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Maurice ?irritée et choquée? par le gouvernement malgache

5 août 2004, 20:00

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L?affaire Galana fait virer au vinaigre les relations diplomatiques entre Port-Louis et Tananarive. Le ton mauricien a l?égard du gouvernement malgache n?est pas conciliant même si, officiellement, on se refuse à parler de ?froid diplomatique? entre les deux pays.

?Nous sommes très irrités avec le gouvernement malgache sur la manière dont ce problème, d?une importance capitale pour notre économie, a été traité par un pays avec qui nous avons des relations privilégiées. C?est choquant?, déclarait hier à l?express un haut responsable du gouvernement.

Le gouvernement mauricien estime que l?interdiction faite par l?Office malgache des hydrocarbures (OMH) à la compagnie Galana d?exporter 24 130 tonnes d?huile lourde destinées en majeure partie au Central Electricity Board (CEB) a failli mettre le pays en situation difficile. L?économie dépend énormément de cette exportation, issue du contrat octroyé par la State Trading Corporation à Galana. Or, le pétrolier M/T Halia est toujours bloqué dans le port de Toamasina et sa cargaison d?huile lourde a dû être déchargée.

L?irritation est d?autant plus grande que les explications malgaches n?ont pas convaincu les autorités mauriciennes. Madagascar explique que Galana n?a pas respecté le quantum d?exportation mettant ainsi en péril le stock stratégique de carburant malgache. Selon nos informations, le stock stratégique de carburant pour Madagascar est de 4 000 tonnes. La grande île dispose de réserves pour au moins huit mois.

Damer le pion à Galana

Le gouvernement a tenté, par le canal diplomatique, de trouver une issue à ce problème mais en vain. Shailendra Dusowoth, l?ambassadeur mauricien à Madagascar, a demandé à rencontrer le Premier ministre malgache pour discuter de cette affaire. Mais il n?a pas obtenu d?audience. A la place, il a été reçu par le chef de la diplomatie.

Le gouvernement ne compte pas en rester là. Il évoquera ce problème avec la délégation malgache lors du sommet des chefs d?Etat et de gouvernement de la Southern African Development Community (SADC) qui se tiendra à Maurice les 16 et 17 août prochains.

Le président malgache, Marc Ravalomanana, est attendu à ce sommet. Il a déjà quitté son pays dans son jet privé pour Athènes en Grèce où les Jeux Olympiques débutent le 13 août.

Il se chuchote dans les milieux pétroliers à Madagascar, qu?une firme avec des capitaux malgaches, dont l?un des principaux actionnaires serait une très haute personnalité politique locale, veut damer le pion à Galana. D?ailleurs, la veille au soir à Tamatave, avant que le navire ne quitte ce port pour Port-Louis, un membre du gouvernement malgache serait intervenu en personne sur les quais. Il aurait ordonné de vive voix que cesse l?opération de pompage d?huile lourde pour Maurice.

Respect des lois

D?autre part, l?OMH a émis un communiqué accusant Galana d?activités polluantes, entre autres. Me Ivan Collendavelloo, qui défend ses intérêts, part ce soir à Madagascar pour répondre aux différentes allégations de l?OMH.

Certaines ont été réfutées dans un communiqué émis hier par Galana, de Toamasina. Celui-ci explique que ?suite au déchargement du navire sur ordre des autorités, Galana à Madagascar se retrouve avec des stocks excédentaires pouvant assurer une fourniture équivalent à douze mois de consommation de tout le territoire de la République de Madagascar. Nos capacités de stockage étant limitées à 39 000 tonnes, la raffinerie se retrouve, à son tour, dans l?obligation de réajuster son taux de production par rapport aux capacités existantes de stockage?. Galana ajoute regretter qu?une solution n?ait pas encore été trouvée à ce problème, ?qui risque d?avoir des conséquences dont on ne peut prévoir l?issue?. Elle affirme également avoir toujours oeuvré dans le respect des lois et des institutions malgaches.

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