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Mandement de carême sur la responsabilité du citoyen

15 février 2005, 20:00

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La responsabilité du citoyen est le thème retenu par l?évêque de Port-Louis, Mgr Jean Margéot, pour sa lettre pastorale du carême 1980. Il s?oppose de toutes ses forces à toute dévaluation de l?Homme à Maurice. Il aborde successivement les faits illustrant l?absence de responsabilité ici et là, la nécessité de promouvoir la valeur du travail, de la conscience professionnelle et de l?esprit de service, le besoin de valoriser les services publics et la famille. Il dénonce la recherche du farniente au travail, le vandalisme infligé aux tuyaux du système de distribution d?eau de la Central Water Authority, la tolérance affichée dans plusieurs milieux à la pornographie, à la drogue, aux leçons particulières abusives parce qu?imposées à des élèves qui seront boycottés par leurs instituteurs autrement, les certificats médicaux de complaisance, la spéculation mercantile, le refus de la méritocratie en donnant priorité à des protectionnismes ethniques ou familiaux, la soif du pouvoir et des postes prestigieux, bref le ?triangage? sous toutes ses formes. Tout cela débouche sur l?intensification de la corruption au sein de la fonction publique.

Il n?est guère tendre non plus pour les démagogues s?efforçant d?acheter les votes d?une majorité d?électeurs par des promesses qu?ils ne pourront tenir. Il regrette que notre système électoral introduise un élément de ?communalisme? dans la constitution de Maurice. Cela débouche sur un morcellement ethnique et constitutionnel de la population. Ce compartimentage raciste est tellement infect qu?il contrecarre la possibilité de réaliser un vrai projet de patrie. ?La moindre décision peut alors être frappée de suspicion et de frustration.? Il rend illusoire tout appel aux valeurs humaines, même les plus nobles. Personne n?a plus confiance en rien. ?Quand un peuple n?a plus confiance en son élite, il vient à perdre son âme.?

Le citoyen devient responsable quand il soumet ses actes et ses intentions aux critères des valeurs humaines qu?il respecte et utilise comme balises. Il sait qu?il a besoin des autres, qu?il dépend des autres et que d?autres dépendent de lui. ?No man is an island.?

Il salue les porteurs d?espérance que sont les membres des groupes de recherche et de réflexion, ceux qui luttent contre la drogue, contre la pornographie, contre les banians, contre les casseurs, ceux qui participent aux efforts bénévoles de nettoyage des espaces publics. Il salue plus particulièrement ceux sachant faire bon usage de la presse pour faire connaître et diffuser les messages de réflexion de leur cru. La liberté d?opinion et d?expression permet l?émergence d?hommes responsables.

L?espérance n?est pas l?illusion de croire que les choses s?arrangeront d?elles-mêmes, que le temps puisse être un remède souverain. L?espérance c?est le courage d?affronter le réel avec un parti pris de clairvoyance, d?énergie, d?amour du prochain.

A propos de presse et de journaux, ce mois de février 1980 voit la célébration des noces d?or de La Vie Catholique, son vice-doyen après Le Mauricien. Bertyco Berthelot de l?express interviewe, à cet effet, le prêtre-historien, Mgr Amédée Nagapen, qui a aussi été le rédacteur en chef de 1968 à 1970 de cet hebdo. Pendant son premier demi-siècle de son existence, cet hebdomadaire, de porte-parole de l?évêché est devenu un journal au service de la justice sociale. La presse catholique voit le jour en 1875 avec la publication de la Semaine Catholique.

C?est une publication de l?Union Catholique. Celle-ci publie aussi et jusqu?en 1895 Les Annales de l?Union Catholique. Suit une longue éclipse jusqu?en 1923, date à partir de laquelle l?Union Catholique publie sur une base mensuelle Les annales catholiques. Suit L?Action Catholique, un hebdomadaire, dirigé à partir de 1927 par Loïs Lagesse. Il cède la place en février 1930 à La Vie Catholique. Les objectifs de ce journal évoluent, au cours de son premier demi-siècle d?existence, avec l?évolution de la société mauricienne.

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