Publicité
Marie-Rose, femme pêcheur
Marie-Rose Randamy pousse de toute sa force vers la mer son bateau qu?elle avait amarré à un arbre, à côté du restaurant Le Batelage, Souillac. Ce geste, elle le fait, chaque matin, vers 5 h 30. Seule. Depuis dix ans, pour aller pêcher en haute mer, à Riambel, Bel-Ombre.
Depuis qu?elle a fait l?acquisition d?un nouveau bateau en 2001, grâce à l?aide du ministère de la Pêche et de la Banque de développement, cette mère de cinq enfants, se fait accompagner par ses fils, Gilbert et Jean-Eric, âgés respectivement de 21 et 23 ans, pour l?aider à augmenter ses prises et pour affronter les éléments déchaînés en mer.
Pour devenir pêcheuse, cela n?a pas été difficile pour Rose-Marie. A 14 ans, elle allait de temps à autre faire une tournée sur la plage de Riambel, pour ramasser des crabes ou d?autres fruits de mer. C?était son passe-temps.
Contre vents et marées
A force de s?y rendre , Marie-Rose finit par aimer tout ce qui touche à la mer. Elle décidera, plus tard, d?en faire un métier pour subvenir aux besoins de sa famille.
?J?ai déjà changé de métier pour aller travailler comme femme- laboureur dans un établissement sucrier. Comme je n?ai pu m?adapter, j?ai repris la mer,? explique-t-elle.
Mais elle le fera cette fois avec beaucoup plus de détermination et de manière plus professionnelle. Pour y arriver, elle se tourne vers le ministère des Coopératives et de la pêche et le Trust Fund For the Integration of Vulnerable Groups pour faire l?acquisition du matériel de pêche: bouées, gilet de sauvetage, radars, fanaux, lignes, hameçons, portable, réflecteur et cordes. ?Quand ou dans la mer ou pas conné qui l?heure ou capave trouve ou en danger?, reconnaît-elle. En a-t-elle déjà fait l?expérience ? Et comment? Elle en a vu de toutes les couleurs. Mais le plus mauvais souvenir pour la famille Randamy a été le jour où le bateau a chaviré. Un autre jour, de gros requins ont rodé autour du bateau.
Comme pêcher hors du lagon comporte toujours certains risques, Marie-Rose et ses deux enfants ne font jamais rien pour les provoquer. ?Nous passons loin d?eux pour les éviter. Nous préférons nous concentrer pour augmenter nos prises, que nous vendons ensuite aux banians?.
Admirée par ses voisins et ses proches, étant la seule femme dans cette région qui ose s?aventurer hors du lagon, Marie- Rose semble être la personne bien indiquée pour expliquer les fréquentes disparitions en mer à Riambel et à Pomponnette.
?Mo trouvé qui éna certains prend trop ban grands risques. Zotte pas servi l?équipement qui mette à zot disposition. Quand ou pé affronte ban gros gros vagues et surtout si ou ène père ou mère de famille, ou pas capave prend ban risques pareils?, conseille-t-elle.
C?est pour cette raison qu?elle insiste auprès de ses enfants pour qu?ils soient bien équipés, comme elle, avant de prendre la mer.
Après avoir connu mille péripéties et écumé cette partie de l?île, Marie- Rose ne souhaite pas que ses trois autres enfants vivent, à leur tour, des moments aussi angoissants. ?N?ayant pas eu l?occasion de rester longtemps sur les bancs de l?école, je suis prête à faire d?énormes sacrifices pour que mes enfants puissent poursuivre leurs études?.
Pour y arriver, Marie-Rose enfourche, chaque matin, son vélo pour faire le trajet Riambel-Souillac-Le-Batelage avant de prendre la mer.
Publicité
Publicité
Les plus récents