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Mario Armel, 40 ans à concocter des chansons

5 septembre 2005, 20:00

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Que de bons plats, dont le savoureux Cari Poson, depuis 1965 ! Tous assaisonnés avec les épices du séga d?ambiance : des textes parfois coquins, des fois assassins. Et le public en redemande : depuis quarante ans aucune indigestion !

Aujourd?hui, pour ses 40 ans de carrière, Mario Armel nous offre mieux qu?un énorme gâteau d?anniversaire: la crème de la crème de son répertoire. Avec l?art consommé de faire du neuf avec du vieux, le chanteur a remixé le meilleur de ses compositions, ces rythmes qui n?ont pas pris une ride. Qui font danser plusieurs générations dans les soirées !

Un univers où il appelle toujours Anita my love. Et aussi un chat un chat. Un amour pour la chanson qui a débuté en 1965, ?kan lekol finn met moi dehor.? Les bancs du Tutorial and Grammar School ne le retiennent pas longtemps. Mario Armel y reste jusqu?à l?âge de 13 ans. Après, c?est une existence de petits boulots, dont celui de vernisseur, ?parski mo ti bizin aid mo fami.?

Derrière la moustache énergique de l?homme mûr ? Mario Armel a 58 ans ( on ne le dirait pas) ? on devine des bêtises d?adolescent turbulent. Bavard au débit rapide, Mario Armel peut passer des heures à se raconter. ?En plis la mo pa pe rakont ou tou sinon ou pou gagn sok.? Au point de s?exprimer à la troisième personne.

Par prétention ? Pas exactement. Imaginez un peu. Quarante ans à observer le quotidien. Les petits travers de chacun. Les défauts de tous. Y compris les siens ? A lire entre les lignes certainement.

Avouons-le. Chanteur somme toute sympa, Mario Armel n?est pas homme à rater une occasion de rappeler qu?il a fait ceci ou cela avant tous les autres. Au point d?agacer certains. Dans ces moments-là, il roule un peu des épaules, comme il a roulé sa bosse dans les cabarets parisiens. Le chanteur en a d?ailleurs ramené une pointe d?accent qui réussit le tour de force d?être à la fois piquante et chantante. Le pire, c?est qu?il ne fait pas exprès.

Car s?il se prenait vraiment au sérieux, il n?aurait peut-être pas tenté autant d?expériences. En 1974, Mario Armel se met au séga tabla, genre aujourd?hui étoffé avec du dholok et des paroles en bhojpuri. Pas modeste pour un sou, le personnage revendique le statut de ?premier à avoir mélangé le séga avec d?autres styles.?

Pour faire la part des choses, disons simplement que Mario Armel a eu le bon goût de s?associer l?an dernier à Meera Mohun pour une reprise de Jane Chaman, une chanson extraite de la bande originale du film Goomam, avec Shammi Kapoor. Un joli souvenir de son enfance, de l?époque où il allait voir ?quatre films pour 25 sous au cinéma Novelty.?

Dans ces années-là, l?ado fredonne Jane Chaman phonétiquement. L?homme lui est méticuleux. ?Pa capav rabache. L?hindi est trop beau pour mériter cela.? Sous la direction de Meera Mohun, le chanteur apprend les rudiments de la langue. Pour récidiver. Ses 40 ans de carrière sont aussi marqués par sa collaboration avec Sangeeta Deerpaul, voix renfort gravée sur le nouvel album. Preuve que Mario Armel sait s?adapter aux phénomènes de mode.

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