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Mahébourg déploie les grands moyens contre les moustiques
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Mahébourg déploie les grands moyens contre les moustiques
Le gouvernement sort la grosse artillerie. Déterminé à faire fléchir la propagation de chikungunya à Maurice, un fogging apparatus a été loué de Roger Fayd?herbe afin de détruire les moustiques adultes, porteurs du virus. Hier, Mahébourg, lui, était tout retourné. Plusieurs habitants se sont plaints de douleurs et de symptômes approchants ceux des cas de chikungunya.
Des sources officielles expliquent que 20 patients ont montré des signes du chikungunya hier. Ce chiffre n?est pas alarmant face aux 3 500 cas suspects enregistrés l?année dernière. De ces 20 cas suspects d?hier, l?analyse clinique de deux d?entre eux confirme la présence de cette maladie.
L?analyse sur des patients est approfondie par lots de huit. Et ce sont deux lots qui ont confirmé la présence de 16 cas de chikungunya à Maurice.
Les malades à l?hôpital de Mahébourg devront néanmoins attendre jusqu?à demain pour connaître les résultats du récent lot envoyé pour analyse. Recroquevillés sur leur lit d?hôpital, ils affichent, en attendant, un air malheureux. ?Mone gagnn douleur depuis lundi, explique une patiente. Lafievre, vomiseman, lekor ki pe grate, monn gagnn enn ta zafaire.? Cette habitante de la rue La Chaux, à Mahébourg, a été admise samedi. Son état semble plutôt stable à part quelques taches rouges qui se dessinent sur son corps. En face d?elle, une infirmière habitant Grand-Port. Elle est clouée au lit. ?Je crois que j?ai été piquée par ce moustique à Mahébourg?, lâche-t-elle hésitante.
Elle fait état du nombre croissant d?infirmières qui s?absentent ces jours-ci. Vu qu?il n?existe pas vraiment de remède à cette maladie, l?infirmière est sous antibiotique et perfusion.
Dans la salle abritant les femmes, au moins une dizaine d?entre elles montrent des signes de faiblesse, d?enflures aux jambes et de rougeurs. L?atmosphère est différente dans la salle des hommes. Courbé sur son lit, un homme de 45 ans respire avec difficulté. Des gouttes de sueur perlent sur ses bras. Le ventre ballonné, les jambes lourdes, il souffre. ?Ayo, partou fer mal? ? Ses propos se perdent dans l?essoufflement de sa respiration.
?Mo met feuille citronnelle cot mwa?
Après avoir rendu visite aux patients de l?hôpital, le conseiller du village, Georges Ah-Yan, arpente les rues de Caro Manioc afin de se rendre compte de la situation. Là, plusieurs signes étranges laissent entrevoir que le village est en émoi. ?Mo met feuille citronelle cot mwa pou repousse ban moustiques ek mo met vape? ?, confie une habitante à la rue Karan.
Celle-ci s?est rendue chez un pharmacien en sus d?aller à l?hôpital. ?Mone ale cot enn pharmacien kinn fer mwa enn pikir.? De quelle piqûre s?agit-il ? Aucune idée. Elle sait seulement qu?elle s?est sentie mieux pour un moment. Cette injection lui aura coûté Rs 30.
D?étranges symptômes ont apparu. Ses phalanges sont douloureuses, son visage est couvert de taches, elle se nourrit de médicaments. Les médecins de l?hôpital lui auraient prescrit des médicaments, mais une fois de plus aucun moyen de savoir de quel médicament il s?agit. Néanmoins, elle affirme se sentir beaucoup mieux maintenant.
La marche dans la ruelle se transforme vite en une pénible découverte. Autant d?individus qui croient être atteints du chikungunya. Un est cloué au lit, incapable se lever, un autre souffre de douleurs et d?enflures. Ils sont minés par le doute et se demandent de quoi il s?agit réellement. Plusieurs familles ont les mêmes symptômes. Si ce n?est pas le chikungunya qui afflige ces habitants alors à quoi avons-nous affaire ?
Georges Ah Yan explique que des officiers lui promis que d?ici mardi des résultats concluants seront connu et des initiatives seront prises. Il prévient que ?si jamais nous ne voyons rien venir, nous allons organiser une manifestation !? La mise en garde est de taille car ces habitants demandent beaucoup plus d?effectifs de la part du ministère de la Santé.
Les habitants ont peur. Leur maison à Caro-Manioc se situe à côté d?une rivière. Vu le nombre de moustiques qui peuplent cet endroit, ils se demandent si les mesures de prévention prises sont suffisantes.
Quoiqu?il en soit, ces mesures se renforcent. Une surveillance accrue de la Santé s?est installée à l?aéroport. Les directeurs des hôtels sont aussi priés de rapporter tout cas suspect. Les inspecteurs font même des heures supplémentaires et assurent des visites dans les écoles comme mesure de prévention.
Opération de larvicide
Toutes les précautions sont donc de rigueur. L?inspectorat du département de la santé publique au ministère poursuit son opération de larvicide. La dernière opération en date a eu lieu à Belle-Rose.
Le Dr Amita Pathack, regional public health superintendent, explique que ?le gouvernement prend les précautions pour éliminer les accumulations d?eau mais je demande à chaque famille de prendre des précautions également afin d?évacuer l?eau des toitures, changer l?eau des vases à fleurs?. Elle recommande surtout plus de précautions durant la journée : ?Tous les travailleurs et employés de bureau devraient utiliser le vape ou les sandals moustik pendant le jour parce que cette espèce de moustiques ne pique que durant la journée.?
Il vaut mieux prévenir que guérir, alors un maître-mot : protection anti-moustique !
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