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Marie-Thérèse Clair commissaire de la Femme, du bien-être de la famille et du développement de l?enfant

30 juillet 2008, 00:00

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● <B> La semaine dernière, l?Ombusperson for children, Shirin Aumeeruady-Cziffra, deux de ses enquêteurs et un représentant du bureau du Premier ministre étaient en mission dans l?île. Ils y étaient surtout pour se rendre compte de la situation concernant les abus contre les enfants. Est-ce un problème dans l?île ?

Il y a des abus surtout sous forme verbale. Ceux qui le font cependant n?en sont pas conscients. Il y a le phénomène d?abandon de l?enfant par les parents. Ce sont les grands-parents qui les remplacent, mais malheureusement des fois l?enfant échappe à leur contrôle. La situation monoparentale aussi est un facteur troublant. Bien souvent les enfants ne vont pas à l?école. Les raisons : des problèmes financiers alors que l?éducation et le transport sont gratuits. Il y a pourtant le projet de School Feeding Project. Les élèves ont de la nourriture à l?école. Ne pas les envoyer à l?école, c?est aussi un abus mais c?est tabou. Puis il y a l?inceste. C?est un problème isolé mais il existe. Dans ce cas précis, c?est le père qui est alcoolique. Les cas les plus suspects sont traités par la Child Development Unit (CDU). Les autres sont référés au shelter. Il y a le soutien psychologique qui a lieu chaque mois.

● <B> Il y a un fonds dont les membres de délégation ont fait mention durant les sessions qu?ils ont animées. A quoi sert-il ?

Effectivement, il y a une enveloppe financière octroyée par le bureau du Premier ministre pour les enfants victimes d?abus et les femmes en détresse. Pour Rodrigues, il y a Rs1,3 million disponible, mais ce n?est pas pour ma commission. C?est pour le financement des projets d?accompagnement éducatif. C?est réservé pour les organisations qui travaillent en faveur des femmes en détresse et les enfants handicapés.

● <B> Chaque dix secondes, des enfants et des femmes meurent, victimes de violences dans le monde. Quelle est la fréquence des cas d?abus rapportés dans l?île ?

Les cas ne sont pas fréquents. Environ chaque trois mois, il y a un nouveau cas. On sait cependant qu?il y a beaucoup d?autres cas qui ne sont pas rapportés. C?est un sujet encore tabou à Rodrigues. Il y a un psychologue pour le soutien à la commission chaque mois. Les victimes sont conduites au shelter de Baie-aux-Huîtres pendant quelque temps. Elles sont ensuite retournées au sein de leur famille car le shelter n?est pas du tout approprié pour les accueillir. Il est mal situé, les personnes qui y travaillent ne sont pas formées. Le gouvernement régional va construire un autre abri.

● <B> Puisque c?est comme ça, que fait la commission pour combattre cet état de choses ?

Nous avons ciblé des endroits prioritaires qui requièrent des stratégies, des campagnes de sensibilisation, des sessions d?information, notamment Terre-Rouge, Mont-Charlot, Corail et Rivière-Banane où nous avons déjà commencé. Il y a un Ad Hoc Committee pour le bien-être qui a été mis sur pied pour cet exercice. Nous pensons, dans un proche avenir, en collaboration avec les ONG, tenir des sessions de sensibilisation dans les écoles maternelles.

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