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Messages et démagogie
Après une longue absence, je retrouve avec bonheur mon pays et mes concitoyens. J?apprends que le slogan pour ce 37e anniversaire de l?Indépendance de Maurice est Ensam a nu bouze. Mais je constate qu?on n?a pas bougé d?un? iota au niveau de bien de choses. On continue à mentir ou à camoufler la vérité même en direct à la télévision. Je suis, par contre, ravie que la présence de la femme dans les instances de décision dont le Parlement et le Conseil des ministres gagne en intensité et intérêt. Mais j?ai du mal à comprendre comment la mémoire peut faire défaut à nos dirigeants.
Durant la Journée de la Femme célébrée le 10 mars et diffusée en direct à la télé jeudi dernier, le Premier ministre (de surcroît président de la SADC) parle de notre engagement envers la SADC d?atteindre la barre de 30 % de représentation féminine en 2005 et celle de 50 % en 2015 alors qu?on est tombé de 11 % en 1995 à 5,6 % en 2005.
Ce qu?on fait semblant d?oublier c?est que cet engagement date de 1998 et que c?est à travers moi, en tant que ministre de la Femme, du Bien-être de la Famille et de l?Enfant, que Maurice avait adhéré au protocole de la SADC avec le double objectif sus-mentionné. Le Premier ministre d?alors, Navin Ramgoolam, avait signé le protocole au nom de l?île Maurice.
La Journée de la Femme de l?an 2000 avait même pour thème Political empowerment of women. «Bisin plis fam en politik» ne veut pas dire autre chose que je sache. Il n?y a donc rien de nouveau sous le soleil. La pérénité de l?Etat ayant fait défaut, on se retrouve à la lamentable dernière place des pays de la SADC sept ans après.
L?Assemblée nationale n?ayant que quelques jours avant d?être dissoute, la réforme électorale ira sans doute aux calendes grecques, le gouvernement plus préoccupé à décider sur la dose de sucre à ajouter au budget «pou fer la bous dou». Le consensus sur la nécessité d?atteindre le 30 % cette année, je me demande pourquoi le gouvernement et l?opposition ne peuvent pas s?entendre pour modifier les lois électorales et, si besoin est, la Constitution, pour garantir l?élection directe ou sous une forme de proportionnelle de 30 % de femmes au Parlement. Si le gouvernement a la volonté de le faire, il peut chercher une formule acceptable en consultation avec l?opposition.
La femme mauricienne en politique a dû affronter pas mal d?obstacles et militer comme les hommes allant jusqu?à coller des affiches. Il n?y a rien d?indigne à cela, n?en déplaise à certains hommes et certaines femmes. Nous avons encore une longue lutte devant nous.
Venons-en à l?autre grossier mensonge en cette Journée de la femme. «Nou finn introduir pou la premier foi dans listoir Moris enn system mikrokredit pou bann madam et zenfi kapav gagn lonn san garanti.»
Quant à la question de violence conjugale, il est bon d?entendre la ministre de la Femme actuelle dire qu?elle est fière que l?île Maurice soit un des seuls cinq pays de la SADC à avoir une loi contre ce fléau. Ma fierté à moi et au Parti travailliste c?est d?avoir été à l?avant-garde de toute la région subsaharienne en introduisant pour la première fois dans cette partie du monde et non la SADC seulement, The Protection from Domestic Violence Act en mai 1997, loi qui devint opérationnelle le 8 mars 1998 (encore une Journée de la femme).
D?ailleurs copie de cette loi a été recherchée par bien des pays, y compris l?Inde. J?en profite pour remercier Robert Ahnee dont la compétence en matière juridique a traduit ma vision et ma volonté politique en cette loi dont je suis fière.
Je ne veux pas abuser de l?hospitalité de votre journal mais il y a tant d?exemples de tentatives de gommer l?histoire de la part de ce gouvernement. Pitoyable !!!Permettez-moi de présenter même tardivement mes souhaits de bonne fête aux femmes et aux hommes qui croient en la femme.
<B>Indira THACOOR-SIDAYA</B>
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