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Maurice plaide l?économie fragile face à la libéralisation

14 décembre 2005, 20:00

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Les petits pays veulent faire entendre leur voix au milieu de l?affrontement commercial entre les nations riches et les grandes économies émergentes dont l?Inde et la Chine. Ils réitèrent leur demande pour un traitement différencié auprès de l?Organisation mondiale du commerce (OMC) lors des négociations.

Les délégations des petits Etats dits vulnérables, dont celle de Maurice, ont été très actives hier lors de la première journée des consultations formelles à la conférence ministérielle de l?OMC qui se tient à Hong Kong. Elles y ont défendu la cause de leur vulnérabilité économique dans le sillage de la libéralisation des échanges et du processus d?aide au développement.

Le ministre des Affaires étrangères et du Commerce international, Madan Dulloo, et ses homologues de la Jamaïque, de Cuba, de Trinidad et Tobago, de la Barbade, des îles Fidji, du Guatemala et de Ste-Lucia, parmi d?autres, ont également animé un point de presse pour mieux exposer leur cas à la communauté internationale.

L?argumentation des économies vulnérables en faveur d?une considération spéciale repose sur les facteurs suivants : l?exiguïté des marchés domestiques, la sur dépendance à quelques produits seulement, leur fragilité face aux catastrophes naturelles, des coûts de production peu compétitifs, les difficultés d?attirer l?investissement direct extérieur, les contraintes d?accès aux marchés d?exportation, le manque d?infrastructures de production et de support et les coûts élevés de transport international, notamment.

Ces pays ont un grand besoin de rehausser leurs capacités industrielles pour profiter de la libéralisation commerciale. En l?absence d?un traitement différencié, un démantèlement un peu brutal des barrières au commerce ne fera qu?accentuer le déséquilibre dont ils souffrent déjà.

L?OMC doit faire preuve de flexibilité à leur égard, notamment sur le dossier agricole. Ils mettent en exergue l?importance de l?agriculture pour leurs économies et demandent que les marchandises dont ils dépendent beaucoup soient classées comme produits sensibles. Maurice souhaite que le sucre soit inclus dans cette liste. Elle garantirait un certain avantage d?accès aux marchés des pays du Nord, dans la mesure où les produits en question ne seront pas soumis au même régime de réduction tarifaire applicable à l?ensemble des biens agricoles. La banane et le coton, qui représentent un intérêt stratégique pour plusieurs pays de ce groupe, sont également ciblés.

Maurice et ses pairs demandent la souplesse dans les négociations industrielles également. Ils ont expliqué l?importance des droits de douane pour leurs trésoreries publiques. Une réduction des tarifs ne devrait pas être réciproque, disent-ils. Elle doit tenir compte des circonstances spécifiques des pays concernés.

Par ailleurs, ils souhaitent pouvoir exporter plus facilement leurs services vers les marchés européen et américain. La conférence de Hong Kong est vitale pour la conclusion du cycle de négociations commerciales qui avait débuté à Doha, au Qatar, en 2001. Le cycle doit prendre fin en décembre 2006. La réunion est une étape importante dans l?exécution des objectifs de Doha.

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