nombre de squatters. La mise sur pied d?une unité de police attachée à son ministère l?aide dans cette tâche souvent difficile.
Sûr de lui, il est considéré par l?opposition comme étant un ministre hostile à ses propositions. Ses réponses au Parlement sont considérées par les membres de l?opposition comme étant provocatrices. « Il est trop sûr de lui. Il est têtu et bourru. Il n?a pas le sens de l?écoute et de la compréhension. Mais il est déterminé à mettre de l?ordre là où il faut », déclare un membre de son entourage.
C?est ainsi qu?il planche pour rattraper le retard accumulé sur le dossier de la construction des logements sociaux. Sur le registre des baux, plus particulièrement le sensible dossier des « campement sites », il vulgarise le fait que c?est inacceptable que les détenteurs de baux paient une somme dérisoire à l?État. Il mise beaucoup sur le lancement programmé du Land Information System (LIS), qui vise à assurer une meilleure gestion des terres avec l?aide des experts australiens.
S?il travaille d?arrache-pied, dit-on, au sein du ministère, il est continuellement égratigné sur le plan politique par l?opposition qui fait un « walk out » à chacune de ses interventions au Parlement. Il risque de traîner encore longtemps l?affaire Peermamode?
Étienne Sinatambou, le lauréat
«Mo enn laurea moi. » C?est la réplique fétiche qu?Étienne Sinatambou oppose à tout interlocuteur qui oserait remettre en doute sa capacité de comprendre certains dossiers ou de gérer son ministère. Pourtant le ministre de la Technologie informatique et des Télécommunications a débuté humblement. En arrivant à son ministère, il fait savoir qu?il ne maîtrise pas le dossier des technologies de l?information et de la communication (Tic) et entreprend de tout lire, pour comprendre le sujet et ses enjeux.
Six mois plus tard, Étienne Sinatambou « maîtrise », selon ses dires, son dossier.
« Un peu trop même, il écoute mais il tranche toujours à la fin. Et la plupart du temps c?est lui qui a raison. Envers et contre tous », confie l?un de ses proches collaborateurs. Certes, le côté un peu trop assuré du ministre agace. Mais comme le fait remarquer un directeur de centre d?appels, Sinatambou sait parler aux gens, surtout aux étrangers. Quand on lui pose des questions techniques ou purement commerciales, il arrive à sortir un argumentaire valide et intelligible. « J?ai été agréablement surpris par sa maîtrise du dossier lors du dernier Salon Seca à Paris », explique un investisseur français établi à Maurice.
Même si sa manière de faire peut déranger, Sinatambou a réussi à produire quelques résultats tangibles selon des professionnels des Tic. Le premier a trait à un dossier qui semble beaucoup lui tenir à c?ur : le School ICT Project, qui vise à connecter les 120 000 écoliers, collégiens et étudiants du pays au réseau Internet haut débit. Mais Sinatambou sera effectivement jugé à l?aune du National ICT Strategic Plan, actuellement en préparation. Le ministre aura la tâche d?utiliser ce plan qui devrait être prêt avant la fin de l?année pour faire des TIC le vrai 5e pilier de l?économie. C?est seulement alors que l?on pourra juger s?il maîtrise son sujet.
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