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Maison à Rs 19 500, topette à Re 1 et le CPI à +21 %

18 février 2005, 00:00

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Des prix qui laissent rêveurs, vingt-cinq ans après. Pensez-vous : le prix d?une maison ramené à Rs 19 500, terrain compris, payable sur 30 ans, à 3,5 % d?intérêts, soit des mensualités de Rs 118. Les locataires s?en sortent avec un loyer mensuel de Rs 75. Il s?agit, il est vrai, de logements sociaux, faisant partie du Emergency Housing Programme ou encore du Low Cost Housing Programme. Nous sommes pourtant très loin des maisonnettes de la cité Bois-Marchand, superbement dédaignées, dans les années 1960 post-Carol, en dépit d?un loyer mensuel d?une roupie, même pas symbolique.

La bouteille de rhum passe à Rs 15 et la topette à une roupie, mettant fin du même coup à une pénurie affectant la communauté des assoiffés, guère pénalisés pourtant par l?incapacité de la CWA de fournir de l?eau à 100 % aux citadins au Port Louis. Distillateurs, grossistes et détaillants se renvoyent la responsabilité de cette pénurie mais tous pointent un doigt accusateur en direction d?un gouvernement quelque peu assoupi sur ce dossier.

Ces prix laissent rêveurs tout comme la hausse de 20,8 % du CPI d?octobre à novembre 1979, laps de temps marqué, il est vrai, par une dévaluation de 30 % de la roupie-Ringadoo. Ce bond représente à lui seul une augmentation de 15 % du coût de la vie.

Mais que faire ? La vie doit continuer. Tout comme l?autoroute Bell-Village/Place du Quai. Il est question de la prolonger jusqu?au rond-point de l?Albion Dock à l?entrée de Roche Bois. Il est question d?une double voie dans les deux sens sur une distance de 1 600 mètres, appelée à défigurer irrémédiablement le c?ur du Port-Louis, en abattant les magnifiques arbres ombrant la place de la Poste, démolissant les bureaux de Taylor Smith, la Ferme des Rhums (ancienne chapelle Saint André), l?hôpital militaire de La Bourdonnais, éventrant le Parc à Boulets, précieuse annexe de l?Aapravasi Ghat. Bref tout un espace historique perdu à jamais car les décideurs politiques de l?époque préfèrent l?option d?une autoroute intra-urbaine à celle d?une route circulaire qui aurait donné une plus-value aux faubourgs et épargné le centre-ville. Contourner Port-Louis au pied de la chaîne de montagnes de Moka aurait pris cinq à dix minutes et aurait évité aux automobilistes de devoir poireauter des demi-heures entre Albion Dock et le Caudan, sinon entre Terre-Rouge et Camp Chapelon, dans des embouteillages incessants.

Autant que nos planificateurs et décideurs politiques, nos cliniques sont aussi malades, en ce début de 1980. Le Dr Raymond Avrillon s?en plaint à Bertyco Berthelot de l?express. Ce dernier constate que l?accueil est chaleureux mais lourde la note à payer à la sortie. Le patient s?en va guéri, son portefeuille compromis. Pas moyen de faire autrement, explique le Dr Avrillon. La médecine de qualité coûte cher et seul un National Medical Insurance Scheme peut promouvoir la démocratisation souhaitée. Les cliniques privées sont l?alternative aux listes d?attente incontrôlables des hôpitaux. Le service est d?une qualité supérieure. Cette alternative répond à l?attente du fondateur de la Clinique Mauricienne, Sir Edgar Laurent. Elle offre les services de deux salles communes où les frais sont moindres.

Les autres faits marquants de la mi-février 1980 sont, entre autres, l?annonce de la pose de la première pierre de la Baden Powell House le samedi 23 février ; une manifestation anti-disco, à Rose-Hill, le 17 ; les « petits » collèges privés qui se plaignent déjà de la concurrence que leur font ou leur feront les SSS et les JSS (Junior Secondary Schools) que fait construire Kher Jagatsingh ; l?allocation exclusive des lignes d?autobus 3 et 4 (Vacoas-Port Louis et Curepipe) à la CNT, l?héritière étatique de la VTC privée de subsides gouvernementaux ; le retour à Maurice de Kadress Venkatachellum, ancien cadre du ministère des Finances, envoyé en mission dans son île natale par la Banque Africaine de Développement dont il est devenu un des hauts cadres. Il n?est d?ailleurs pas le seul Mauricien à fouler de nouveau le sol natal après s?être couvert d?honneurs à l?étranger. La presse accorde la place qui convient au séjour au pays natal de l?actrice Françoise Pascal, devenue célèbre par la grâce de son interprétation de la Française sexy (pléonasme à pardonner, svp !) dans la célèbre série anglaise Mind your language. Son second mari, un pilote de course, et son fils l?accompagnent. Notre Françoise, également sexy, a aussi joué dans un autre feuilleton télévisé, ?There?s a girl in my soup?. Sur une autre plan, plus littéraire et moins cinématographique, Berthe Dupavillon décroche un doctorat ès-Lettres de l?université de Brest pour sa thèse sur ?le rôle du paysage mauricien dans l?oeuvre romanesque de Loys et André Masson?.

Fin de la chronique mais aussi de l?opération dynamitage à GRNO pour déboucher les aqueducs de la CWA.

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