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Michel François, la pêche en héritage
« Le métier de pêcheur est une histoire de famille. Ça a commencé avec mon grand-père, mon père et maintenant, je l?exerce depuis plus de 37 ans. Je l?ai également transmis à mon fils, Emmanuel.
J?ai d?abord pratiqué la pêche en haute mer. Je me souviens qu?en 1984, j?étais parti avec 45 pêcheurs à bord du Reef. Cela avait duré deux mois. Nous sommes allés à St-Brandon, sur la côte des Seychelles et à Nazareth. Mais ce n?était pas facile. Arrivés à la première destination, il y avait un cyclone. Face à ces conditions, je pensais à ma famille, je ne savais pas si je les reverrais. Heureusement, on a pu s?en sortir.
Aujourd?hui, j?ai 57 ans et malgré tout, je continue. Avec mon fils, nous allons à bord de notre bateau ? Sainte-Marie de la Mer ? entre 8 000 et 10 000 nautiques dans l?espoir que les poissons comme le thon ou encore la dorade viendront mordre à l?hameçon. Avant nous allions pêcher en haute mer. Nous sillonnions les côtes comme Pointe-aux-Sables ou les abords de l?île Plate. Aussi, nous quittions ma maison qui se trouve à Trou-aux-Biches à 3 heures du matin pour aller pêcher jusqu?à 14 heures.
Des fois, nous allions pêcher en pleine nuit. Avec le temps, nous nous sommes habitués au métier, mais la mer n?est pas sans danger. Parfois, nous devons aller en mer malgré les intempéries. Nous ne savons pas ce qui nous y attend. Le 23 décembre, nous avons fait naufrage à l?île de la Passe. Heureusement, nous avons pu être sauvés. L?avenir pour nous est incertain. Le poisson se fait de plus en plus rare, la tâche devient plus ardue pour les pêcheurs. »
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