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Mineurs et mendiants
Ils ont moins de 18 ans et vivent dans la rue. À en croire les statistiques, sur les 6 500 enfants des rues recensés, une bonne partie survivrait grâce à la mendicité. Le fait de quémander de l?argent ou de la nourriture constitue, pour ces jeunes, le seul moyen de gagner leur vie. Le Service d?accompagnement, de formation, d?intégration et de réhabilitation de l?enfant (Safire), une ONG, suit de près la situation de plusieurs centaines de ces jeunes et met l?emphase sur l?ampleur de ce phénomène de mendicité chez les enfants des rues. « Il faut survivre. La mendicité touche surtout ceux qui décident de dormir dehors et qui n?ont aucune opportunité de travailler. Le manque de sommeil, leur état de santé et leur aspect physique douteux ne leur permettent pas d?obtenir un emploi », explique Edley Maurer, de Safire. « Ces mineurs opèrent plus à Port-Louis et à Rose-Hill. Il y a aussi ceux qui font le va-et-vient à Grand-Baie. Nous avons des équipes qui suivent leurs mouvements de près. »
Et Safire classe les enfants des rues en quatre catégories : ceux qui sont en rupture totale avec la société (1,6 %), ceux qui rentrent occasionnellement chez eux (3,1 %), ceux qui errent en groupe pendant la journée et rentrent chez eux tard dans la soirée et n?ont qu?un endroit où dormir (33,9 %) et finalement, ceux qui vivent livrés à eux-mêmes, sans éducation parentale (61,6 %). La mendicité concernerait essentiellement les deux premières catégories, mais elle serait aussi présente chez les autres.
Mais encadrer ou « déstructurer » ces jeunes de leur milieu n?est pas toujours simple. « Il arrive que les jeunes, voire même leurs parents, opposent une farouche résistance à notre démarche. Surtout lorsque les parents attendent une rentrée d?argent par le biais de leurs enfants qui font la manche. Il existe des parents drogués et dont les enfants sont des sniffeurs de colle. Si la drogue est présente dans la famille, les enfants sont souvent impliqués », explique Edley Maurer. « Mais lorsqu?on parle de mendicité, on ne doit ni blâmer la famille, ni les enfants. Il ne faut pas oublier qu?aucun parent n?aurait souhaité voir sa progéniture dans une telle situation, c?est-à-dire en train de mendier », poursuit-il. « Au niveau de Safire, nous travaillons toujours avec l?enfant. Il faut lui faire comprendre que sa place n?est pas dans la rue. Après un travail de cinq à six mois, on arrive à lui faire comprendre que son avenir ne dépend que de lui. »
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