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Maurice au 2e rang mondial de consommation de drogues : des professionnels doutent
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Maurice au 2e rang mondial de consommation de drogues : des professionnels doutent
Maurice, deuxième pays consommateur d’héroïne et autres opiacés au monde. Les professionnels de la lutte contre la drogue sont sceptiques.
Dans le dernier rapport de l''''Office des Nations Unies sur la drogue et le crime, Maurice est citée comme étant l’un des pays avec la plus forte consommation d’opiacés au monde. Mais les acteurs locaux de la lutte contre la drogue le contestent et assurent qu’ils contrôlent la situation.
Le monde a célébré la journée Internationale contre l''abus et le trafic illicite de drogues, le 26 juin. Maurice est actuellement classé premier pays d’Afrique et second au monde en termes de consommation de drogues dures. L’héroïne et le Subutex sont parmi celles qui entrent au pays illégalement.
«Il ne faut pas généraliser. C’est la méthodologie de l’ONU dans la conception de ce rapport qu’il faudrait revoir. 40% des pays d’Afrique ont soumis des statistiques au niveau de l’offre et 52%, au niveau de la demande. Les chiffres obtenus ne reflètent pas la situation de la drogue à Maurice», soutient Anun Kumar Ghallu, directeur de la National Agency for Treatment and Rehabilitation of Substance Abusers (NATReSA).
Il explique que ce décalage serait aussi dû au fait que l’ONU limite son échantillon à la population âgée entre 15 ans et 54 ans, soit un échantillon limité au regard des quelques 1,3 millions d’habitants. Selon Anun Kumar Ghallu, la consommation de drogues à Maurice ne serait pas si importante au point de positionner le pays dans le top 5 des plus touchés.
«Maurice est le premier pays d’Afrique à avoir mis en place un programme d’échanges de seringues et de substitution par la méthadone. Nous sommes en train d’investir massivement pour contrecarrer la circulation de la drogue. D’ailleurs, dans les jours à venir, le deuxième plan national sur la drogue sera appliqué dans l’île», déclare le directeur de la NATReSA.
De son côté, Mahen Ungnoo, sergent à l’Anti Drug and Smuggling Unit (ADSU), n’est également pas convaincu par le classement. «Le problème de la drogue est universel. La vente et la consommation de drogues à Maurice sont circonstancielles. Lorsqu’il y a développement économique, elles augmentent parce que les gens ont les moyens d’en acheter.»
Et d’ajouter, «en tant que policiers, nous sommes là pour empêcher l’augmentation de l’offre et de la demande. Nous faisons de notre mieux, avec les équipements et les ressources humaines disponibles». Or, ce membre de l’ADSU, confie que les trafiquants utilisent une panoplie d’astuces pour échapper aux autorités.
«Tous les ans, deux millions de personnes transitent par l’aéroport. Ce n’est pas évident de contrôler tous ces gens. Certains portent la drogue dans leurs corps – ils l’avalent, par exemple. D’autres, la cachent dans des produits artisanaux, les appareils électroménagers, leurs chaussures ou dans des cartes d’invitation…», explique-t-il.
«Nous nous devons d’être constamment à l’avant-garde. Mais de là à dire que Maurice est une plaque tournante de la drogue, c’est non», affirme-t-il.
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