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Manna et son beau-frère nient l?agression des Savriacooty

30 mai 2006, 00:00

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Il a été formellement identifié par Marie-Linley Savriacooty, 37 ans, comme un des quatre hommes qui auraient attenté à sa pudeur dans l?après-midi du 29 janvier. Kabeeduth Ramlogun, dit Sudesh, un chauffeur de 42 ans, domicilié à Dreepaul Street, New-Grove, a été arrêté dimanche matin, puis relâché hier après sa comparution en cour de Mahébourg. Il a retrouvé la liberté conditionnelle contre paiement d?une caution de Rs 5 000.

Après l?audience au tribunal, Sudesh Ramlogun s?est rendu à la Criminal Investigation Division (CID) de Rose-Belle pour donner sa version. Il a démenti les accusations portées contre lui à l?effet qu?il aurait participé à ce délit commis en pleine route Royale à Rose-Belle et à quelques centaines de mètres du poste de police.

Désormais, la CID de Rose-Belle est chargée de la reprise de cette enquête. Le surintendant Jean-Claude Gungah en est responsable, sous la supervision de l?assistant commissaire de police Pritamsing Juwahir, tout juste nommé Divisional Commander de la Southern Division.

Dès la première enquête, Dev Manna, beau-frère de Sudesh Ramlogun, était arrêté le 7 février par les policiers de Rose-Belle. Il était accusé du même type de délit que Sudesh Ramlolgun et était relâché contre une caution de Rs 5 000 et un engagement de Rs 10 000.

Dev Manna, analyste programmeur de 27 ans, défendu par Me Ritesh Sumputh, avocat, a toujours nié son implication dans l?attentat à la pudeur. Ce jour-là, a-t-il argué dans sa déposition, sa maison a été saccagée et il se trouvait au poste de police de Rose-Belle en compagnie de son beau-frère, Sudesh Ramlogun. Il a dû aussi se prêter à la parade d?identification de dimanche et a été contraint, hier après-midi, de donner un complément d?enquête au CID de Rose-Belle.

?Croire en la justice?

De son côté, à l?issue de la parade d?identification, Marie-Linley Savriacooty se dit soulagée : ?Prendre quatre mois pour organiser une parade d?identification, c?est un peu long mais mieux vaut tard que jamais. Je commence à croire en la justice maintenant?, confiait-elle hier. Elle apprécie que les policiers aient changé d?attitude envers elle et son mari et qu?ils se montrent plus courtois.

Marie-Linley Savriacooty est également contente que le Directeur des poursuites publiques ait levé l?accusation provisoire de possession de substances explosives dont elle et son mari faisaient l?objet depuis le 15 mars. Par contre, elle dit ne pas pouvoir oublier sa fausse couche dans les toilettes du poste de police. ?Il ne se passe pas un jour sans que je ne pense à ce bébé.?

Le conflit entre les deux familles, Manna et Savriacooty, débute par une prise de bec le samedi 28 janvier au morcellement Mauripark à New-Grove. Marie-Linley Savriacooty et son époux avaient emménagé deux mois plus tôt dans cette localité où Dev Manna et son épouse ont également leur maison.

Ce jour-là, aux dires de Dev Manna, sa femme est au volant de leur voiture quand ils sont pris à partie par Marie-Linley Savriacooty. Celle-ci les aurait vertement réprimandés, demandant à la conductrice d?aller apprendre à conduire ailleurs. Pour lui prouver son erreur, l?épouse de Dev Manna aurait alors exhibé son permis de conduire. ?Elle ne voulait rien savoir et nous a déclaré que nous n?avions pas le droit de passer sur cette route qui est privée?, confiait Dev Manna peu après sa libération sous caution. Mécontent de ce comportement, il se serait rendu au poste de police de la localité où il aurait relaté la mésaventure au morcellement Mauripark.

Une version réfutée par Marie-Linley Savriacooty qui était, à cette époque, enceinte. Dans sa version, elle et son mari Stephano marchaient comme chaque après-midi dans le morcellement quand une voiture, qui zigzaguait, a foncé sur eux. Stephano Savriacooty aurait crié et demandé à la conductrice d?aller apprendre à conduire ailleurs. Cette dernière se serait emportée, aurait montré son permis de conduire en disant : ?lir sa papie la salete !?.

Le couple Savriacooty aurait été ensuite menacé par une cinquantaine de personnes, dont le conducteur et son épouse. On leur aurait demandé de quitter l?endroit. Ils disent s?être réfugiés chez eux et avoir appelé la police qui aurait mis deux heures avant de venir. Une fois sur place, les policiers leur auraient fait comprendre que les Manna les ont devancés et ont porté plainte .

Le lendemain, la maison des Manna est saccagée à coups de pierres et de pioches. Les vitres brisées, le béton abîmé et les traces d?huile sur les murs de la cuisine témoignaient de la violence.?Ils ont tout ravagé et ont même failli renverser de l?huile chaude sur mon enfant?, racontait Dev Manna. Son épouse aurait subi une fêlure au crâne et a dû être soignée à l?hôpital. Son frère a été blessé à la tête.

Berceau brûlé

Dans l?après-midi, les Savriacooty disent avoir été encerclés par un groupe d?individus et avoir fui en faisant du stop pour se rendre à la police. Ils ont été déposés à 500 mètres de là. Une cinquantaine de personnes les y auraient suivis. C?est là que l?attentat à la pudeur contre Marie-Linley aurait été commis et que Stephano Savriacooty agressé à la tête, nécessitant des points de suture à l?hôpital. A leur retour à la maison, ils ont constaté que celle-ci a été mise sens dessus-dessous, le berceau de l?enfant à naître brûlé et leur voiture endommagée.

Dev Manna a toujours nié qu?il était mêlé au saccage. ?C?est en chemin, au retour de l?hôpital, que l?on m?a appris que la maison des Savriacooty a été ravagée. J?ai immédiatement su que cela me retomberait dessus.?

La police n?a emmené Marie-Linley Savriacooty que le 30 janvier au Chief Police Medical Officer Satish Boolell. Celui-ci l?a examinée et a alors confirmé qu?il y a bien eu interférence sexuelle.

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