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Mal bouffe pas de pitié pour l?estomac

16 octobre 2004, 20:00

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Nous sommes ce que nous mangeons : voilà une maxime qui ne se dément pas ! Notre alimentation, qui se voulait très traditionnelle autrefois, est davantage assaillie par des plats riches en sucres simples, en hydrates de carbone, en glucides? Ainsi au bout des frites, des nouilles, des « burgers », des gâteaux huileux ou pâtisseries dites des energy-dense foods que nous ingurgitons régulièrement, on trouve des excès de sel (en augmentation dans les plats préparés), de sucre, de gras, d?agents de conservation, de colorants, d?excipients de saveurs, d?arômes artificiels. Il est facile de grossir dans une société pléthorique, où de nombreux aliments appétissants sont aisément disponibles. Nombre d?entre nous se comportent en nouveaux riches qui, après avoir manqué, veulent tout, tout de suite. Ils mangent en excès pour s?anesthésier, étouffer leurs pensées, leurs émotions, leurs sentiments douloureux.

D?ailleurs, le choix des ingrédients de consommation est le reflet d?une société qui évolue et privilégie davantage les aspects quantitatifs au détriment de la qualité, qui considère que plus est forcément mieux. Cela finit par créer un état d?esprit favorable à la surconsommation. Difficile donc de résister avec le nombre de fast-foods et autres commerces d?alimentation qui poussent comme des champignons, et brandissent des publicités vantant les mérites de leurs produits. Bien que ces aliments fassent plaisir au palais, ils ne font pas toujours du bien au corps ! « C?est plus facile d?acheter des mets déjà préparés car la ménagère n?a pas le temps de cuisiner au retour du travail. Entre-temps, les enfants, eux, avalent des friandises et sont scotchés à la télévision, qui devient leur baby-sitter d?office », déclare Shalini Seeboruth, nutritionniste.

La mal bouffe, associée à une mauvaise hygiène de vie, un manque d?exercice physique, peut avoir des répercussions néfastes sur notre santé. « Autrefois, les Mauriciens consommaient beaucoup de féculents car il fallait se rendre aux champs pour travailler. Par conséquent, nous dépensions beaucoup d?énergie. De nos jours, on ne pratique guère le sport », soutient le Dr Rihun Raz Hawoldar. Le résultat de cet excès de nourriture est l?obésité. Selon le NCD and Nutrition Survey de 1995 effectué par le ministère de la Santé, plus de 42,1 % de femmes et 36 % d?hommes souffrent d?obésité à Maurice et à Rodrigues. À l?heure actuelle, nous savons bien que ce taux est plus alarmant. La nutritionniste Shalini Seeboruth estime qu?un Mauricien sur deux souffre d?obésité ou de surpoids. Dans le monde, les chiffres sont impressionnants.

On parle d?une véritable épidémie d?obésité. Au Mexique, 60 % de la population serait trop grosse, en Égypte, 35 % de la population est obèse, en Arabie Saoudite, 24 % des femmes sont obèses et 40 % des femmes le sont au Koweït.

Aux États-Unis, plus de 55 % de la population souffrent de surcharge pondérale, soit pas moins de 97 millions d?Américains adultes !

Augmenter la consommation des fruits et légumes

L?obésité et le surpoids constituent de véritables problèmes de santé publique. Selon le ministère de la Santé, l?obésité augmente le risque de contracter des maladies cardio-vasculaires, de diabète, d?hypertension et d?insuffisance rénale. Ajoutez à cela, d?autres risques qui mettent la santé en péril ? la dépression, les arrêts cardiaques, la dyslipidémie, la goutte, une réduction de l?espérance de vie. Des études en France, démontrent que la mal bouffe joue aussi un rôle clé dans l?apparition de certains cancers qui sont à l?origine de 29 % de décès chez l?homme et 23 % chez les femmes. Mais ces adultes ne sont pas les seuls à subir les conséquences d?une mauvaise alimentation. Beaucoup plus d?enfants sont touchés par l?obésité à ce jour. En France toujours, on évalue une moyenne de 10 à 12 % d?enfants atteints de surpoids et d?obésité.

Avec les enjeux sur notre santé, il devient impératif de remédier à ce déséquilibre alimentaire. Comment ? « Tout réside dans l?éducation. Celle des parents mais aussi des enfants pour apprendre à bien manger, » confie Georgina Ragaven, consultante en forme et nutritionniste, qui réalise une étude sur l?obésité des enfants (voir encadré). Les spécialistes affirment qu?il faut augmenter la consommation des fruits et des légumes, réduire l?apport global des graisses, augmenter la consommation de calcium, de vitamines et de minéraux. Ne vous dites pas qu?il faut forcément se dicter un régime. Il faut ajuster ses habitudes alimentaires et trouver un juste milieu entre les différents apports nutritionnels des aliments. Apprenez à comptabiliser le nombre de calories que vous avalez et surtout à lire les étiquettes qui parfois révèlent la composition des produits. Songez aussi à boire deux litres d?eau en moyenne par jour. Et surtout ne pas oublier de pratiquer du sport. L?Organisation mondiale de la santé recommande une activité physique de 45 minutes par jour.

Les types d?obésité

Il existe plusieurs formes d?obésité. Pour les différencier, il convient de calculer son indice de masse corporelle (IMC) comme suit : le poids en kg divisé par la taille en mètres élevée au carré. Par exemple, une personne pesant 60 kg pour une taille de 1m60, aura un IMC de 23,43. Si l?IMC est entre 20 et 25, on considère que le poids est normal. Par contre, un IMC se situant entre 25 à 30 est sujet à un surpoids. Entre 30 et 35, on parle d?obésité modérée. Dans ce cas, les risques de maladie sont l?hypertension, le diabète, les maladies cardio-vasculaires. Quand l?IMC franchit la barre des 35 et reste sous celle de 40, la personne souffre d?obésité sévère. Au cas où l?IMC dépasse 40, il s?agit d?obésité morbide. Au-delà de 50, c?est une obésité massive.

Deux autres types d?obésité existent en fonction de la répartition de la masse graisseuse. L?obésité androïde, où la masse grasse s?installe vers le haut du corps, entraîne l?hypertension, le diabète et des troubles cardio-vasculaires et l?obésité gynoïde, avec un surplus de graisse dans le bas du corps, entraîne des problèmes articulaires ou des insuffisances veineuses.

Les fast-foods se mettent au régime

Pointés du doigt comme étant les vecteurs de la malbouffe, certains fast-foods ont décidé de réagir.

Le responsable d?un d?entre eux nous confie avoir pris des mesures pour prôner une alimentation saine : «Nous sommes conscients du problème d?obésité mais nous n?utilisons pas des produits trop gras pour nos fast-foods.

De plus, nous proposons également diverses options aux gens par exemple, des boissons gazeuses sans sucre, des frites sans sel, des jus d?orange, des menus végétariens ».

Cette prise de conscience découle d?une étude réalisée l?an dernier sur l?ampleur des fast-food à Maurice mais aussi des suggestions du public. «Nous sommes à l?écoute des consommateurs et voulons répondre à leurs attentes. Nous envisageons d?introduire des salades dans nos menus bientôt », ajoute-t-il.

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