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Marche contre la libération sous caution des violeurs

28 juillet 2003, 20:00

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?C?est inadmissible que des présumés violeurs soient relâchés aussi facilement après de tels actes odieux ! ? C?est le cri de colère lancé par Sandra O?Reilly, hier, au Champ-de-Mars.

Elle y avait donné rendez-vous à tous ceux qui considèrent dangereux le fait que des présumés violeurs soient remis en liberté conditionnelle, comme c?est le cas pour ses deux agresseurs. Une centaine de personnes, dont les parents de Nadine Dantier, avaient répondu à son appel.

Il y a presque un an, une foule se déplaçait du même lieu et marchait dans les rues de Port-Louis pour dire l?indignation devant l?ampleur des cas de viol. C?était peu après le double viol dont avait été victime Sandra, dans la nuit du 16 au 17 juillet 2002, à son domicile à Blue-Bay puis à Belle-Rive. ?C?est malheureux de se retrouver encore une fois pour défendre la même cause?, laisse échapper Sandra.

Peu après 10 heures, une centaine de personnes rejoignent la jeune femme au point de rendez-vous. ?Nous n?avons pas la quantité, mais la qualité?, leur lance-t-elle. C?est sa façon de remercier ceux qui ont répondu présents à son appel.

Quarante-cinq minutes plus tard, arrivent Jean-Yvon et Caroline Dantier, les parents de Nadine, ainsi que ses deux s?urs, Isabelle et Stéphanie. Nadine a été violée et assassinée le 25 juin à quelques mètres de sa maison à Albion.

?Nous sommes venus par solidarité avec Sandra, et pour dire notre indignation face à la libération de ses présumés agresseurs, confie Caroline Dantier. Comment voulez-vous que l?on se sente en sécurité à Maurice ?? Pour sa part, son époux, Jean-Yvon, souhaite que le présumé agresseur de Nadine ne soit pas libéré. ?Nous ne pouvons ramener Nadine à la vie, mais nous attendons que justice soit appliquée dans toute sa rigueur et qu?il n?y ait pas de libération sous caution sous le couvert de circonstances atténuantes.?

Dans la foule, une femme pleure à chaudes larmes. C?est Sylvette A., la cinquantaine, qui participe à la manifestation silencieuse. Sa s?ur et son frère ont été, pendant des années, violés et sodomisés par un oncle, dit-elle. ?Je suis là aujourd?hui pour mener un combat au nom des enfants victimes de viol, qui n?osent dénoncer les coupables.?

Stellio Jean Baptiste, un habitant de Pamplemousses, ne peut s?empêcher de marmonner pour exprimer sa colère. ?Mo ene père de famille, mo pas capave reste tranquille devant ène telle injustice. C?est pour ça ki mo dire ki la justice bisin vine plus sévère !?

Un autre homme participe à cette marche, Jean-Louis Reure, animateur au Centre Solidarité. Il justifie pleinement la participation des hommes. ?Car ce sont les hommes, en majorité, qui ont plus de pouvoir pour changer les lois.?

Les manifestants ont emprunté les rues Pope-Hennessy, La-Chaussée et La- Poudrière. Ils ont fait deux haltes, l?une devant la New Court House et l?autre devant la Cour suprême.

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