Publicité

Marjorie Seevraz, la vie en chanson

23 septembre 2006, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Lunettes placées sur une coupe à la garçonne, pull orange et blue jeans, elle arbore un look décontracté. Marjorie Seevraz, 29 ans, chanteuse popularisée par des titres comme C?est la vie ou encore son fameux Ton Philippe, est de retour. La musique, elle l?a dans le sang et la porte aussi sur la peau. D?abord, on trouve un petit collier de perles noires, rouges, jaunes et vertes, puis une chaîne au bout de laquelle pend un pendentif en forme de clé de sol. C?est l?emblème de sa passion qui l?a titillée dès son jeune âge.

À peine haute comme trois pommes, Marjorie Seevraz, originaire de Port-Louis, découvre la musique. Marc, son père, est soliste, guitariste et joue dans des groupes comme Les Markies, Pepito, le Typhoon Band. Il travaille avec des artistes de renom comme les frères Cassimally, Philippe Picon et Marclaine Antoine. Elle grandit donc dans cette ambiance musicale, auprès de sa mère, Huguette, de son frère, Jean-Clair, et de sa s?ur, Valérie.

Fascinée par la chanson, Marjorie monte sur scène à 4 ans. « C?était lors d?une kermesse organisée par la paroisse de l?Immaculée Conception. Dans l?après-midi, il y avait des groupes qui se produisaient. J?ai donc chanté un medley de comptines comme Il était un petit navire, Frère Jacques? Je n?avais pas le trac, j?ai toujours aimé chanter », raconte-t-elle.

Ce jour-là, son frère lui avait prêté main-forte. Dès lors, le père prit coutume de les enregistrer. Ce qui lui permit de déceler que sa fille a l?oreille musicale et du talent.

Les années se suivent et Marjorie Seevraz multiplie ses prestations. À 8 ans, elle participe à une fête pour les enfants avec un petit spectacle ? Chantons Noël.

À cette époque, elle apprend aussi à jouer de l?harmonica, du mélodica (un genre de clarinette) et de la flûte à bec. Elle chante dans la chorale de sa paroisse et entre au conservatoire François Mitterrand, situé alors à Ébène, et y apprend la guitare classique puis le violon. En pleine adolescence, elle immortalise son vécu en paroles. Elle s?inspire de l?amitié, des chagrins d?amour et de cette transition de l?enfance à l?adolescence.

« Un artiste, ça ne meurt jamais »

Dans les années 90, Marjorie Seevraz décolle. Elle prend part au concours Star Show avec une composition intitulée Il est parti sans rien dire, puis poursuit avec un autre concours ? Ten Best ? avec une autre chanson qui allie un mélange de reggae et de country qu?elle a baptisé Always Be Your Friend. Elle passe la première éliminatoire et arrive en semi-finale dans les deux compétitions respectivement. Et en 1995, c?est la grande consécration. Marjorie Seevraz chante au concours Tremplin et décroche la deuxième place avec le titre C?est la vie.

Dès lors, tout s?enchaîne. Le ségatier Yvon Maccabé l?approche pour figurer sur un album, et sa carrière démarre sur les chapeaux de roue. Puis en 1998, elle sort une chanson qui fait un tabac ? Ton Philippe. Mais quelques mois plus tard, l?artiste déchante. Son tube est sujet au piratage, ce qui la déprime grandement : « Je voulais tout stopper. On arrive à écrire une chanson, mais on ne sait pas si cela va marcher. J?étais découragée par la production qui n?avait pas été très honnête et le piratage aussi. »

Après une pause, elle renoue avec la musique en l?an 2000, avec une formation exclusivement féminine orchestrée par Armand Landinaff. « Un artiste, ça ne meurt jamais. Je ne m?étais pas rendu compte que je ne pouvais pas vivre sans musique », soutient-elle.

Ainsi, elle reprend sa guitare et avec les Cool Girls, son groupe qui compte Mirella Desvaux à la batterie, Poëma Louise à la basse, Audrey Heeson et Kiki Cerdor aux ch?urs, elle entonne des ségas en passant par des mélanges de rock et de pop.

Ce retour aux sources s?avère fructueux. En 2002, Marjorie Seevraz sort un deuxième opus ? Fam liniver, où elle est accompagnée par le groupe féminin. Elle siégera aussi au board de la Mauritius Society of Authors (Masa) pendant trois ans. Ensuite, l?artiste se produit dans les hôtels. « Il n?y avait que mon clavier et moi. J?ai chanté de la variété. Cela a duré quatre ans », explique-t-elle.

En 2005, la jeune femme fera une petite escale à bord du Mauritius Pride et du Trochetia, où elle se produit en soirée lors des trajets Maurice-Réunion. Cette expérience lui fait du bien, car Marjorie s?amuse en faisant ce qu?elle aime, malgré le mal de mer.

Après un an et demi, elle interrompt ses représentations pour se consacrer à un troisième album ? Limportans la vie, sorti depuis deux semaines. Celui-ci a nécessité de longues périodes de préparation avec la collaboration de Cassiya Productions. Les chansons de Marjorie Seevraz sont porteuses d?espoir. Sur le morceau Maladie stress, elle évoque ce mal qui frappe tout un chacun. Elle fait aussi une ode à la vie, qui, selon elle, est merveilleuse. Elle y distille aussi des airs d?ambiance, avec la collaboration de Ricardo Amadis, un autre artiste.

Une férue de gastronomie

Après la sortie de l?album distribué par Interport SARL à l?île s?ur, l?artiste s?attelle désormais à un spectacle qui aura bientôt lieu. Ses journées sont chronométrées, avec des répétitions à n?en plus finir. Et même si son métier est très prenant, la chanteuse trouve quand même un peu de temps pour sa famille.

Hormis sa passion pour la musique, elle est aussi férue de gastronomie. Dans la cuisine, Marjorie Seevraz adore inventer, mélanger les ingrédients pour des recettes inédites. Très branchée musique, évidemment, elle dévore la Star Academy, la Nouvelle Star ainsi que la country, le soft rock, le ragga et le reggae. « Après treize ans de carrière, je sais qu?il me reste encore beaucoup de chemin à parcourir. Je veux m?améliorer et je sais que mes sacrifices ont servi à quelque chose ? à faire ma musique », conclut-elle.

Publicité