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Mare-Chicose : le calvaire des habitants continue
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Mare-Chicose : le calvaire des habitants continue
L?année dernière, les habitants de Mare-Chicose accueillaient avec soulagement et gratitude la nouvelle de leur relogement à Marie-Jeannie, à Rose-Belle. Enfin, ils allaient vivre dans un environnement sain, loin des déchets. Il était temps de respirer un autre air que celui du Centre d?enfouissement technique (CET) de Mare-Chicose.
Prenant leur mal en patience, ils ont attendu que toutes les formalités soient effectuées afin de finaliser leur déménagement. Hélas, il y a quelques jours et par les médias, ils ont appris que leur relogement est compromis parce que le site prévu se trouve au-dessus de cavernes.
Le ministre des Administrations régionales, James Burty David, a reçu, hier matin, les représentants des forces vives de Mare-Chicose et le président du conseil de village, Mahendranath Boyjnath. Ce dernier explique qu?actuellement les habitants refusent d?envisager la possibilité d?un autre terrain pour leur relogement. ?Nous avons déjà suffisamment attendu et chercher un autre terrain, c?est repartir à zéro. Nous voulons être sûrs qu?aucune construction n?est possible sur ce site. Comment se fait-il que d?autres bâtiments aient été construits dans le coin ? L?hôpital Jawaharlall-Nehru n?est pas loin et il y a aussi le projet du Business Park.?
Existence de cavernes sur le site
Quant à Balkrishna Goorcharan, le président des forces vives de Mare-Chicose, il estime qu?il faut un deuxième avis sur l?existence des cavernes sur ce site. ?Nou pou anvoy nou ban dimoun pou verifie si se enn vre problem avan nou pran enn desizion.?
En attendant, les habitants sont découragés, en colère, impatients, désabusés? Ils disent ne pas comprendre ce revirement de situation. ?Noun fatige atan, komie tan nou pou siporte ankor ? demande Rani Khoosee.
?Nou sagrin nou bizin ale me nou pena swa, nou bizin ale pou nou bann zanfan, ajoute une autre habitante, Devianee Ramtohul. Kouma pou viv ek sa ban loder la, sa bann mikrob la ?? En traversant le village, on se rend bien compte de l?odeur nauséabonde qui circule et qui empire avec le va-et-vient constant des camions d?ordures.
Chandrawootee Khoosee, elle, s?inquiète de l?augmentation des prix dans le domaine de la construction. ?Eski pou donn nou ase kas pou nou aranz lakaz parey kouma nou ti ena ? Tou pe ogmante !? Premila Mohith, qui tient la boutique du coin, garde ses portes closes à cause des mauvaises odeurs et sert ses clients à travers une fenêtre. Mère d?un enfant asthmatique, elle est persuadée que c?est l?insalubrité des lieux qui est à l?origine de cette maladie.
Selon elle, les habitants de Mare-Chicose ont fait preuve de suffisamment de patience et ne peuvent continuer à se taire surtout quand il s?agit de la santé de leurs enfants. ?Kan mo bann zanfan manz la viann, mous antour zot. Bann kamion mem amen sa bann mous la. Zot gagn vomi ar ban loder. Kan kamion pase, moutouk tom lor sime. Nous bizin ferm partou, res andan.?
Avinash Sookun, un jeune de 19 ans, explique que l?environnement n?est plus le même depuis la création du CET. ?Quand j?étais petit, les rivières étaient propres et il n?y avait pas ces odeurs. Maintenant tout est pollué. C?est dur de se réveiller avec ces odeurs chaque matin.? Oumesh Behari confirme : ?La vi dan bez ici pou bann zenes. Pe gaygn tou kalite malad, tas lor la po. Bann tifi pa pou rod marye pou vinn res dan Mare-Chicose. Kisanla pou aksepte sa ??
Plusieurs maladies de peau
Rohit Behari est le plus remonté d?entre eux. ?Le gouvernement ne tient pas parole et les élus locaux se font rares. Si le terrain à Marie-Jeannie ne convient pas à la construction, il faut fermer le centre et nous laisser vivre en paix à Mare-Chicose.? Lui aussi affirme que des enfants sont de plus en plus malades et que les habitants souffrent de plusieurs maladies de peau. ?Nous continuerons à lutter pour nos enfants. Nous irons manifester encore s?il le faut mais il faut que le gouvernement nous reloge dans les plus brefs délais.?
En attendant une solution concrète et rapide à leur problème, les habitants de Mare-Chicose continuent à vivre dans un environnement pollué et infect. A quand la fin du cauchemar ? C?est leur cri du c?ur?
<B>Pouspam RAMSAMY</B>
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