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?Maurice à l?abri des séismes mais pas des raz-de-marée ?

28 décembre 2004, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

L?événement est unique. En l?espace d?une minute, la baie de Tamarin a vécu, dimanche, l?une de ses plus grandes marées. La mer s?est d?abord retirée jusqu?à environ cinquante mètres du rivage avant de revenir rapidement vers la plage, jusqu?au niveau le plus élevé. Le phénomène s?est reproduit plusieurs fois dans la journée. Les villageois accouraient pour l?observer, les pêcheurs tiraient leurs pirogues à terre comme lorsqu?on annonce l?approche d?un cyclone.

Un phénomène qui s?est reproduit un peu partout et à des degrés divers, sur le littoral. Les nouvelles du ?raz-de-marée?, diffusées par la météo, ont ému tout le monde. Chacun voulait ?le? voir.

Mais, surtout, les gens apprenaient avec effroi la nouvelle du violent séisme qui avait secoué l?Asie du sud-est, à des milliers de kilomètres, tuant des milliers de personnes. Et ils espéraient qu?une telle catastrophe n?allait pas se produire sur les côtes mauriciennes.

Celles-ci ont été épargnées dimanche. ?Fort heureusement, nous sommes dans une région stable où il n?y a pas d?activités sismiques intenses comme à Sumatra, au Japon ou au Chili, par exemple?, explique le géomorphologue Prem Saddul. En revanche, ce scientifique assure qu?il faut plutôt se méfier des sautes d?humeur de l?océan provoquées par les phénomènes climatiques.

Prem Saddul affirme que les dangers pour Maurice proviendraient bien plus des raz-de-marée liés aux phénomènes climatiques et non telluriques. Avec, par exemple, le déplacement éventuel de blocs de glace qui se détacheraient de l?Antarctique, sous l?effet du réchauffement de la planète. ?Pour moi, le danger viendra du sud?, prévoit le géomorphologue mauricien.

Les séismes, eux, sont provoqués par des glissements dans les plaques qui constituent la croûte terrestre. Exceptionnellement fort, celui qui a frappé l?Asie du sud-est avait une intensité de 9 sur l?échelle de Richter. Lorsqu?ils sont sous-marins, ces mouvements provoquent des ondes qui se transforment en vagues géantes, les tsunamis.

Vagues de plusieurs mètres de haut

L?onde du tsunami est épaisse de plusieurs centaines de mètres et gagne en énergie chaque fois qu?elle heurte le plancher sous-marin. Le séisme de dimanche a eu lieu à environ 10 km sous la surface de l?eau. Les vagues peuvent atteindre plusieurs mètres de haut et leur vitesse de déplacement dépend de la hauteur de l?eau. Des masses d?eau géantes dévalent en profondeur le long des déformations du sol marin, à la différence des vagues ordinaires qui n?affectent que la surface de l?eau.

Dans notre région, le phénomène d?hier a surtout touché les îles voisines de Rodrigues et de la Réunion. A la Réunion, la côte ouest a été la plus affectée. ?C?est un phénomène de réfraction. Et sur l?ouest, il y a moins de fond que dans l?est, la vague peut ainsi prendre de la hauteur, puisque le déplacement est vertical. C?est beaucoup plus dangereux?, explique Valérie Ferrazzini, sismologue à l?Observatoire volcanologique de la Réunion, interrogée par le Journal de l?île.

Les îles et les petits Etats insulaires sont particulièrement vulnérables aux catastrophes. Tsunamis ou raz-de-marée, le résultat reste, hélas, le même : destructeur?

MTPA

Le choc dans le secteur du tourisme

■ ?C?est un événement qui affectera définitivement le tourisme mondial. Ces trois dernières années, il y a eu le 11 septembre, les attentats de Bali. A cela s?ajoute la catastrophe qui s?est produite dimanche. Ces événements ont influé sur le tourisme. Les opérateurs réfléchissent d?ores et déjà sur les conséquences qui peuvent résulter de cette catastrophe naturelle.? C?est ainsi que réagit le directeur de la Mauritius Tourism Promotion Authority, Karl Mootoosamy à la tragédie qui vient de se produire dans le sud-est asiatique. ?Maurice, dont l?industrie touristique est un des pôles de croissance, suit de très près la situation. Celle-ci peut avoir des effets sur le trafic touristique?. Karl Mootoosamy estime que le marché Maurice et celui de l?Asie du sud-est sont deux marchés différents. Il s?est entretenu hier matin avec les tour-opérateurs à Maurice pour passer en revue la situation. Ceux-ci ne sont pas directement affectés, parce que ces deux marchés sont à l?opposé. Toutefois, pour eux et les autres professionnels, ces événements ont été un véritable choc. Le monde du tourisme est encore une fois bouleversé.

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